4ème édition du Colloque du Conseil scientifique de l’AMF

L’investissement à long terme : quels enjeux pour les entreprises, les marchés et les régulateurs ?

La 4ème édition du Colloque du Conseil scientifique de l’AMF s’est tenue le vendredi 15 mai 2009 à Paris. Le thème choisi portait sur les investissements à long terme, qui constituent un enjeu de plus en plus central pour le financement de l’économie, particulièrement dans le contexte de la crise financière et économique actuelle.

Revenir au financement à long terme de l’économie

Comme l’a souligné Jean- Pierre Jouyet, Président de l’Autorité des marchés Financiers en conclusion de la conférence, la crise actuelle montre la nécessité de revenir aux fondamentaux et au financement à long terme de l’économie. Mais comme l’ont illustré les intervenants de la conférence, cela ne va pas de soi.

La conférence a notamment mis l’accent sur l’hétérogénéité des investisseurs, ce qui doit conduire à développer des mécanismes d’incitation diversifiés.

Autre aspect mis en relief, les véhicules destinés à favoriser les investissements à long terme ont du mal à exercer une gestion correcte sur le long terme comme l’ont montré différents intervenants, prenant à titre d’illustration le cas des « fonds souverains », des « hedge funds » ou des fonds de capital investissement « Private equity ».

S’agissant des assurances, la question des nouvelles règles prudentielles de « Solvabilité 2   Définition Solvabilité II (Solvency II en anglais) est un projet de réforme réglementaire modifiant les exigences en termes de ratio de solvabilité pour les compagnies d’assurances. Parallèlement à Bâle II, qui fixe des exigences de fonds propres aux banques, son objectif est de mieux adapter les fonds propres exigés des compagnies d'assurances et de réassurance avec les risques que celles-ci encourent dans leur activité.
Cette exigence de fonds propres s’accompagne d’une procédure de surveillance de la gestion de ces fonds propres, enrichie d’une obligation de publication de différentes informations qui doivent permettre aux autorités de contrôle et au public (actionnaires, analystes) de vérifier le respect par les compagnies d’assurance et de réassurance de ces contraintes.
Un texte pourrait être adopté d’ici au mois de juin 2009 par le Parlement européen.
». (qui exigent plus de fonds propres en contrepartie des actifs détenus) a été posée.

Un des nouveaux défis de la régulation financière est également de se pencher sur la régulation des marchés obligataires, ces produits étant de plus en plus prisés par les investisseurs de long terme.

« Pour convaincre les investisseurs de revenir vers des placements financiers de
long terme, il fallait restaurer la confiance dans ces produits et aménager un environnement réglementaire aussi attractif que possible » a souligné Jean-Pierre Jouyet.

Droits et devoirs des autorités de régulation

Le Président de l’AMF a insisté tout particulièrement sur les droits et devoirs des autorités de régulation, notamment en ce qui concerne la gouvernance des entreprises cotées (rôle des administrateurs, questions des rémunérations, du droit de vote des votes des actionnaires…), et l’organisation des marchés financiers afin de rétablir la confiance en ceux-ci : l’innovation financière doit se faire tout en garantissant la liquidité des marchés et l’accès de tous les acteurs financiers en même temps aux mêmes informations.

Enfin, comme le Président de l’AMF l’a rappelé en conclusion, tout ne dépend pas de la seule régulation des marchés. La restauration du financement de long terme de l’économie passe également par l’apparition de nouveaux projets de moyen et long terme à financer. Dans un contexte de crise économique, les incitations notamment à l’échelle européenne, ont aussi un rôle à jouer dans cette direction.

Créé le 19 mai 2009
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