Banque

France : le modèle prédominant de la banque universelle

En 2014, selon le dernier rapport de l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution), le secteur bancaire français compte 490 établissements de crédit et est dominé par 6 groupes : BNP Paribas, Société Générale, Groupe BPCE, Groupe Crédit Agricole, Groupe Crédit Mutuel et La Banque Postale. 

À eux seuls, ces 6 groupes concentrent 85 % du système bancaire français mesuré par l’agrégation du bilan social de l’ensemble des entités implantées en France.

  • Deux groupes : Société Générale et BNP Paribas sont des banques commerciales ;
  • Crédit Agricole, BPCE et Groupe Crédit Mutuel sont issus du monde mutualiste ;
  • La Banque Postale est une banque publique.

A l’exception de la Banque Postale, qui est exclusivement une banque de détail, ces groupes sont des banques universelles (ou multi spécialisées), modèle largement prédominant dans le système bancaire français. Il s’agit d’ensembles financiers regroupant directement ou par des filiales les différents métiers des banques de détail, de financement et d'investissement et de gestion d'actifs.

Ces banques ont également une forte présence à l’étranger par des filiales, des succursales ou par des partenariats permettant de renforcer leurs propres positions et de mieux accompagner leurs clientèles, notamment les entreprises, dans le contexte du marché unique européen, du développement bancaire et financier des pays émergents et de la globalisation financière.

Restructurations

Cette organisation du secteur bancaire français résulte d’un mouvement de restructuration très actif conduit à partir de la deuxième moitié des années 1980. L’État a progressivement abandonné son rôle d’actionnaire. Mis à part les activités financière de la Poste transformées en Banque Postale, tous les grands groupes publics ont été progressivement privatisés. Les restructurations par concentrations, acquisitions, créations d’entités nouvelles se sont effectuées essentiellement sur une base franco française. Les groupes mutualistes ont été des acteurs très actifs des restructurations. Les différences entre banques commerciales et banques mutualistes tendent à s’estomper. Les banques mutualistes affichent des objectifs de rentabilité tout à fait comparables à ceux des établissements privés ; elles ont mis en place des structures permettant de disposer d’entités cotées en Bourse.

Forte présence à l’étranger

Une soixantaine d’établissements de crédit français sont implantés à l’étranger dans 87 pays ou zones géographiques différents.

Une grande partie du développement international français a été réalisé par le biais de structures locales. Fin 2013, les cinq plus grands groupes bancaires français (BNP Paribas, Groupe BPCE, Groupe Crédit Agricole, Groupe Crédit Mutuel et Société Générale) disposaient ensemble d’environ 1 700 implantations à l’étranger, essentiellement sous la forme de filiales (pour environ 85 %), en particulier de filiales à caractère financier (qui n’incluent pas les compagnies d’assurances), et de succursales.

Toutefois, le chiffre de 1 700 constitue un point bas, par rapport, notamment, au niveau de 2010 où l’on dénombrait près de 2 000 implantations à l’étranger. Sous l’impact de la crise et de contraintes réglementaires nouvelles, les grands groupes bancaires ont en effet procédé à des cessions d’activités non stratégiques.

Les établissements de crédit français ont une implantation particulièrement importante dans l’Union Européenne notamment au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie, en Belgique, en Espagne, et au Luxembourg. Hors Europe, le nombre d’implantations à l’étranger est particulièrement élevé aux Etats-Unis (environ 200 pour les cinq plus grands groupes bancaires français).

L’implantation de succursales dans un Etat membre de l’Espace Economique Européen (EEE) est par ailleurs grandement facilitée par l’existence du passeport européen qui autorise à la fois le libre établissement sous forme de succursale et la libre prestation de services (LPS). Au total, on dénombre 146 succursales bancaires d’origine française ouvertes dans d’autres pays de l’EEE fin 2014 et quelque 1 861 déclarations de LPS à la même date.

Ouvert aux capitaux étrangers

La France figure parmi les pays européens les plus ouverts, pour le nombre d’implantations bancaires étrangères. Fin 2014, l’ACPR dénombrait en effet 145 établissements de crédit (banques ou établissements de crédit spécialisés) agréés en France mais sous contrôle étranger. Toutefois, la France ne fait pas partie des pays les plus internationalisés si on considère non plus le nombre absolu de structures d’origine étrangère mais la proportion dans le nombre total des établissements de crédit enregistrés dans chaque État. Avec un taux de 30 %, on est très loin du degré d’internationalisation des systèmes bancaires britannique (68 %), belge (77 %), irlandais (85 %) ou luxembourgeois (97 %), ou de ceux de plusieurs des États membres d’Europe centrale et orientale. 

Créé le 15 février 2010 - Dernière mise à jour le 04 novembre 2015
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