PRATIQUE

Les fonds à formule

Fonds garanti, fonds « protégé » et fonds sans protection

Dans cette famille, il faut distinguer trois grands types de placements, car le risque est bien différent : les fonds à capital garanti, les fonds protégés et les autres fonds à formule. Les premiers préservent la restitution totale du capital investi hors frais d’entrée, les seconds assurent une partie seulement de la garantie du capital à l’échéance (par ex 90 % du capital) et les troisièmes ne sont ni garantis, ni protégés.

Ces fonds « à formule » reposent tous sur une hypothèse de rendement, bien souvent liée à la réalisation d’un scénario boursier. Par exemple, que l’indice CAC 40 progresse d’au moins 20 % sur 5 ans ou encore qu’un panier de valeurs cotées définies lors de la souscription ne subisse pas une baisse supérieure à 10 %... D’un fonds à l’autre, les éléments composant la fameuse « formule » ne sont jamais les mêmes. Et c’est bien là le problème pour l’investisseur néophyte…

  • Les fonds garantis offrent obligatoirement une garantie de 100 % du capital investi (hors droits d’entrée). Mais il faut savoir que cette garantie coûte cher ! Il est donc structurellement impossible d’espérer capter toute la hausse des marchés boursiers tout en bénéficiant de la protection du capital. Dans la plupart des cas, on peut espérer obtenir au terme une rémunération proche du taux sans risque, guère plus. Et il faut bien sûr attendre l'échéance! Seuls ces fonds peuvent afficher la mention « garantie en capital à l’échéance ».
  • Les fonds « protégés », c'est-à-dire à garantie partielle du capital à l’échéance permettent d’espérer un meilleur rendement que les fonds 100 % garantis. Mais il existe bel et bien un risque en capital.
  • Les autres fonds à formule ne promettent une protection du capital investi qu’à condition que le scénario se réalise … Mais en réalité, cette protection partielle tombe si une certaine limite est atteinte ! Par exemple, un fonds annonce une promesse de rendement égale à 6 % si l’indice CAC 40, au terme prévu, n’a pas perdu plus de 20 %. Si ce scénario est respecté au terme du fonds, le rendement sera bien de 6 %. Mais si le CAC 40 a perdu 25 %, vous ne récupérez que 75 % de votre mise… Dans les faits, ces fonds sont limités à la hausse et indiciels à la baisse, puisqu’ils ne répercutent qu’une partie de la progression de l’indice de référence (dans notre exemple si le CAC a progressé de 15 %, le client ne « touche » que 6 %) mais qu’ils intègrent toute la baisse dans les cas extrêmes. 

L’AMF veille au grain

L’Autorité des marchés financiers rappelle fréquemment que l’information doit être « claire, exacte et non trompeuse », et qu’elle doit être équilibrée. Sur le sujet des fonds à formule garantis, par exemple, il n’est pas possible d’afficher les notions de « performance » et de « sécurité » sans autres précisions (la préservation du capital se fait toujours au détriment de la performance).

Dans le même esprit, l’AMF et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) ont renforcé leur vigilance sur les produits financiers complexes. Lorsque ces fonds présentent des formules si compliquées qu’on ne peut pas les expliquer, l’AMF impose que figure sur les documents commerciaux la mention « l'AMF considère que ce produit est trop complexe pour être commercialisé auprès des investisseurs non professionnels et n'a dès lors pas examiné les documents commerciaux »

Créé le 12 avril 2012 - Dernière mise à jour le 23 septembre 2016
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