Bourse

Les sociétés de gestion

Lorsque vous investissez dans un organisme de placement collectif (OPCVM, FCP), vous ne décidez pas des investissements qui seront réalisés avec l’argent recueilli auprès des différents acheteurs de parts du fonds. Cette gestion est déléguée à des professionnels, les sociétés de gestion, qui en sont chargées en contrepartie d’une rémunération (commissions de gestion, frais de souscription...).

Une catégorie particulière d’entreprise d’investissement

Les sociétés de gestion reçoivent un mandat de gestion qui leur est donné selon les cas, soit au travers de l’OPCVM, soit directement par des investisseurs privés pour gérer leur fortune ou par des investisseurs institutionnels (fonds de pension, compagnies d’assurance) pour gérer l’épargne qu’ils collectent ou leurs réserves techniques. Le mandat définit la politique d’investissement à suivre et donne au gestionnaire la mission de prendre dans ce cadre, les décisions de gestion en acquérant ou en cédant les titres pour le compte de l’investisseur. Les investisseurs ont ainsi accès à l’expertise de professionnels et à une meilleure diversification des risques. Les sociétés de gestion sont agréées par l’AMF. Ce sont souvent des entités appartenant à de grands établissements de crédit. Elles doivent respecter des règles strictes qui garantissent l’exécution de leur engagement à gérer de manière indépendante et dans l’intérêt exclusif de l’investisseur les sommes qui leur sont confiées.

L’ Association Française de la Gestion financière (AFG) réunit tous les acteurs du métier de la gestion pour compte de tiers, qu'elle soit collective ou individualisée sous mandat. Elle regroupe notamment les sociétés de gestion de portefeuille (SGP), principaux acteurs de la gestion pour compte de tiers avec plus de 95 % des encours gérés.

Les différentes catégories d’investisseurs

La réglementation distingue:

  • les investisseurs individuels ou clients de détail et
  • les investisseurs professionnels (entreprises d’investissement, banques, fonds de pension, assureurs…).

Les « clients de détail », c'est-à-dire la très grande majorité des épargnants individuels peuvent acheter et vendre des actions ou des parts de fonds communs de placements réglementés (OPCVM). Mais ils ne peuvent investir directement dans des fonds de placement beaucoup moins réglementés, qui offrent des possibilités de rendement élevés mais sont aussi beaucoup plus risqués. Il y a deux grandes catégories de fonds de ce type, les fonds de « capital-investissement » (en anglais « Private equity ») et les fonds de «gestion alternative » (connus sous leur appellation anglaise « Hedge funds   Définition Les hedge funds, de l’anglais « hedge » qui signifie « couverture », qu’on traduit en français par fonds de gestion alternative, sont des fonds d’investissement dont il n’existe pas de définition légale mais qui sont généralement risqués, peu régulés et qui cherchent à offrir des performances élevées notamment en jouant sur l’effet de levier de l’endettement.
»).

Ces fonds drainent des sommes considérables qui proviennent soit de très gros investisseurs individuels, soit des investisseurs institutionnels, c’est à dire des fonds ou des établissements qui gèrent de très gros portefeuilles (Caisse des dépôts et consignations, fonds de pension, sociétés d’assurances, caisses de retraite) ou des OPCVM dont les gestionnaires peuvent y affecter une partie généralement limitée des ressources collectées. Dans ces conditions, les épargnants individuels qui investissent dans des OPCVM ou des fonds d’épargne-retraite peuvent être indirectement des investisseurs dans des fonds de capital investissement ou des hedge funds.

Capital-investissement

Les fonds de capital-investissement sont des fonds dont les investissements sont réalisés dans des sociétés non cotées en bourse. 
Les montants investis par les acteurs européens du secteur ont été évalués en 2006 à 71 milliards d'euros.

Ils peuvent servir à financer le démarrage (capital risque), le développement (capital développement), la transmission ou de plus en plus fréquemment l’acquisition d’entreprises, y compris d’entreprises cotées en bourse. L’objectif est alors de « redresser » l’entreprise ou d’améliorer sa rentabilité et sa valeur pour réaliser à terme une plus-value en la revendant en totalité ou en partie sur le marché. Leur modèle économique repose fréquemment sur l’endettement et l’effet de levier que cet endettement procure ; ils pratiquent ce qu’on appelle le LBO   Définition Le LBO, de l’anglais «Leverage Buy-Out », est un terme générique désignant un montage juridico-financier de rachat d’entreprise par effet de levier (« leverage »), c’est-à-dire par recours à un fort endettement bancaire.
Pour de plus amples explications voir l'entrée "LBO" dans Les Mots de la Finance
(leverage buy out) du terme anglais qui signifie achat avec effet de levier   Définition Effet démultiplicateur lié au fait de verser une partie seulement des sommes sur lesquelles porte un investissement.
La forme la plus connue est le recours à l’endettement. Celui qui s’endette espère que le coût de la dette sera inférieur à ce que lui rapportera l’investissement. Cela démultipliera le bénéfice rapporté à son investissement personnel. Attention, cet effet joue également dans l’autre sens. Il est également possible d’obtenir un effet de levier, sans recourir à des emprunts, en utilisant les produits dérivés et les produits structurés.
Il permet donc d’accroître la rentabilité financière de l’investissement, mais aussi d’augmenter les pertes en cas de rendements négatifs. On parle alors d’ « effet de massue » ou d’ « effet boomerang ».
    Définition .

L’apport social de ces fonds est d’aider à la création et au développement des entreprises innovantes et de subvenir aux besoins en fonds propres des entreprises non cotées en bourse ainsi que de favoriser la redéfinition des stratégies et des gestions d’entreprises dont les investisseurs pensent qu’elles pourraient être plus rentables. Ils font cependant l’objet de certaines critiques qui portent notamment sur les restructurations et les stratégies mises en œuvre pour dégager les rendements élevés recherchés.

Les performances visées par ces fonds sont supérieures à celles des marchés financiers, mais les risques pris sont plus élevés, et la liquidité est plus faible (il est difficile de céder les entreprises qui constituent l’actif du fonds ainsi que les parts du fonds lui-même, ni les unes, ni les autres n’étant cotées).

Les obligations et garanties sont moindres. C’est pourquoi ces fonds ne font pas appel à l’épargne publique. Les fonds de pension, les banques, les assureurs sont les principaux investisseurs mais des particuliers peuvent l’être aussi, à condition d’apporter au minimum 500 000 euros. Le "ticket d'entrée" minimum pourra être abaissé à 30 000 euros s’il s’agit d’un investisseur dans d'autres fonds de ce type, ou de quelqu’un qui dispose d'un patrimoine financier d'au minimum 1 million d'euros.

L’ Association Française des Investisseurs en Capital (AFIC) regroupe la quasi-totalité des structures de Capital Investissement installées en France. 

Les fonds de gestion alternative (hedge funds) 

Ce sont des fonds qui cherchent à augmenter leur rentabilité (par rapport aux rendements offerts par les marchés actions ou obligations), la plupart du temps en investissant dans des secteurs risqués ou en finançant leurs opérations par de l’endettement ou des ventes à découvert (vente de titres qu’on ne possède pas).

Tous ne sont pas aussi risqués ou volatils.

Mais aucun ne fait directement appel à l’épargne publique. Le "ticket d’entrée" minimum est de 50000 euros. Les gérants de fonds alternatifs sont associés avec les investisseurs. Ils investissent eux mêmes une partie significative de leur patrimoine personnel dans les fonds qu'ils gèrent et leurs rémunérations dépendent principalement de la performance du fonds. Les investisseurs institutionnels sont souvent parmi les investisseurs.

Les investisseurs individuels peuvent y avoir accès sous certaines conditions, très surveillées par l’AMF, via différents types d’OPCVM aux noms compliqués (ARIA simples, ARIA à effet de levier…) regroupés dans la catégorie des OPCVM de fonds alternatifs, dès lors qu’ils sont exposés à hauteur de 10 % ou plus en fonds de droits étrangers.

La croissance des placements en fonds alternatifs est importante.
Il y a plus de 8 000 hedge funds dans le monde qui gèrent autour de 1200 milliards d’€.
Leur taille et leur opacité sont un objet d’inquiétude pour les autorités publiques, mais les hedge funds présentent l’intérêt économique d’apporter des liquidités aux marchés et en principe de favoriser l’équilibre des prix des actifs sur lesquels ils interviennent. Ils permettent également une diversification supplémentaire des fonds classiques.

Créé le 23 février 2012 - Dernière mise à jour le 08 août 2013
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