Crédit : le bilan 2010

Engagements des banques…

En 2008, dans le cadre du plan d’aide de l’Etat aux banques françaises, 12 établissements de crédit dont les 5 principaux groupes bancaires s’étaient engagés en contrepartie de ces aides à maintenir les robinets du crédit suffisamment ouverts pour ne pas pénaliser l’économie et à augmenter de 3 % au moins leurs encours de crédit en 2009. Les résultats en 2009 ont été très proches des engagements, soit +2,7 % pour les groupes concernés.

Le dispositif d’engagements des banques a été reconduit en 2010. Celles-ci s’engageant notamment à mettre à la disposition des PME/TPE une enveloppe globale de 38 milliards d’euros sous forme de nouveaux crédits de moyen et long terme afin de financer leurs projets d’investissement, soit une progression d’environ 6 % par rapport à 2009.

Les évolutions en 2010 ont- elles été conformes à ces engagements ?

…globalement tenus

Les statistiques publiées par la Banque de France indiquent que les encours   Définition L’encours est le montant total et global des crédits ou des actifs comptabilisés à une date donnée et non remboursés. C’est un stock, par opposition aux flux que constituent les nouveaux crédits ou la nouvelle épargne.
des crédits bancaires sont en augmentation de 4,7% sur l’année 2010. Les encours sont l’addition des stocks et des crédits nouveaux desquels on soustrait les crédits remboursés. Avec des taux de croissance de la production de 3 % (1,5 % en volume et 1,5 % en augmentation moyenne des prix), les banques ont rempli leurs objectifs. Ce sont surtout les crédits aux ménages qui sont repartis à la hausse (+6,2%) alors que les crédits aux entreprises (+1,2 %) ont augmenté moins vite que la croissance de la production.

2{Nette reprise du crédit aux ménages2}

On observe tout d’abord un léger recul du pourcentage de ménages détenant un crédit puisqu’ils étaient 50.8% en 2009 contre 49,5% cette année.

L'encours des crédits aux ménages est de 1 050 milliards d'euros à fin décembre 2010, soit +6,2% en un an. Cette évolution est particulièrement marquée pour les crédits immobiliers, qui progressent de 8 %. 30.5% de ménages ont un crédit immobilier en cours en 2010 (quasi stable par rapport à l’année précédente (30.8%). Parmi eux, 3 sur 4 sont des primo-accédants.

Cette forte augmentation des crédits à l’habitat s’explique notamment par le fait que, les taux d’intérêt des crédits à l'habitat ont atteint en 2010 des niveaux historiquement bas : 3,25% en décembre 2010 (3,80% l'année précédente). Cette baisse des taux d’intérêt est la conséquence directe des niveaux historiquement bas des taux directeurs de la Banque centrale européenne. Ces taux déterminent le cout de l’argent pour les banques.

Par contre, l’encours des crédits à la consommation n’a augmenté que de 1,6%. Les ménages sont restés prudents en la matière : 30.1% détenait au moins un crédit de ce type fin 2010 contre 31.7% un an plus tôt. Cette baisse semble directement imputable à la crise économique puisque ce sont les « crédits conso » destinés au financement des loisirs, des vacances ou des frais de consommation courante, qui ont été moins prisés par les foyers français (13,8 % en 2010 contre 15,8 % en 2009).

2{Le crédit aux entreprises progresse surtout pour les PME2}

L'encours total des crédits accordés aux entreprises, 780,8 milliards d'euros à fin décembre 2010, évolue positivement depuis le milieu de l'année 2010. Il progresse de 1,2% en rythme annuel ; la Banque de France distingue entre l’ensemble des crédits disponibles pour les entreprises et ceux effectivement utilisés par les entreprises. La distinction est intéressante : si les crédits mobilisés sont très proches des crédits possibles cela signifie que les entreprises ont des problèmes de financement et que vraisemblablement si les banques mettaient plus de crédit à leur disposition les entreprises y recourraient davantage. Au contraire l’évolution des crédits aux entreprises en 2010 est marquée par un écart sensible entre les crédits possibles (+3,6%) et les crédits mobilisés ( +1,6%).

Parmi les différentes catégories d’entreprises, ce sont les crédits aux TPE et aux PME qui ont le plus augmenté (+4,4 % pour les seuls crédits mobilisés). Oséo, qui est un établissement public à caractère industriel et commercial chargé de soutenir l’innovation et la croissance des PME en France, publie des enquêtes semestrielles sur la conjoncture des PME. Dans son enquête de janvier 2011, Oséo met en évidence une détente de la trésorerie des PME/TPE.

Cependant, il apparait que 21 % des entrepreneurs qui ont souhaité recourir à un crédit de trésorerie ont éprouvé des difficultés à l’obtenir. L’accès au crédit de trésorerie a été encore plus difficile pour les TPE. En ce qui concerne l’investissement, Oséo pointe une évolution lente. L’accès au crédit à l’investissement a été aisé pour 28 % des interrogés contre 10 % qui ont éprouvé des difficultés à obtenir ce type de prêt. Dans le même temps, 52% des entrepreneurs déclaraient ne pas avoir eu recours au crédit à l’investissement en 2010 soit parce qu’ils ont recouru à l’autofinancement pour la moitié d’entre eux, soit parce qu’ils n’ont pas ou peu investi pour l’autre moitié. Il apparait donc pour 2/3 des entrepreneurs que la faible augmentation de l’investissement des PME est plus liée à la faiblesse de la demande qu’aux conditions de financement.

Les crédits aux grandes entreprises ont reculé en 2010. Pour autant, cela ne signifie pas que ces entreprises ont eu des difficultés financières. En effet elles disposent, à travers leur accès au marché, de sources alternatives de financements. Ainsi, les émissions obligataires réalisées en 2010 ont été de 34 milliards d'euros.

Une évolution positive du crédit en France, contrairement à de grands voisins européens

Pour conclure, on notera que la Fédération bancaire française (FBF) met en évidence que cette performance française des financements bancaires à l'économie se démarque de celle de nos voisins européens, où les encours de crédit sont globalement en régression (- 0,1% pour les pays de la zone euro, - 1,9% pour l'Allemagne et - 1,8% pour l'Espagne).

Sources et liens :

Banque de France, 28 janvier 2011 - données à fin décembre 2010

Enquête semestrielle OSEO - janvier 2011

L’analyse de la FBF

Créé le 04 mars 2011
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