Education financière : une conférence internationale réunit à Beyrouth les experts du monde entier

Les 20 et 21 octobre 2010, se tenait à Beyrouth une conférence sur l’éducation financière co-organisée par l’OCDE et la Banque du Liban. Précédée par la 6ème réunion des experts de l’INFE (l’INFE est le réseau d’experts internationaux mis en place par l’OCDE sur les questions d’éducation financière. Il a son pendant au niveau européen), cette conférence a permis de faire le point sur les avancées les plus récentes dans ce domaine.

Il résulte des différents travaux dont il a été rendu compte que :

  • La mise en place d’une stratégie nationale est fortement recommandée par l’OCDE, même si cette stratégie peut prendre des formes variées selon les Etats. A ce jour, cinq Etats ont mis en place une telle stratégie (Royaume Uni, République tchèque, Nouvelle Zélande, Espagne et Pays-Bas ). De nombreux autres envisagent de le faire. Mais cette stratégie évolue et fait de plus en plus la part belle aux partenariats.
  • L’importance des partenaires a été rappelée : pour pénétrer le tissu social, il est essentiel que les organismes principalement en charge de l’éducation financière (souvent rattachés au ministère des finances ou aux régulateurs bancaire ou boursier) prennent appui sur des partenaires (enseignants, formateurs, travailleurs sociaux, médias …). Dès lors, la formation des formateurs et autres intermédiaires revêt une importance essentielle. Sur ce thème, Pascale Micoleau-Marcel, déléguée générale de l’IEFP, a présenté à ses collègues experts, les axes de développement que poursuit l’association, à savoir la formation des travailleurs sociaux au travers d’un guide pédagogique qui devrait aider ces derniers à parler argent, budget et crédit aux populations fragilisées, la création de modules pédagogiques pour les enseignants du secondaire qui devrait déboucher à terme sur une véritable formation à ces questions des enseignants (hors professeurs de SES et d’EG) à ces matières, la réalisation de mini-formations pour les clients des banques (dont le livret animateur est le corollaire indispensable).
  • Les partenariats prennent souvent la forme de partenariats public/privé.

    Le rôle majeur des gouvernements et des banques centrales a été réaffirmé, tandis que l’implication du secteur financier a été discutée : comment éviter les conflits d’intérêt de la part des banques qui risquent de faire du marketing sous couvert d’éducation financière ? Les participants ont majoritairement été d’accord pour dire que plus que jamais (et notamment pour des raisons financières) le secteur financier doit contribuer aux dépenses d’éducation financière, que ce soit de manière obligatoire, comme au Royaume Uni où le nouveau CFEB (Consumer Financial Education Body) issu de la FSA perçoit une taxe en provenance du secteur financier, ou de manière volontaire mais que les contenus doivent être réalisés par des organismes indépendants.

    A cet égard le positionnement de l’institut pour l’éducation financière du public comme acteur indépendant trouvant sa légitimité à la fois du soutien du secteur public et de l’engagement à ses côtés de partenaires privés, paraît pertinente. La réalisation de modules pédagogiques entièrement conçus par l’IEFP et animés par des professionnels bancaires ou de contenus produits par l’IEFP et offerts par des partenaires bancaires relève de cette logique. Les établissements financiers sont tout à fait à leur place quand ils participent à l’éducation financière, la fabrication des contenus par un tiers non suspect de vouloir vendre des produits financiers garantit l’absence de biais.

  • L’éducation financière va de pair avec la protection des consommateurs. Loin de s’opposer ces deux notions se complètent. C’est ce qui a été également rappelé lors de ces journées, les échanges d’expériences montrant que dans les pays émergents, les mesures de protection des consommateurs constituent un préalable à l’éducation financière, celle-ci venant compléter les premières.
  • L’éducation financière à l’école reste une priorité : l’introduction, sur la base du volontariat, d’une mesure de la compétence financière dans les tests PISA donnera un élan réel. Rappelons que les tests PISA (…..) régulièrement réalisés par l’OCDE dans les pays du monde entier permettent de comparer le niveau d’éducation des jeunes de 15 ans dans la plupart des disciplines classiques. Pour la première fois en 2012, le niveau d’éducation financière sera mesuré à la fois dans le cadre des aptitudes mathématiques mais également, pour les pays qui se sont portés candidats (il y en a une vingtaine dont la France), au travers de tests spécifiques portant sur l’éducation financière.

La prochaine conférence internationale co-organisée par l’OCDE aura lieu au Canada des 24 au 27 mai 2011 ; la suivante en Afrique du sud du 23 au 28 octobre 2011. Rendez-vous à ces échéances pour faire le point des progrès de l’éducation financière partout dans le monde, et espérons-le, aussi en France.

Créé le 25 octobre 2010
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