Gestion d’actifs et crise : plus de petites sociétés de gestion mais moins d’actifs gérés

AMF

Selon un rapport publié par l’Autorité des marchés financiers (AMF), la France compte près de 600 sociétés de gestion, ce qui constitue un niveau historique. Cette orientation témoigne du dynamisme de la création de sociétés de gestion en France qui est notamment le fait de petites structures détenues par des personnes physiques.

Le 23 novembre, l’Autorité des Marché Financiers, présentait son rapport annuel sur la gestion d’actifs pour le compte de tiers en 2011.  L’AMF comptabilise au 31 décembre 2011, 599 sociétés de gestion, chiffre en continuelle augmentation depuis 2005 et ceci malgré la crise. Augmentation du nombre d’entités mais baisse du volume d’encours gérés de 5 % par rapport à 2010, ce qui donne un total de 2 503 milliards d’euros d’actifs nets sous gestion. En moyenne les sociétés de gestion de portefeuille sont des petites structures de l’ordre de 27 personnes. Leur chiffre d’affaire est de l’ordre de 12 milliards d’euros, leur résultat d’exploitation de 2 milliards d’euros.  L’encours moyen géré en 2011 est de 7 948 millions d’euros (contre 8 016 millions d’euros en 2010).

La France présente deux caractéristiques qui la distinguent de ses partenaires européens

  • Les petites sociétés de gestion détenues par des personnes physiques représentent 60 % des sociétés de gestion de portefeuille. Cette catégorie ne cesse d’augmenter puisqu’en 2011, elles représentent 79 % des agréments en 2011. Population importante mais dont les  encours gérés ne  représentent que 5 % des encours totaux (soit 147 milliards d’euros). L’autre grande catégorie regroupe les sociétés de gestion de portefeuille détenues par des établissements de crédit (21 % du marché). Elles gèrent 60 % des encours soit 1 638 milliards d’euros.

Répartition des sociétés de gestion selon leur actionnariat en 2011

  • 17,4 %, du marché européen des OPCVM   Définition Organisme de placement collectif. Produit d’épargne géré par une société de gestion de portefeuille agréée par l’Autorité des Marchés Financiers. Il s’agit d’un portefeuille collectif composé de différents instruments financiers (actions, obligations, etc.). Deux catégories principales d’OPC: les OPCVM et les FIA. Deux formes juridiques principales : les FCP (fonds communs de placement) et les SICAV (sociétés d’investissement à capital variable). Il existe aussi les OPCI, les FCPI, les FIP…
    est constitué d’OPCVM français (domiciliés en France), ce qui  situe la France au deuxième rang européen en part de marché après le Luxembourg et premier émetteur de fonds monétaires (35 % des parts de marché).

L’analyse par catégorie de clients montre des stratégies différentes selon les sociétés de gestion

  • les sociétés détenues par des personnes physiques  gèrent majoritairement le patrimoine de clients non professionnels, « clientèle haut de gamme, à la recherche d’une gestion personnalisée ayant des stratégies de niche ou au profil de pure gestion privée ».Sur le tableau ci-dessous, l’AMF en recense 420 dont l’encours moyen géré est de 316 millions d’euros.
  • Les sociétés filiales d’établissements de crédit ont une importante clientèle intragroupe : Elles sont moins nombreuses : 118 mais gèrent des encours importants : en moyenne 8 milliards 407 millions d’euros.

Encours moyen en gestion collective par type d’actionnariat en 2011

Evolution des encours des OPCVM a vocation générale (hors OPCVM nourriciers) entre 2007 et 2011 repartis par catégorie

Les  sociétés de gestion de portefeuille voient leur chiffre d’affaires baisser en moyenne de 3,2 % et  un quart des sociétés de gestion existantes, soit 143 sociétés, ont des résultats d’exploitation négatifs. Deux catégories de sociétés de gestion sont plus vulnérables que les autres :

  • 59 % des  sociétés gérant moins de 50 millions d’encours, présentent des résultats nets d’exploitation négatifs (contre 2 % des sociétés de plus de 5 milliards d’encours).
  •  30 % des sociétés ayant moins de trois ans d’existence, présentent  des résultats d’exploitation négatifs, idem pour les sociétés de plus de 15 ans. Ce qui amène le régulateur à rappeler qu’il doit maintenir une vigilance accrue pour ces sociétés notamment lors de la délivrance de leur agrément.
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Rapport de l’AMF

Créé le 04 décembre 2012
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