Multiplicateur budgétaire

Années 70 : Remise en cause du multiplicateur budgétaire

À partir des années 1970, le multiplicateur budgétaire a été remis en cause.

Les limites du multiplicateur budgétaire

  • L’effet d’éviction par le taux d’intérêt : lorsque l'État a recours au déficit et donc à l'emprunt pour financer les dépenses, il pousse à la hausse les taux d'intérêt. Du coup, ce sont les investissements privés qui sont pénalisés. Il n’y a pas d’amélioration globale. Au contraire des dépenses publiques moins productives vont remplacer des investissements privés a priori plus efficaces.
  • L’effet d’éviction par l’extérieur : en économie ouverte à la concurrence internationale, la relance de la demande initiée par la politique budgétaire expansive risque de générer surtout une relance des importations et non une reprise de la production nationale.
  • L’effet du fardeau de la dette : les agents économiques vont s’attendre à ce que la politique de relance financée par la dette entraîne à terme une hausse des impôts pour le remboursement de cette dette et le paiement des intérêts. Cela ne les poussera pas à consommer ou à investir mais plutôt à épargner.

D’autres débats ont porté sur :

  • Les délais de réaction des politiques budgétaires, qui risqueraient de la mener à contre temps.
  • L'efficacité comparée d’une politique budgétaire qui agirait par la baisse des impôts plutôt que la hausse des dépenses publiques.

Les faits semblent aller dans le même sens…

Les faits paraissent corroborer la perte d’efficacité des politiques budgétaires lorsqu’elles constituent encore un instrument important de politique économique. Cela se manifeste par une distorsion du lien entre la croissance et la situation budgétaire avec dans certains cas, comme en France, des situations de déficit quasi permanentes. L’efficacité de la politique budgétaire viendrait alors butter sur l’ampleur de la dette publique et sur la charge croissante des intérêts.

… de même que différentes études statistiques

Différentes études statistiques portant sur la fin du XXe siècle et le début du XXIe ont établi que le multiplicateur budgétaire était en général devenu très faible et largement inférieur à 1.

Une étude du FMI de 2008 (World Economic Outlook October 2008 : Financial Stress, Downturns, and Recoveries) portant sur 21 pays à « économie avancée » et 20 pays « émergents » pour la période 1970 à 2007.
L’impact de mesures de relance budgétaire sur la croissance de la production serait en moyenne proche de zéro. Il serait même négatif au bout de trois ans. Les résultats sont cependant sensiblement différents selon les pays. Ils sont meilleurs dans les économies avancées que dans les pays émergents. Mais même dans ce cas, le multiplicateur ne serait que de 0,1 la première année et de 0,5 au bout de trois ans.

Créé le 03 juin 2013 - Dernière mise à jour le 03 juin 2013
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