Des inquiétudes sur le pouvoir d’achat

Avec une nouvelle hausse de l’indice des prix à la consommation, publié par l’Insee, de +0,8 % en mars, l’inflation atteint 2 % sur un an. D’où une crainte d’une baisse du pouvoir d’achat ou au moins du ralentissement de sa progression.

La hausse des prix à la consommation en mars 2011 : +0,8 %

L’indice des prix à la consommation, publié par l’Insee, est en hausse de 0,8 % en mars 2011, après une augmentation de 0,5 % en février. Ce qui porte, en mars, l’inflation à 2 % sur un an (contre 1,7 % en février). Mais si l’on regarde les variations de l’indice sur les trois derniers mois, on constate une accélération de la hausse des prix, représentant un rythme annuel d’augmentation de l’ordre de 4 %.

Cette montée de l’inflation s’explique par les fortes hausses des prix de l’énergie et des denrées alimentaires.
Suite à l’augmentation des prix du pétrole brut, le prix des carburants est en hausse de 3,6 % (+17,4 % sur un an) et celui des combustibles liquides de +6,1 % (+31,2 % sur un an). Globalement, en incluant notamment le prix du gaz et de l’électricité, le coût de l’énergie est en hausse de 2,4 % en mars (après +1,1 % en février). Et cette progression ne tient pas encore compte de la hausse du prix du gaz (+5,2 % en moyenne), intervenue au 1er avril.

Les prix des produits alimentaires ont augmenté de 0,9 % en mars (+0,8 % sur un an), après une légère baisse enregistrée en janvier. A cela s’ajoute la hausse des prix des produits manufacturés : +1,3 % en mars (-0,4 % sur un an). Parmi ces produits, les prix de l’habillement et des chaussures sont en hausse de 8% (-1,4 % sur un an), du fait de la fin des soldes d’hiver.

Si la reprise de l’inflation est surtout due à la hausse de ces denrées particulièrement volatiles, l’indicateur d'inflation sous–jacente   Définition L'indice d'inflation sous-jacente est un indice désaisonnalisé qui permet de dégager une tendance de fond de l'évolution des prix.
Il traduit l'évolution profonde des coûts de production et la confrontation de l'offre et de la demande.
Il exclut les prix soumis à l'intervention de l'État et les produits à prix volatils (produits pétroliers, produits frais, produits laitiers, viandes, fleurs et plantes,...) qui subissent des mouvements très variables dus à des facteurs climatiques ou à des tensions sur les marchés mondiaux.
L'inflation sous jacente est ainsi plus adaptée à une analyse des tensions inflationnistes, car moins perturbée par des phénomènes exogènes. (source Insee)
(ISJ)
, qui témoigne des tendances de fond, augmente lui aussi plus en mars (+0,3 %) qu’en février (+0,1 %).

Un pouvoir d’achat en berne ?

Un taux d’inflation à 2 % n’avait pas été atteint depuis octobre 2008. Si elle se confirme, cette reprise de l’inflation pourrait avoir pour conséquence une moindre croissance du pouvoir d’achat des ménages.
Rappelons que le pouvoir d’achat du revenu disponible brut a régulièrement augmenté ces dernières années (1,6 % en 2005, 2,6 % en 2006, 3,1 % en 2007, 0,4 % en 2008, 1,6 % en 2009 et 1,2 % en 2010). Selon les prévisions de l’Insee, il augmenterait de 0,1 % au premier trimestre 2011, puis de 0,3 % au deuxième trimestre.

Mais il s’agit de moyennes. Pour les ménages modestes, la montée de l’inflation risque bien réellement de réduire leur pouvoir d'achat , ce qui creuserait les inégalités. En effet, certaines dépenses pèsent plus lourd dans le budget des personnes ayant de petits salaires que dans celui des ménages aux revenus plus élevés. Et notamment l’énergie (électricité, gaz, fioul) qui correspond, respectivement, à 48 % et à 27 % de leur budget.

On parle de baisse du pouvoir d’achat lorsque la hausse des prix est supérieure à celle des revenus (salaires, prestations familiales et sociales et autres revenus).
Si vous voulez savoir si votre salaire a suivi ou non l’évolution de la hausse des prix, et donc évaluer si vous perdez ou non du pouvoir d’achat, vous pouvez utiliser le barème du pouvoir d’achat de l’euro. Cet indicateur est mis à jour chaque année par l’Insee dans le courant du mois de février.

Une probable revalorisation du Smic et du taux du Livret A

Pour déterminer le taux du Livret A ou le montant du Smic, il est tenu compte, en partie, de l’accroissement de l’inflation. Ce qui pourrait conduire à leur revalorisation.
Le taux du Livret A est de 2 % depuis le 1er février 2011. Son mode de calcul tient compte de l’évolution de l’inflation. Le taux est révisé le 1er février et le 1er août de l’année et, lorsque c’est nécessaire, le 1er mai et le 1er novembre. La Banque de France propose ces révisions intermédiaires si elle « estime que la variation de l’inflation ou des marchés monétaires est très importante ». A ce jour, une telle décision ne semble pas devoir être prise, le taux de 2 % du Livret serait alors maintenu au moins jusqu’au 1er août 2011.

La progression de l’inflation pourrait aussi conduire à une revalorisation du Smic   Définition Il s’agit du Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance. C’est le salaire en-dessous duquel il est interdit de rémunérer un salarié du secteur privé. Le Smic est revalorisé tous les ans au 1er janvier en application d'une formule qui tient compte de la hausse des prix à la consommation, hors tabac (c’est-à-dire du niveau d’inflation sur un an) chez les personnes à faibles ressources, et de l'évolution du pouvoir d'achat du salaire horaire moyen d'un ouvrier et d'un employé.
(salaire minimum interprofessionnel de croissance). En effet, en plus de la revalorisation annuelle du montant du Smic au 1er janvier (9 € bruts de l’heure soit 1 365 € brut par mois pour 35 heures hebdomadaires depuis le 1er janvier 2011), le Smic est augmenté en cours d’année lorsque la hausse des prix atteint au moins 2 % par rapport à sa dernière revalorisation. Son montant pourrait être augmenté d’autant au 1er juillet prochain.

Pour en savoir plus :

L'augmentation des prix

La fixation des tarifs du gaz

Créé le 22 avril 2011
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