Un rapport sur l’avenir des moyens de paiement

Un rapport sur l’avenir des moyens de paiement a été publié mercredi 25 avril 2012. Ses deux auteurs, Georges Pauget, ancien directeur général du Crédit Agricole et par ailleurs président de l’IEFP, et Emmanuel Constans, président du Comité consultatif du secteur financier, dressent un portrait de l’utilisation des moyens de paiement en France avant de formuler des propositions pour améliorer le secteur. Ils préconisent notamment la réduction massive du chèque.

Etat des lieux : La carte, moyen de paiement préféré des Français

Selon le rapport, plus de la moitié (55 %) du nombre des transactions effectuées par les particuliers, les entreprises et les administrations, sont effectuées en espèces. Cela concerne essentiellement des paiements de petits montants.

En dehors de ces espèces, l’utilisation de la carte bancaire est prédominante. Elle représente 43,1 % des paiements. En moyenne, un paiement par carte bancaire est d’environ 50 €. Ce montant modeste explique que les cartes bancaires représentent une très faible part dans la valeur totale des transactions, moins de 2 %.

Le chèque est encore utilisé pour 18 % des transactions. Son montant moyen est de 555 €. Cela en fait le deuxième moyen de paiement en valeur, derrière les virements qui forment le bloc le plus important avec 83,1 % des paiements en valeur. 

Répartition moyens de paiement

Répartition moyens de paiement

Les moyens de paiement doivent être sécurisés et faciles d’usage. Les consommateurs exigent légitimement la gratuité, ou au moins une grande modicité du prix, en matière d’accès et d’utilisation des moyens de paiements. Mais la simplicité, la sécurité et l’efficacité des moyens de paiement représentent des coûts.

Selon le rapport, la délivrance d’espèces coûte 2,6 milliards d’euros par an aux banques. De même, le chèque et son utilisation gratuite reviennent à 2,5 milliards d’euros par an.

En revanche, les cartes bancaires, comme les virements et les prélèvements sont sources de revenus pour les banques (environ 3,3 milliards d’euros par an).

Même quand cette activité coûte aux banques, elle est la base des autres services bancaires qui génèrent des bénéfices.

Mais selon les rapporteurs, « cet équilibre est menacé ». En particulier les évolutions technologiques rapides sont en train de générer une nouvelle révolution des moyens de paiement : celle des paiements par Internet, par téléphone mobile, des paiements sans contact. De nouveaux acteurs concurrencent les banques (Google Wallet, Paypal...), qui doivent, elles-mêmes, réaliser de nouveaux investissements.

Face à ces bouleversements en cours du modèle économique, Georges Pauget et Emmanuel Constans formulent 20 propositions

Le chèque : un moyen de paiement en voie de disparition ? 

Ils préconisent de développer les paiements en ligne, dont la sécurité doit être améliorée, et les paiements par carte ainsi que les moyens « sans contact », à l’aide d’un téléphone par exemple. Ils recommandent notamment une accélération des efforts d’équipement des administrations locales et des établissements publics en terminaux de paiement électronique pour l’acceptation des cartes bancaires. 

Parallèlement, la réduction de l’utilisation des chèques, jugée trop coûteuse, serait accélérée et accompagnée. L’objectif est de diminuer de moitié son utilisation en 5 ans. 

En 2010, les Français ont rédigé 3,12 milliards de chèques pour un montant total de 1 828 milliards d’euros.

Ils proposent enfin une mobilisation de l’ensemble des acteurs autour d’un projet intitulé « Paiements 2016 » qui pourrait être lancé dès l’automne 2012.

Les associations de consommateurs veulent une alternative gratuite au chèque

Les auteurs prennent garde de préciser que le recul du chèque doit s’accompagner de nouveaux moyens de paiement pratiques « pas chers, voire gratuits ».

Si les associations de consommateurs ne remettent pas en cause la disparition du chèque, elles sont attentives à ce que les particuliers aient à leur disposition un moyen de paiement gratuit.

Alors que, selon l’UFC Que Choisir, pour le moment « les consommateurs n’ont aucun moyen alternatif pour leurs paiements du quotidien »

Créé le 30 avril 2012
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