Tout sur la banque

Les banques et les entreprises

Le financement des entreprises constitue une part primordiale de l’activité des établissements financiers (près de 70 % des crédits octroyés aux entreprises). Cependant l’accès au crédit n’est pas le même pour toutes les entreprises. Avec les grandes, les banques vont au-delà de l’octroi de crédit pour réaliser des prestations de conseil, des montages financiers, des opérations sur les marchés ; à l’inverse pour les petites entreprises, le financement peut être plus difficile, en particulier pour les TPE.

Les grandes entreprises

  • Les banques financent les grandes entreprises par le crédit : elles octroient des prêts à moyen/long terme mais aussi des découverts, des crédits à court terme (par exemple l’affacturage : la banque « achète » les factures et se charge de les recouvrer). Par ailleurs, les banques proposent aux entreprises des services de gestion permettant d’optimiser leur trésorerie en plaçant les excédents en produits bancaires, placements financiers ou placements monétaires.
  • Les banques sont un intermédiaire essentiel entre les entreprises et les marchés de capitaux. Ainsi elles émettent et placent des titres pour le compte de ces grandes entreprises, assumant aussi une partie du risque de contrepartie .
  • Enfin les banques assurent des services financiers aux grandes entreprises d’une complexité technique plus importante : gestion des risques (gestion des impayés, endettement à taux fixe, taux variable, risque de change), accompagnement à l’export. Les banques se chargent également des opérations dites de haut de bilan   Définition Eléments de long terme d’une entreprise. Le haut de bilan est constitué à la fois d’actifs immobilisés comme par exemple les constructions, les terrains, les brevets qui sont des éléments durables, mais aussi de capitaux propres et de dettes à moyen et long terme, qui sont les outils essentiels pour financer l’entreprise sur le long terme. Les opérations dites de haut de bilan sont notamment celles qui concernent le capital (augmentation de capital ou introduction en bourse, le lancement d’un emprunt obligataire ou la structure des actifs immobilisés)
    , ( LBO ), cession d’entreprises, introduction de l’entreprise en bourse, ouverture de son capital, émission d’ obligations , etc.

Les petites et moyennes entreprises et les très petites entreprises (Elles représentent environ 97 % de la population des entreprises. Elles assurent entre 60 et 70% de la création nette d’emplois, et elles jouent un rôle particulièrement important dans la mise sur le marché de techniques ou de produits innovants.

PME

Sont classées parmi les PME, les entreprises indépendantes ayant moins de 250 salariés. A l’intérieur du champ des PME, il est possible de distinguer : les très petites entreprises, qui ont moins de 20 salariés, et les micro-entreprises dont le nombre de salariés est inférieur à 10. Parmi ces entreprises, 50 % n’ont pas de salariés, et 93% en dessous de 4. Les petites entreprises constituent l’extrême majorité du tissu entrepreneurial en France, les PME enregistrent même des taux de valeur ajoutée supérieurs à la moyenne de l’ensemble des entreprises (données de 2007 - www.pme.gouv.fr) mais elles ne peuvent accéder aux marchés pour se financer directement car trop petites ; d’où l’enjeu crucial que comporte la relation avec les banques.

Les sources de  financement externes   Définition Le financement interne provient de la mise en réserve des résultats, par opposition au financement externe qui provient de sources comme les banques ou encore les investisseurs. L’autofinancement peut être favorable car il limite les risques liés à l’endettement excessif, et est bien perçu par les partenaires de l’entreprise car il met en évidence une activité solide. Mais l’inconvénient est qu’étant donné que son coût est nul (pas d’intérêts à payer, etc.) il est possible que celui-ci se tourne vers des projets peu rentables, la contrainte de remboursement de l’argent emprunté n’étant pas présente.
 des PME et des TPE sont essentiellement les  crédits interentreprises   Définition Par le mécanisme des délais de paiement des factures que les entreprises fournisseurs consentent aux entreprises clientes, elles se procurent entre elles des crédits qui sont en réalité le moyen de financement externe le plus important pour les petites entreprises : il représente près de 30 % de la dette totale des entreprises et, en France, son montant est 3 fois supérieur à celui des découverts bancaires.
, les crédits bancaires (y compris les crédits spécialisés) et, pour nombre d’entre elles, l’appel à des investisseurs à travers les montages réalisés par les fonds de  private equity   Définition Ces fonds d’investissement ont pour objectif d’investir dans des sociétés qu’ils ont sélectionnées selon certains critères, notamment pour leur besoin en capitaux propres et le retour sur investissement qu’elles pourraient fournir. La spécialité de leur intervention réside souvent dans la différence de stade de maturité de l’entreprise.
Le terme de private equity fait référence à l’investissement dans des sociétés non-cotées en Bourse, par opposition au public equity qui correspond au capital ouvert des sociétés cotées. Le capital-investissement se décline ainsi en activité de capital-risque (en anglais : venture capital) qui intervient pour faire décoller l’entreprise naissante, de capital-développement afin faire croître l’entreprise, en partie par opération de LBO   Définition Le LBO, de l’anglais «Leverage Buy-Out », est un terme générique désignant un montage juridico-financier de rachat d’entreprise par effet de levier (« leverage »), c’est-à-dire par recours à un fort endettement bancaire.
Pour de plus amples explications voir l'entrée "LBO" dans Les Mots de la Finance
. Il existe enfin certains fonds spécialisés dans les activités de retournement, c’est-à-dire lorsque l’entreprise fait face à d’importantes difficultés où il faut apporter un soutien financier et technique pour la redresser.
 (en français : capital investissement).

La place du capital investissement français est de plus en plus importante ; la France est le 3ème marché au niveau mondial après les Etats-Unis et le Royaume-Uni, et les investissements, notamment à travers des opérations d’amorçage, de création et de développement, contribuent beaucoup au financement du tissu économique et social. Près de 80% des investissements de ces fonds sont réalisés dans des PME.

On constate des déficits de financement des PME (en 2009, 78 % des dirigeants de TPE/PME estiment être confrontés à un durcissement des conditions d’accès au crédit selon la  CGPME.Le médiateur du crédit a été créé dans le but d’accroître l’efficacité des échanges entre les entreprises et les établissements financiers, par notamment le soutien par des tiers de confiance de la médiation, mais aussi la simplification des procédures d’investissement pour les entreprises et des traitements de dossiers en médiation. D’après le rapport du médiateur du crédit d’octobre 2009, plus de 8000 entreprises ont pu poursuivre leurs activités grâce à la médiation et plus de 160 600 emplois ont été préservés.Face à des difficultés persistantes pour les TPE pour trouver du financement, une nouvelle initiative publique annoncée début 2010 s’appuyant sur un renforcement du fonds de garantie d’ Oseo , d’au moins désormais 100 millions d’euros de crédit de trésorerie accordés aux TPE, permettrait à cette banque publique de garantir jusqu’à 60 % des sommes prêtées par les banques, et d’ainsi faciliter le financement des TPE.

Le cycle de vie de l’entreprise et ses financements

A travers les stades de la vie de l’entreprise, celle-ci se construit par enchaînement de financements internes ou externes selon sa position dans le temps. Au cours de ces évolutions, beaucoup d’entreprises, et en particulier des PME, souffrent d’un manque de fonds propres, qui ne leur permet pas de financer leurs projets d’investissement et de développement de leur activité.Ainsi dès l’émergence de l’idée, les entreprises pour concevoir et mettre au point leur produit ont besoin de financement, par les banques mais aussi par ceux qu’on appelle les capital-risqueurs (apport de capital d’amorçage dans les premières phases de développement d’entreprises innovantes considérées comme à fort potentiel de retour sur investissement). De nombreuses initiatives publiques se sont développées pour favoriser ce financement à l’amorçage de l’entreprise, trop rare jusque là pour les TPE :  le prêt à la création d’entreprise  (PCE), produit du partenariat entre les banques et  Oseo a été lancé en octobre 2000 ; en sept ans, 100 000 PCE ont été attribués, et ils ont permis la création de 125 000 emplois au démarrage de l’activité. Le développement de l’entreprise nécessite par ailleurs des augmentations de capital qui peuvent être assurées par les actionnaires (les associés d’origine s’ils ont suffisamment de fonds) ou d’autres investisseurs ou des banques. Enfin une fois l’entreprise concentrée le risque de faillite n’est pas pour autant éloigné, ainsi si le modèle économique de l’entreprise ne peut perdurer il faut changer d’activité.

Créé le 12 février 2010 - Dernière mise à jour le 27 février 2012
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