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Les mots de la finance

Dividendes

Sommes versées à titre de revenus par une entreprise à ses actionnaires. Le versement est effectué périodiquement une ou plusieurs fois par an (en cas de décision de verser un octroi sur dividende). Le versement des dividendes n’est pas automatique. Le montant n’est ni fixe ni prédéfini. Ceci constitue une caractéristique essentielle qui différencie les actions des prêts dont les revenus sont fixes en terme monétaire. L’attribution et le montant des dividendes sont proposés par le conseil d’administration à l’Assemblée Générale des actionnaires qui décide d’attribuer ou non des dividendes, de leur montant et de la date de leur(s) versement(s). Les dividendes peuvent être payés en numéraire ou par attribution d’actions. Les dividendes (on dit aussi le dividende) versés pour chaque action d’une même entreprise sont d’un montant identique (dividende par action).

Une partie des bénéfices

En général les dividendes sont prélevés sur les bénéfices (appelés aussi résultats nets) réalisés par l’entreprise. Mais une Assemblée Générale peut décider le versement de dividendes même si l’entreprise n’a pas fait de bénéfices ou a fait des pertes sur l’exercice annuel concerné à condition qu’il y ait des réserves. Elle peut également décider le versement de dividendes supérieurs aux bénéfices réalisés.

On appelle taux de distribution le rapport entre les dividendes versés et les bénéfices de l’entreprise. La partie des bénéfices non versés en dividendes est réinvestie dans l’entreprise et comptabilisée dans le compte « réserves ».

Fiscalité particulière

Les dividendes constituent pour les particuliers un revenu auquel s’appliquent des règles fiscales particulières. Elles sont justifiées par le fait que les dividendes sont considérés comme ayant déjà subi une taxation avant leur versement ; au titre de l’impôt sur les sociétés, l’entreprise subit déjà une imposition sur les bénéfices.

Les dividendes sont soumis, comme tous les revenus, aux prélèvements sociaux, au taux de 12,1% depuis le 1er janvier 2009. Ces montants sont directement versés par l’intermédiaire financier qui gère votre compte titres.

S’agissant de l’imposition sur le revenu proprement dite, il est possible, lorsqu’on est un particulier personne physique, d’opter pour le prélèvement libératoire forfaitaire ou pour l’imposition au barème progressif personnes physiques. Dans ce dernier cas (et seulement dans ce cas), les dividendes sont imposables après un abattement de 40%. Est ensuite appliqué un abattement forfaitaire annuel de 1 525 euros (personne seule) ou 3 050 euros (couple). Les contribuables bénéficient enfin d’un crédit d’impôt égal à 50% des revenus distribués, plafonné à 115 euros (personne seule) ou 230 euros (couple).

Compte tenu de ces dispositions, les dividendes échappent totalement à l’impôt sur le revenu si leur montant annuel est inférieur à 2542 € pour une personne seule et 5085 € pour un couple soumis à une imposition commune. En fait, choisir le prélèvement forfaitaire n’est intéressant que si l’on est soumis au taux marginal d’impôt sur le revenu de 40 %, ou si l’on perçoit plus de 19 700 € de dividendes dans l’année pour une personne seule (39 400 € pour un couple).

Dividende et Rendement

On appelle souvent rendement le rapport entre le dividende le l’action et le cours de l’action.

En fait, le dividende ne constitue qu’une partie de la rentabilité obtenue par la détention d’une action. L‘autre partie est constituée par la plus value obtenue au moment de la vente de l’action. Le rendement total ou rentabilité totale de l’action est la somme des dividendes annuels versés pendant la détention de l’action et de la plus value réalisée au moment de la vente. Tant que l’action n’a pas été vendue la plus value estimée selon le cours de l’action est potentielle.

La rentabilité brute est calculée sans déduire les frais (frais de détentions et frais d’opérations). Si on les déduit on parle de rentabilité nette. Il faut également tenir compte dans le calcul du réinvestissement ou du non réinvestissement des dividendes perçus dans l’achat de nouvelles actions de l’entreprise.

Pour faciliter les comparaisons la rentabilité peut être exprimée comme un pourcentage moyen annuel sur la période considérée.

Le « rendement » au sens du ratio dividende sur cours de l’action est un ratio qui peut être trompeur. En effet pour un même niveau de dividende par action distribué le ratio sera d’autant plus élevé que le cours est bas. Mais en ce cas le propriétaire de l’action risque de n’avoir qu’une faible plus value ou même de subir une perte s’il vend son action lorsque le cours est bas. La rentabilité totale de son investissement peut être faible ou négative, alors que le rendement affiché sera élevé.

Dividende et rentabilité globale

Quels sont les rapports entre dividende et rentabilité globale ?

A court terme, le versement de dividendes constitue un prélèvement sur les ressources de l’entreprise. Au moment où ils sont distribués, le cours de l’action enregistre cette diminution des ressources par une baisse des cours. C’est pourquoi certaines entreprises autorisent les actionnaires à réinvestir leur dividende sous forme d’achat d’actions.

A plus long terme, les rapports entre dividende et cours de l’action sont plus complexes. D’un côté le versement de dividendes attire des actionnaires et fidélise les actionnaires actuels. Cela joue positivement sur le cours de l’action. Mais d’un autre côté un prélèvement excessif sur les ressources de l’entreprise pour rémunérer les actionnaires peut pénaliser la capacité de financement du développement futur de l’entreprise. A long terme le cours des actions sera alors pénalisé.

C’est dire si dans la crise actuelle les Assemblées générales décideront de l’attribution de dividendes tâchant d’éviter deux écueils : d’un côté, elles chercheront à distribuer malgré tout une rémunération aux actionnaires fidèles dans des circonstances difficiles et de l’autre, il leur faudra veiller à ne pas diminuer des moyens de financement du développement de l’entreprise, déjà si difficiles à trouver.

Excès passés

Cet arbitrage sera d’autant plus difficile à réaliser que depuis un bon nombre d’années et encore l’an passé, les dividendes ont semble –t-il pesé très lourd dans la répartition des bénéfices des entreprises pouvant aller, notamment en France, jusqu’à pénaliser leur capacité d’autofinancement. Cela a pu être une cause, sinon des problèmes de compétitivité ressentis par l’économie nationale, du moins de leur besoin d’endettement.
Les chiffres de 2008 récemment publiés concernant les grandes entreprises du CAC 40 montrent que les dividendes ont été encore élevés. Malgré la crise, les sommes restituées aux actionnaires en 2008 n’ont que légèrement reculé par rapport à l’année passée. Entre dividendes et rachat d’actions, les entreprises du CAC 40 ont versé 54,2 milliards d’euros en 2008, contre 57,2 milliards d’euros en 2007.

Le rachat d’actions et les dividendes des sociétés du CAC 40 :

en savoir plus


L’économiste Denis Clerc a cherché pour sa part à mesurer l’évolution de la répartition des richesses crées par les entreprises depuis 1970 (en mettant de côté les entreprises individuelles). Question posée : Oui ou non la part des salaires a-t-elle tendance à diminuer ? Réponse : non, la part des salaires est au contraire remarquablement stable notamment depuis 1987 après avoir connu une grosse bosse qui a vu la part des salaires enfler de 1973 à 1982/83 puis dégonfler jusqu’en 1987. Mais Denis Clerc montre une autre évolution. La part des dividendes versés par les entreprises (déduction faite des dividendes perçues comme actionnaires d’autres entreprises) a atteint en 2007 jusqu’à 8% de la valeur ajoutée (c’est-à-dire de la richesse crée) des sociétés non financières françaises. « Un record depuis que l’on dispose de la comptabilité nationale ». Du coup le cash flow c’est-à-dire l’épargne des entreprises disponibles pour investir est devenue négative comme entre 1974 et 1985. Du coup, les entreprises ont dû avoir davantage recours à l’endettement pour financer leurs projets d’investissement. Et au contraire de ces années 70/80, ce ne serait pas les salaires mais les dividendes qui auraient trop augmenté.
(Denis Clerc «  Des salaires aux dividendes : la France depuis 1970 », revue « l’Economie Politique » février 2009)

Une récente analyse publiée par la direction des études et des synthèses économiques de l’Insee sur la répartition du profit des sociétés financières et non financières françaises confirme le gonflement de la part des dividendes et des profits distribués par rapport à la part épargnée par les entreprises. En 1997, les sociétés épargnaient 64% de leurs profits et en distribuaient 34% aux « propriétaires des actions et des terrains (non compris la participation et l’intéressement des salariés). En 2007, l’épargne ne représentait plus que 54, 8% des profits et la part distribuée en représentait 44,5%. Soit une augmentation de plus de 10 points en 10 ans.

Créé le 23 février 2009 - Dernière mise à jour le 16 juillet 2009