Taux d’épargne des Français: au plus haut depuis 25 ans

Selon l’INSEE, qui a communiqué fin décembre les statistiques de conjoncture pour le troisième trimestre 2009, le taux d’épargne   Définition Le taux d’épargne représente la part du revenu des ménages qui n’est pas affectée à des dépenses de consommation.
des ménages est en hausse sensible par rapport au trimestre précédent : de 16, 7% il passe à 17,1 %.

En un an (3ème trimestre 2009/3ème trimestre 2008), la progression est de plus de 2 points. La hausse du taux d’épargne se confirme après le creux de 2008 (15,3%) par rapport à 2007 (15,6%) et 2006 (15,1%). C’est le niveau le plus élevé atteint depuis 1982.

2{C’est le résultat d’un double mouvement.2}

Augmentation du pouvoir d’achat

En 2008, le pouvoir d’achat du revenu disponible des ménages avait sensiblement ralenti (0,8% globalement, +0% par unité de consommation   Définition Pour comparer le niveau de vie des ménages, il faut prendre en compte le nombre de personnes composant chacun d'entre eux. Mais on ne peut s'en tenir à diviser le revenu par ce nombre. En effet, lorsque plusieurs personnes vivent ensemble, il n'est pas nécessaire de multiplier tous les biens de consommation (en particulier, les biens de consommation durables) par le nombre de personnes pour garder le même niveau de vie.
Aussi, pour comparer les niveaux de vie de ménages de taille ou de composition différente, on utilise une échelle d'équivalence. L'échelle actuellement la plus utilisée (dite de l'OCDE) retient est la suivante :
- 1 UC pour le premier adulte du ménage ;
- 0,5 UC pour les autres personnes de 14 ans ou plus ;
- 0,3 UC pour les enfants de moins de 14 ans.
Ainsi pour un ménage composé de deux adultes et de deux enfants de 10 et 15 ans, on divisera le revenu par 1+(2x0,5)+0,3 = 2,3 unités de consommation.
(source: INSEE)
). En 2009, malgré la crise, il a repris du poil de la bête (+2,2 % pendant les trois premiers trimestres). Certes le pouvoir d’achat de la masse salariale stagne. Mais les prestations sociales versées dans le cadre du Plan de relance de l’économie (Décembre 2008) ont augmenté et les impôts sur le revenu ont baissé. De son côté, au troisième trimestre, l’évolution des prix à la consommation sur un an était encore négative.

Ralentissement de la consommation

Sans globalement réduire leur consommation, les ménages ont ralenti sa progression, puisque depuis le début de 2009, elle n’a augmenté que de 0,6% (avec des évolutions notables selon les différents postes budgétaires).

2{Qu’en sera-t-il en 2010 ?2}

En 2010, on ne doit pas s’attendre à une évolution aussi favorable du pouvoir d’achat. La remontée prévisible de l' inflation même si elle reste limitée, la fin des dispositifs de relance exceptionnels et la poursuite des suppressions d’emploi risquent de peser négativement. Toute la question sera de savoir si l’inquiétude continuera de prédominer, auquel cas les Français privilégieront l’épargne avec des effets qui pourraient être négatifs sur l’activité et l’emploi, ou si au contraire prédominera la volonté de préserver les conditions de vie, ce qui passerait par une croissance de la consommation.

Pour aller plus loin :

les comptes nationaux de l’Insee. Résultats au troisième trimestre 2009.

Créé le 07 janvier 2010
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