Un colloque de l’AMF et de l’ACP sur l’épargne des ménages

L’ AMF   Définition L’AMF (Autorité des Marchés Financiers) est une autorité publique indépendante, créée par la loi du 1er août 2003 dite loi de sécurité financière, issue de la fusion de la Commission des opérations de bourse (COB), du Conseil des marchés financiers (CMF) et du conseil de discipline de la gestion financière (CDGF).
Elle est chargée de veiller à la protection de l’épargne investie en produits financiers, à l’information des investisseurs et au bon fonctionnement des marchés d’instruments financiers.
Site de l’AMF
et l’ ACP   Définition L’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) est une autorité administrative indépendante adossée à la Banque de France, créée par l’ordonnance du 21 janvier 2010, issue de la fusion de quatre autorités de la banque et de l’assurance : la Commission bancaire, le Comité des établissements de crédit et des entreprises d’investissement (CECEI), l’Autorité de Contrôle des Assurances et des Mutuelles (ACAM) et le Comité des Entreprises d’Assurance (CEA).
L’ACPR est chargée de l’agrément et de la surveillance des établissements bancaires et d’assurance dans l’intérêt de leur clientèle et de la préservation de la stabilité du système financier.
ont organisé le 11 mai un colloque pour mieux comprendre les conséquences de la crise financière sur l’épargne des ménages et la commercialisation des produits financiers. Les débats se sont organisés en tables rondes autour de trois thèmes principaux : l’allocation des portefeuilles des ménages, la commercialisation des produits et la régulation.

En introduction, Christian Noyer, Gouverneur de la Banque de France et Président de l’ACP, a souligné « la détermination partagée des deux autorités de mettre les intérêts de la clientèle au centre du dispositif de régulation des différents produits financiers ». Il a rappelé quelques fondamentaux : le taux d’épargne des Français, déjà élevé avant la crise, s’est encore accru. Mais cela s’est fait au détriment des produits d’épargne à long terme, comme les actions et l’assurance vie multisupport, lesquels jouent pourtant un rôle essentiel dans le financement de l’économie. L’aversion au risque des épargnants est l’un des facteurs essentiels de cette réorientation des placements.

Priorité aux placements liquides et sans risque

Les épargnants français fuient les investissements en actions

Philippe Trainar de Scor Groupe rappelle que le taux d’ épargne financière   Définition Part de l’épargne qui est utilisée pour acquérir des actifs financiers. Ce peut être des livrets (livret A, LDD, livret jeune…), des plans d’épargne (PEL, PERCO…) ou encore des produits financiers tels que les actions, les obligations ou les assurances-vie.
des ménages français est en constante augmentation depuis le début de la crise financière. La répartition des actifs dans les portefeuilles traduit une aversion au risque.

Luc Arrondel, chercheur au CNRS et Banque de France, poursuit l’analyse en précisant que les préférences des Français sont restées stables et leur aversion au risque inchangée ; en revanche, l’environnement économique s’est modifié, devenant de plus en plus incertain, et les actions sont aujourd’hui perçues comme plus risquées.

Cette tendance est confirmée par Olivier Davanne de la société de gestion DPA Invest, par ailleurs membre du conseil scientifique de l’AMF et administrateur de l’IEFP. Il note la fin d’un paradigme dans lequel les actions étaient présentées comme toujours plus rentables à long terme et une hausse du risque systémique avec des risques difficiles à quantifier et une incertitude accrue. Il attire l’attention sur le fait que l’assurance vie en euro est non seulement une niche fiscale mais présente également la caractéristique par rapport aux autres produits d’épargne de cacher le risque (grâce à l’effet de cliquet, on ne perd jamais alors qu’on peut perdre avec un OPCVM obligataire). Pour lui, si l’on veut encourager la gestion à long terme, il faut que les particuliers acceptent les hauts et les bas de la valorisation au prix du marché, et pour cela l’éducation financière est indispensable.

Commercialisation des produits financiers : une meilleure protection des épargnants

Une meilleure éducation financière du public est recommandée… dès l’école

Natalie Lemaire, directrice des relations avec les épargnants à l’AMF, présente les caractéristiques de l’offre et de la demande des produits financiers, soulignant que les Français se sentent peu à l’aise avec les produits financiers, que leurs connaissances sont objectivement imparfaites et qu’ils attendent beaucoup de leur intermédiaire financier qui, à cet égard, a de grandes responsabilités

Le polytechnicien et normalien André de Palma a étudié les questionnaires MIF soumis aux épargnants par les vendeurs de produits financiers. Ces questionnaires doivent permettre de déterminer le profil du client avant de proposer des solutions d’épargne.

Enfin, David Thesmar, professeur à HEC, insiste sur la nécessité d’une régulation par l’État puisque l’autorégulation du marché ne fonctionne pas et sur l’importance des sanctions et de la publicité sur ces sanctions.

Commercialisation des produits financiers et allocation de l’épargne : quel rôle pour la régulation ?

La dernière table-ronde a réuni François Villeroy de Galhau, directeur général délégué de BNP Paribas, Jean-Pierre Hellebuyck, vice-président de AXA IM, Guillaume Prache de la fédération européenne des usages des services financiers et Fabrice Pesin de l’ACP. Le rôle de la régulation par l’AMF et l’ACP a été souligné ainsi que la nécessité de mieux former les vendeurs de produits financiers qui n’ont parfois par les connaissances suffisantes pour vendre ce type de produits ainsi que d’améliorer l’éducation financière du grand public.

En conclusion, Jean-Pierre Jouyet, président de l’AMF, a rappelé que « l’épargne des ménages est l’objet de nombreuses convoitises, tant elle est essentielle au fonctionnement de notre économie. Conséquence logique, elle fait l’objet de toutes les attentions du législateur, en particulier sous l’angle fiscal. Malheureusement, la politique de l’épargne actuelle n’est pas totalement à la hauteur de l’enjeu de financement de notre économie ».

Créé le 23 mai 2012
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