Banque

Le poids du secteur financier en Europe

Alors que Chypre est montrée du doigt pour la place trop importante que l’île a accordée aux banques, il est intéressant de regarder le poids du secteur financier dans tous les pays de la zone euro.

Le poids du secteur financier dans l’économie d’un pays est déterminé par le rapport entre le total du bilan consolidé des banques et le PIB du pays.

Les risques d’un secteur financier trop important

Si le secteur financier d’un pays est trop élevé par rapport à son PIB   Définition Indicateur économique mesurant les richesses créées dans un pays sur une période donnée.
Il correspond à la somme des valeurs ajoutées dégagées par les entreprises financières et non financières, les collectivités publiques, les ménages et les associations à but non lucratif résidant dans ce pays, soit la totalité de la production de biens et services réalisée sur la période considérée dans un pays donné.
La variation du PIB sur une période donnée est l’indicateur le plus couramment utilisé pour mesurer la croissance économique
, une crise bancaire peut mettre en danger toute l’économie de ce pays. Cela est encore plus vrai si certaines banques présentent des risques systémiques. Mais une banque systémique n’a pas obligatoirement un poids très élevé dans le PIB du pays.

Aux États-Unis, la banque JP Morgan ne représente que 0,15 fois le PIB du pays, mais c’est une banque systémique (ou too big to fail).

Chypre, dont le plan de sauvetage a été adopté le 25 mars dernier, a un PIB 7 fois plus petit que son activité bancaire. La fragilité de son système bancaire provient surtout de la concentration de l’activité bancaire en direction de seulement deux pays : la Russie et la Grèce. Chypre ne recense aucune banque systémique, selon la liste établie par le FESF   Définition Fonds créé lors d’un sommet exceptionnel des chefs d’État et de gouvernement de la zone euro le 9 mai 2010 pour fournir des aides financières à des Etats membres de la zone Euro. Basé au Luxembourg, créé au départ pour trois ans, il a été chargé de garantir des prêts pour les Etats qui seraient dans l’incapacité de trouver, seuls, de l’argent frais sur les marchés financiers. Il agit en complément d’une facilité communautaire de 60 milliards d’euros et pourra être complété par des lignes de crédit du FMI pour un montant total de 250 milliards d’euros. L’Irlande en 2010, et le Portugal en 2011 ont été les premiers Etats à bénéficier de son intervention. En mars 2011 il a été décidé d’étendre sa capacité d’intervention à 440 Milliards d’euros et de le remplacer au-delà de 2013 par le Mécanisme Européen de stabilité (MES). Depuis juillet 2011, il a l’autorisation d’acheter des obligations d’Etat sur les marchés financiers.
D’autre part, le fonds bénéficie de la notation AAA (la meilleure) signifiant que le risque de défaut de paiement est quasi-nul et ce grâce aux garanties apportées par les 17 Etats membres de la zone euro.
.
 L’autre petite île de la Méditerranée est dans la même situation : l’activité bancaire de Malte représente 7,6 fois son PIB. Ces deux places sont considérées comme des paradis fiscaux.

L’instabilité bancaire ne provient pas obligatoirement d’un secteur bancaire trop important

Le Luxembourg concentre des activités bancaires qui représentent près de 22 fois son PIB. En effet, le duché du Luxembourg est un tout petit pays dont la principale activité est la finance. C’est le point d’entrée de nombreux investisseurs étrangers dans la zone euro. Cela pourrait paraître comme une fragilité, pourtant le Luxembourg met en avant la qualité et la stabilité de ce secteur financier.

À l’inverse, d’autres pays ont des systèmes bancaires fragiles alors que le secteur financier représente moins de 4 fois le PIB. C’est notamment le cas de l’Espagne, de la Grèce et du Portugal.
 La France se situe légèrement au-dessus de ces pays. L’activité bancaire y pèse 4,2 fois le PIB.

Le bilan de BNP Paribas est à lui seul équivalent au PIB de la France.

Le total du bilan de l’ensemble des banques de la zone euro représente 3,46 fois le PIB global de la zone. En effet, des pays comme l’Estonie, la Slovénie ou la Slovaquie ont une activité bancaire très faible, ce qui fait chuter la moyenne de la zone euro.

Au-delà des frontières de la zone euro, deux pays ont des secteurs financiers qui représentent plus de 4 fois leur PIB : le Royaume-Uni et le Danemark. Mais pour le Royaume-Uni, ces chiffres ne retracent pas l’activité de la place financière de la City, seulement le poids des établissements bancaires. La Suisse, quant à elle, présente une activité bancaire près de 5 fois supérieure à son PIB (chiffres 2011).

L’activité des banques centrales nationales n’est pas prise en compte dans ces statistiques.

Le total du bilan des banques de la zone euro représente 3,46 fois le PIB de la zone euro.

Créé le 11 avril 2013 - Dernière mise à jour le 11 avril 2013
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3 commentaire(s)  
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samado , publié le 31/03/2015 18:58

J'apprécie hautement le travail que vous faites pour permettre à tout le monde de comprendre le monde de la finance. Bon courage !

L’équipe de l’IEFP, publié le 28/05/2013 12:33

Bonjour,

Merci pour votre lecture attentive.
Nous avons effectivement corrigé cette donnée qui n'était pas bonne

Meilleures salutations.

L'Equipe de Lafinancepourtous.com

FB , publié le 25/05/2013 12:25

Le PIB de la Suède me semble faux

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