PRATIQUE

Acquérir des obligations

Comme les actions, les obligations s’achètent soit lors de leur émission par les emprunteurs (marché primaire), soit directement sur les marchés boursiers (marché secondaire). Il faut dans les deux cas passer un ordre de bourse via un intermédiaire agréé, qui inscrira ensuite les titres sur votre compte titres. Des frais sont prélevés pour ce service. Les Obligations Assimilables du Trésor français (OAT) sont les plus aisées à acquérir par les particuliers. Il est également possible d'acquérir des obligations en achetant des parts d'OPCVM spécialisés.

Le prix des obligations

Si vous achetez des obligations en bourse, ou des OAT, vous devrez vous prêter à une certaine gymnastique intellectuelle, car leur mode d’acquisition est spécifique. Le prix d’une obligation s’adapte en effet en permanence au niveau des taux d’intérêt des marchés financiers sur des durées équivalentes, afin que tous les titres de même durée servent un même taux.

Prenons un exemple simple : une obligation d’une valeur de 100 euros est émise avec un taux d’intérêt annuel de 5 % pendant dix ans, soit un coupon de 5 euros par an. Si les taux d’intérêt montent à 10 % le jour où vous achetez l’obligation, vous la paierez seulement 50 euros, car son prix aura été ajusté de telle sorte que les cinq euros de coupon correspondent aux taux du moment (50 euros X 10 % = 5 euros).

A l’inverse, si les taux diminuent à 3 %, le prix de l’obligation aura monté à 166 euros : ainsi, les cinq euros de son coupon correspondront bien à un taux de 3 % (166 X 3 % = 5 euros).
Dans la réalité, cet impact est amoindri par le temps. Au fur et à mesure qu’une obligation se rapproche de la date d’échéance, elle est de moins en moins sensible aux évolutions des taux.

La valeur d’une obligation cotée est toujours exprimée en « pourcentage » de son nominal, hors coupon couru (c’est-à-dire sans tenir compte de la partie du coupon qui sera détachée). Il faut donc effectuer des calculs précis pour savoir combien de titres acheter en fonction de la somme que vous êtes prêt à investir.

D’autres façons de détenir des obligations

Si vous craignez de ne pas prendre les bonnes décisions, n’achetez pas d’obligations en direct, et préférez les produits collectifs (OPC) comme les  Sicav et Fonds communs de placement obligataires. Ils vous libèrent de tout souci de gestion et permettent d’accéder à une large diversification qui diminue très sensiblement les risques. Mais leur valeur (on parle de valeur liquidative   Définition Il s’agit de la valeur d’une part de FCP ou d’une action de SICAV. Cette
valeur est obtenue en divisant le montant global du portefeuille des actifs (actions, obligations… ) détenus par le FCP ou la SICAV
par le nombre de parts ou d’actions émises. C’est la valeur à laquelle un épargnant rachète ses parts (mais il faut déduire les commissions de sortie) ou souscrit des parts (il faut alors ajouter à ce prix la commission d’entrée). Elle doit être publiée. Pour les plus gros OPCVM, elle est calculée chaque jour de bourse.
) peut baisser. En effet, ce qu'on comptabilise dans un fonds, c'est la valeur des obligations, qui baisse quand les taux montent. Il existe deux types d’OPC : ceux qui distribuent des revenus (généralement tous les mois ou tous les trimestres) et ceux qui capitalisent.

De même, si vous possédez un contrat d’assurance vie avec un fonds en euros, votre capital est alors majoritairement investi en obligations (de 80 % à près de 100 % selon les compagnies d’assurance) et même en obligations d’Etat, qu’il s’agisse de l’Etat français (on parle alors d’OAT – voir plus bas)   ou d’autres Etats européens.

Ici, vous ne subissez aucune perte en capital car l'assureur vous garantit la progression de votre épargne pendant toute la durée de détention des parts du fonds en euros.

Des OAT accessibles à tous

Alors que les obligations sont parfois difficilement accessibles aux particuliers, car prises d’assaut par les gérants des fonds collectifs et les investisseurs institutionnels, l’Etat a décidé de faciliter l’accès à ses titres d’emprunt phare : les OAT. Depuis janvier 2006, un véritable marché secondaire des OAT a été mis en place sur NYSE-Euronext, doté de mécanismes permettant aux acheteurs individuels d'acheter ou de vendre facilement les OAT, quelle que soit la taille de leurs ordres. Grâce à l'engagement d'établissements financiers teneurs de marché, la liquidité y est assurée et les investisseurs peuvent toujours trouver un prix auquel acheter ou vendre les OAT.
Plusieurs types d’OAT sont ainsi accessibles : les classiques OAT à taux fixe, celles qui sont indexées à l’inflation, mais aussi des OAT de capitalisation, qui remboursent au terme le capital et le cumul des intérêts.

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Créé le 17 mars 2008 - Dernière mise à jour le 10 septembre 2015
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