Retraite

Retraite : comment ça marche ailleurs

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) suit régulièrement les systèmes de retraites de 10 pays développés représentatifs de la diversité des systèmes (Allemagne, Belgique, lCanada, Espagne, États-Unis, Italie, Japon,  Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède).
Dans  son 12ème rapport publié le 23 janvier 2013 portant sur le système français, il fait aussi le point sur ces systèmes et leurs évolutions.

Des architectures générales et des règles de fonctionnement très diverses

L’histoire et les traditions nationales entrainent une grande diversité des systèmes de retraite dans le monde, y compris parmi les pays de niveau de développement comparable.
Tous les pays ont  cependant au moins un dispositif de revenu minimum bénéficiant aux personnes âgées. Il correspond souvent à une ou plusieurs prestations différentielles attribuées sous conditions de ressources et d’âge et financé en dehors du système de retraite (Italie, Belgique, Allemagne, États-Unis…). Dans certains pays (États-Unis, Japon, Suède, Pays-Bas) par contre, il s’agit d’une pension universelle qui constitue le socle du système de retraite.
Les systèmes sont également divers quant à l’organisation et au poids de la retraite publique obligatoire organisée par répartition avec parfois une composante de  capitalisation.
L’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, l’Italie et le Japon présentent, comme en France, des systèmes publics de retraite par répartition éclatés, composés de régimes différents selon le  statut des assurés. Ils représentent la partie la plus importante des pensions.
Le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni ou la Suède ont en revanche un seul régime public de retraite par répartition pour tous les assurés. Ils représentent une part minoritaire des pensions.
Les régimes collectifs professionnels, privés et de capitalisation, ainsi que les dispositifs de retraite individuelle y sont en revanche beaucoup plus développés. Les régimes collectifs sont selon les cas à prestations définies   Définition Régime de retraite dans lequel le promoteur du régime (entreprise, branche professionnelle…) s’engage sur un montant ou sur un certain niveau de prestations versés au moment du départ à la retraite du salarié (un niveau de revenu ou un taux de rendement des placements) définis par la convention. Il s’agit d’un engagement de résultat.
(Pays Bas, salariés du secteur public aux USA et au Royaume Uni notamment) ou à cotisations définies   Définition Régime de retraite dans lequel le promoteur du régime (entreprise, branche professionnelle…) s’engage sur le paiement des cotisations. Le montant de la rente versée au salarié à son départ à la retraite dépend de la gestion du régime par un organisme extérieur. L’employeur n’apporte pas de garantie sur le niveau des rentes versées, contrairement au régime à prestations définies. Il s’agit d’un engagement de moyens.
. Les régimes complémentaires individuels sont le plus souvent à cotisations définies.
Selon le COR, « le développement de ce troisième niveau conduit à accroître les différences de situation au regard des droits à la retraite, d’une part, entre ceux qui ont accès à ces dispositifs et ceux qui en sont exclus, d’autre part, entre les bénéficiaires selon la nature des dispositifs auxquels ils ont accès ».
Les régimes publics fonctionnent le plus souvent  en annuités (Belgique, Japon) ou en points (Allemagne). La Suède et l’Italie sont passées à un régime en compte notionnel   Définition Dans un régime en comptes notionnels, chaque assuré est titulaire d’un compte individuel sur lequel sont enregistrés ses droits à la retraite. Les cotisations versées au nom de l’assuré créditent chaque année son compte et augmentent son capital virtuel, qui correspond au cumul des cotisations versées dans le passé et revalorisées. Le capital est virtuel car le régime fonctionne en répartition et il n’y a pas d’accumulation financière pour provisionner les engagements du régime. Le capital virtuel est revalorisé chaque année selon un indice tel que le PIB ou le salaire moyen.  
Le montant de la pension à la liquidation est proportionnel au capital virtuel qui a été  accumulé et revalorisé jusqu’à la date de liquidation des droits à la retraite. Le coefficient de proportionnalité, appelé coefficient de conversion, dépend de l’âge effectif de départ à la retraite et de l’espérance de vie à cet âge de la génération à laquelle appartient l’assuré. Les régimes en compte notionnel sont supposés assurer en moyenne une égalité entre les cotisations versées et les pensions perçues par chaque retraité. Ils sont entièrement contributifs.
. Tous les pays, mis à part les Pays Bas, appliquent des décotes et des surcotes et ont mis en place des dispositifs de solidarité plus ou moins généreux visant à compenser notamment les effets de périodes de chômage, d’invalidité, de maladie, de maternité et de service militaire.

Les âges de la retraite

Age légal de départ à la retraite, possibilités de départ avant l’âge légal officiel et les conditions pour obtenir une pension complète ou à taux plein sont variables selon les pays.

 

Les âges légaux de départ à la retraite convergent vers 65 ans et dans certains pays (Allemagne), un allongement progressif à 67 ans a été adopté. Mais les possibilités de départ avant l’âge légal officiel et les conditions pour obtenir une pension complète ou à taux plein sont variables selon les pays. L’âge moyen effectif de cessation d’emploi dépasse partout 60 ans. Les taux d’emploi entre 55 et 64 ans sont également très variables selon les pays avec des niveaux très élevés en Suède et au Japon. La France figure parmi les pays dans lesquels l’âge moyen de départ en retraite (62,3 ans en 2014) et le taux d’emploi des 55-64 ans (45,6% en 2013) sont les plus bas, même s’ils ont augmenté au cours des dernières années avec la mise en place des réformes successives depuis deux décennies. Les Français ont une durée moyenne de retraite (25 ans) la plus élevée parmi les pays de l’OCDE (20 ans). Elle est de 27,2 ans pour les femmes et de 23 ans pour les hommes, soit respectivement 5 ans et 5,6 ans de plus que la moyenne des pays de l’OCDE.

Plusieurs raisons expliquent cette particularité française :

  • L’espérance de vie est plus élevée en France, particulièrement chez les femmes
  • La sortie du marché du travail est plus précoce pour les Français que pour leurs homologues des autres pays de l’OCDE
  • Le régime des retraites est plus généreux en France. Ainsi, on peut liquider ses droits à l’âge de 62 ans, contre 65 ans en moyenne dans les pays de l’OCDE. La France est ainsi avec la Slovénie, le Luxembourg et la Grèce l’un des quatre pays où il sera possible de liquider sa retraite avant 64 ans à l’horizon 2050 qi la législation reste inchangée
Créé le 27 février 2013 - Dernière mise à jour le 04 décembre 2015
© IEFP – la finance pour tous
 
0 commentaire(s)  
Votre commentaire sera publié dès sa validation par l’équipe de lafinancepourtous.com.
 
institut pour l'éducation financière du public

lettre d’information MENSUELLE - ABONNEZ-VOUS !