Les banques ont été au cœur de la tourmente de la crise. A l’automne 2008, il s’en est fallu de peu pour que le monde tombe dans une panique et une crise systémique bancaire généralisée. Il a alors fallu mettre en place des mesures d’urgence dans de nombreux pays et coordonner le rôle des banques centrales pour éviter la catastrophe. Il n’est donc pas étonnant que l’on attribue souvent le rôle principal aux banques dans les causes de la crise. Les choses sont cependant plus complexes.
Certes les banques portent sans aucun doute une responsabilité dans les causes de la crise et cette responsabilité est plus générale que les erreurs commises par tel ou tel établissement. Mais les différences de comportement des banques sont considérables d’un pays à l’autre, notamment entre les Etats-Unis, le Royaume-Uni d’un côté, et les pays de la zone euro de l’autre. Et les banques ne sont pas les seules responsables, loin de là. Elles n’ont été qu’une composante de la politique de soutien de la croissance par le crédit développée à partir des années 1990.
On peut critiquer l’action des banques sur trois points principaux :
Les banques n’ont été qu’une composante dans un régime de croissance dont la dynamique repose, depuis les années 80, sur la dette et dont les déséquilibres engagent la responsabilité de nombreux acteurs – notamment les Etats, les régulateurs, les autorités monétaires, et pas simplement les banques.
C’est ce que montre le schéma suivant :
Pour en savoir plus, lire le dossier sur la crise financière