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Enjeux et Objectifs

Nécessité de développer l’éducation financière du public

Selon une étude de l’OCDE de 2005 dans le cadre du Projet sur l’éducation financière, peu de pays ont mené des enquêtes systématiques mais le constat était unanime : il existe partout un déficit de maîtrise des questions financières par les particuliers.
Plus inquiétant encore : non seulement les particuliers ne connaissent ou ne comprennent généralement pas suffisamment le domaine financier, mais ils croient le plus souvent en savoir bien plus que ce n’est le cas. Une enquête australienne a en effet montré que si 67 % des personnes interrogées déclaraient comprendre le principe des intérêts composés, elles n’étaient que 28 % à donner la bonne réponse à un problème fondé sur cette notion.
Or les évolutions du monde social et des produits financiers rendent chaque jour plus urgente une éducation approfondie du grand public en matière financière.

Le transfert de la responsabilité financière vers le citoyen

On assiste à un déplacement croissant vers le citoyen des responsabilités et risques associés aux décisions financières.
Dans le domaine de la protection sociale, l’assuré bénéficie de garanties moins fortes qu’auparavant et doit recourir à l’épargne individuelle pour combler les vides laissés par l’insuffisance des garanties collectives.

Ainsi, les systèmes d’assurances complémentaires (santé, retraite…) se sont développés, d’abord dans les pays anglo-saxons, puis un peu partout dans le monde, en Suède, en France… L’exemple du passage progressif des retraites à prestations définies (le système collectif de retraites garantit le montant des pensions futures) vers les retraites à cotisations définies (seul le montant des cotisations est connu) en est l’illustration. Il semble dès lors indispensable de donner aux citoyens les outils leur permettant d’exercer ces nouvelles responsabilités en toute connaissance de cause.

La complexité croissante des produits et services financiers

Les marchés et les produit financiers étant de plus en plus complexes, les décisions qui incombent aux consommateurs de produits financiers sont très difficiles et nécessitent une solide connaissance des produits financiers, sans que le particulier en soit toujours conscient.
Les consommateurs n’ont en effet pas uniquement à leur disposition des prêts bancaires avec des taux d’intérêt différents ou des plans d’épargne différents, mais toute une gamme d’instruments d’emprunt et d’épargne perfectionnés et dotés de multiples options : prêt in fine, trackers, FCPI, asset-backed securities, produits garantis ou structurés…

Le fait que soit aujourd’hui soulignée la nécessité de mettre en place des programmes de formation des vendeurs de crédits non professionnels, dans le cas des crédits à la consommation) illustre bien le désarroi dans lequel peuvent se trouver les particuliers. Les affaires Benefic et Madoff démontrent que les particuliers, et pas seulement eux, dans le cas de l’affaire Madoff, qu’il s’agisse de petits épargnants ou de riches investisseurs, ne possèdent que rarement le temps et la capacité d’expertise nécessaires à une utilisation optimale des services financiers. Ils peuvent ainsi perdre gros à cause de contrats trop vite lus ou d’une confiance trop vite accordée à ceux qui les conseillent.

La crise des subprimes a aussi révélé les conséquences dramatiques de la rencontre entre des prêteurs trop confiants et rémunérés selon le nombre de prêts accordés, et des particuliers aux trop faibles revenus qui s’endettent dans des conditions très dangereuses (avec un crédit hypothécaire et à taux variable) sans en avoir conscience.

L’apprentissage par l’erreur est trop coûteux dans le domaine des finances personnelles

Dans ce domaine, il est particulièrement malaisé de se remettre d’une situation d’échec : s’extraire d’une spirale de surendettement présente de telles difficultés qu’il vaut mieux que tout soit mis en œuvre au préalable pour limiter les risques.
En 2009 une étude CSA/Cresus révèle que les crédits revolving sont impliqués dans 89 % des dossiers de surendettement, ce qui traduit une faible connaissance des mécanismes de crédit. En effet, user de ces crédits très chers lorsque l’on est déjà dans une situation précaire sur le plan financier est particulièrement dangereux.
Le travail de prévention est donc essentiel dans le domaine des finances personnelles, ce qui implique de mettre en œuvre une éducation financière efficace, et ce dès le plus jeune âge.

Le constat d’une attente de la population

Face à ces phénomènes, il semble que les populations expriment de manière croissante leur désir de disposer des connaissances financières de base.
Aujourd’hui les parents jouent un rôle fondamental dans l’approche que les jeunes ont de l’argent, notamment en France : ils sont la principale source de conseils dans ce domaine (pour 81 % des 15-20 ans).
Par ailleurs 49 % des 18-20 ans disent ne pas avoir reçu d’enseignement sur les notions d’argent et de finance dans le cadre de leur scolarité et 73 % sur la gestion du budget et les finances personnelles. Or, les parents étant eux-mêmes mal ou pas informés sur les problématiques de finances personnelles, il n’est pas étonnant que cet apprentissage se révèle insuffisant.
Enfin, 68 % des 15-20 ans se prononcent en faveur de l’instauration de cours d’éducation financière dès le collège ou le lycée.

Objectifs et bénéfices attendus

Objectifs

L’éducation financière va donc viser à donner à tous les citoyens un corpus de connaissances et de savoir-faire leur permettant de faire des choix pertinents dans le domaine financier, c’est-à-dire d’être en mesure d’analyser quels types de crédits et de placements sont les plus adéquats au regard de leurs objectifs.
Elle va également viser à accompagner les populations les plus défavorisées à qui il convient de donner à chacun accès à l’outil financier de base que constitue le compte bancaire. Dans l’ensemble des pays de l’OCDE, entre 3 et 10 % des gens n’ont pas accès à un compte bancaire, ce qui les exclut de fait de pans entiers de la vie sociale. Le problème est encore plus marqué dans les pays émergents.

Vertus de l’éducation financière

L’éducation financière peut se révéler également bénéfique pour l’ensemble du corps social. Les individus peuvent ainsi plus facilement optimiser la gestion de leur capital et anticiper financièrement les situations imprévues.

La diminution des risques d’exclusion financière permet aussi de renforcer l’intégration des plus défavorisés.

Enfin, l’économie elle-même se portera d’autant mieux que seront favorisés les comportements avisés en matière d’épargne et l’apport de liquidités aux marchés financiers.

Créé le 26 février 2010 - Dernière mise à jour le 26 février 2010