L’épargne financière des ménages en 2006-2007 : peu d’actions

L’Autorité des marchés financiers a publié le 29 avril 2008 sa deuxième cartographie annuelle des risques et des tendances sur les marchés financiers. Elle y analyse la répartition des placements financiers des ménages en 2006 et 2007.

L’assurance vie et l’épargne bancaire traditionnelle sont toujours prépondérants, les placements en actions restent relativement faibles.

Les placements s’orientent toujours en majorité vers l’assurance vie et les produits d’épargne bancaire :

En 2006, les flux de placements financiers des ménages français ont atteint 113 milliards d’euros (hors actions non cotées) contre 126 milliards d’euros en 2005. Plus de 80 % de ces flux, soit 90 milliards d’euros, se sont portés sur des contrats d’assurance vie. Les données disponibles pour l’année 2007 (troisième trimestre) montrent que, si l’épargne augmente (124 milliards atteints en septembre 2007), l’assurance vie ralentit. Celle-ci ne représente plus que 67 % du total des placements financiers des ménages. En réaction aux turbulences financières les Français se sont tournés davantage vers les placements en dépôts ou sur livrets bancaires. Deuxième placement privilégié des ménages, ceux-ci ont représenté en 2006 environ 19 % du total des placements et... 43 % pour les 3 premiers trimestres 2007.

Le reste des placements s’est concentré sur les titres d’OPCVM. Hors contrats d’assurance vie en unités de compte, ils représentent 4 % du total des flux en 2006 et seulement 2 % au troisième trimestre 2007.

Une structure d’épargne financière faible en actions

Fin septembre 2007, le patrimoine financier des ménages français atteint 2700 milliards d’euros, en hausse de 38 % par rapport à 2000.

Dans ce total, la part des actions cotées détenues de façon directe demeure à un niveau très bas (moins de 6 % de leur patrimoine financier), en queue du peloton européen. Mais la part détenue indirectement via des produits de placements collectifs (OPCVM, Assurance vie en unité de compte   Définition Les contrats d'assurance vie en unités de compte (UC) s'opposent aux contrats en euros. Quand vous souscrivez un contrat en euros, vous avez la garantie de récupérer au minimum le capital investi (plus les intérêts des placements sans risque dans lesquels ce capital a été investi). Les contrats en UC sont représentatifs d'OPCVM qui eux-mêmes sont investis en actions, obligations, immobilier... On est sûr à la sortie de récupérer autant d'unités de compte que ce qu'on a souscrit mais on n'est pas sûr de l'évolution des UC elles-mêmes qui varient comme les supports qu'elles représentent. A long terme, les contrats en UC offrent une meilleure rentabilité que les contrats en euros, mais il faut être certain de ne pas être obligé de les céder au mauvais moment.
augmente. Au total, la détention globale d’actions (directe et indirecte) s’est renforcée de façon notable depuis 2002, atteignant ainsi près de 18 % du patrimoine financier à fin décembre 2006.

L’épargne salariale progresse mais reste assez marginale

Les souscriptions nettes de parts de FCPE (Fonds Communs de Placements d’Entreprise) ont atteint 4 milliards d’euros en 2006 et 8,7 milliards en 2007. L’encours total de l’épargne salariale sous forme de parts de FCPE s’est établi à 87,4 milliards d’euros fin 2007. Cette tendance devrait se renforcer dans les années à venir grâce aux avantages fiscaux attachés à leur détention et à cause des craintes quant à la pérennité du système de retraite par répartition.

Le risque d’une allocation inefficiente

Au total, la répartition des actifs financiers des ménages français est globalement très faiblement risquée, puisqu’à fin 2006, 75 % de leurs placements ne comportaient aucun risque en capital. Ce résultat pourrait apparaître rassurant. Il ne l’est pas, explique le rapport de l’AMF.

D’une part, la diversification des placements des ménages semble insuffisante et probablement inadaptée aux horizonsde placement (perte de rendement pour les placements à horizon long de préparation à la retraite…).

D’autre part, la tendance procyclique des investissements des ménages en actions demeure forte. Il en découle selon l’AMF un « risque d’inadéquation systématique des comportements de placement par rapport aux conditions de marché, l’investissement en actifs risqués s’effectuant au moment où les perspectives de rendement sont a priori les plus faibles ». Et inversement...

En savoir plus :

Lire le document de l'AMF

Créé le 22 mai 2008
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