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Epargner pour la retraite

Faut-il choisir des placements spécifiques ?


La loi de 2003 sur la réforme des retraites a ouvert à toute personne la possibilité de se constituer une épargne en vue de la retraite en complément des régimes par répartition soit à titre privé ou dans le cadre de son activité professionnelle.
Trois dispositifs ont été créés : le plan d’épargne retraite populaire (PERP), le plan d’épargne retraite entreprise (PERE), le plan d’épargne retraite collectif (PERCO). Ils complètent les dispositifs d’épargne retraite déjà existants : contrats Madelin pour les non salariés, Préfon ou Cref/Corem pour les fonctionnaires, retraites supplémentaires à prestations définies (retraites chapeau) ou à cotisations définies mises en place dans certaines entreprises.

Mais on peut aussi penser à préparer financièrement sa retraite avec d’autres affectations de son épargne, telles que l’immobilier, l’assurance vie, ou d’autres placements en bourse. Du reste quand on interroge les Français sur les types de placement qui ont leur préférence pour bien préparer leur retraite, ils placent en 1ère position l’achat de sa résidence principale, en 2 l’assurance vie, puis la possession d’un livret ou d’un plan d’épargne en actions et seulement après les dispositifs spécifiques.



Plusieurs raisons peuvent justifier ces choix :

• acheter sa résidence principale quand on est actif permet de n’avoir plus à payer ni loyer ni frais d’emprunt quand on est retraité et que l’on dispose de revenus inférieurs. On peut aussi avoir en tête de pouvoir vendre au moment de sa retraite pour une habitation plus petite ou dans un lieu moins coûteux et disposer ainsi d’un capital complémentaire. Certains vendent aussi en viager, ce qui permet de continuer à habiter dans sa résidence et de toucher un capital (« bouquet ») ou une rente viagère.

• investir dans l’immobilier pour louer peut–être relativement avantageux quand on est actif (les loyers payant une plus ou moins grande partie du coût des emprunts) et permet de disposer à la retraite d’un revenu régulier ou d’un capital.

• l’assurance vie produit d’épargne financière favori des Français permet de concilier plusieurs objectifs : la constitution d’un capital, la préparation d’une transmission de patrimoine. Il permet mais n’oblige pas à des versements réguliers. Des retraits sont possibles. Il offre plusieurs options de placements et reste fiscalement assez avantageux.

• les dispositifs d’épargne retraite peuvent paraître imposer davantage de contraintes : les sommes versées sont bloquées (sauf motif exceptionnel) jusqu’à l’âge de départ en retraite à 60 ans ou au-delà. L’épargnant s’engage pour longtemps et le plus souvent pour plusieurs décennies. Et, le plus souvent, ce sont des produits dits « tunnel » : on ne peut en sortir que sous forme de rente viagère ; sans pouvoir effectuer de retraits en capital.

Mais si l’on part de l’objectif qui est de se constituer un revenu complémentaire régulier et sécurisé pour toutes ses années de retraite, l’intérêt des formules spécifiques de l’épargne retraite est évident :

• Une épargne longue opérée par des versements réguliers s’avère plus fructueuse qu’une épargne plus importante mais plus courte
• l’importance des versements peut être variable selon les moments de la vie et les revenus perçus. Alors que l’on a souvent tendance à reporter ou à minimiser son épargne pour un but éloigné comme la retraite, les dispositifs d’épargne retraite permettent de « s’imposer » à soi même une règle de conduite du type « épargner plus demain », c’est-à-dire non pas immédiatement mais dans l’avenir, en particulier après une augmentation de salaire.
• l’épargne retraite est en général un cadre approprié pour réaliser des placements en actions qui en moyenne sur longue période rapportent plus que les obligations ce qui a des effets cumulatifs importants sur le revenu complémentaire que l’on peut espérer obtenir au bout de 25 ou 30 ans. Mais attention, cette conclusion repose sur des observations historiques (sur le passé) et sur des portefeuilles d’actions très diversifiés.

De plus, certains produits d’épargne retraite sont pourtant majoritairement placés en obligations (cas des produits dits « en points » comme Préfon ou le Cref/Corem par exemple). D’autres le sont obligatoirement à partir d’un certain âge (cas des PERP ; voir article sur ce sujet).
Les dispositifs d’assurance vie ne sont pas toujours aussi favorables, les placements d’assurance vie dits « en euros » étant très majoritairement investis en obligations. En revanche les contrats d’assurance vie dits « en unités de compte » permettent des placements en actions.
Mais d’autres dispositifs présentent de telles caractéristiques et sont également adaptés. C’est notamment le cas du PEA (Plan d’épargne en actions), dans la limite de versement autorisé de 132 000 € par personne (264000 € pour un couple).



Les exemples donnés ci-joints permettent de bien mesurer ces enjeux.

en savoir plus
« De l’importance des rendements sur les résultats »



Capital de départ
Versements mensuels
Durée du placement
Rendement annuel net
Gains
Capital obtenu en fin de placement
0
150 €
30 ans
2 %
19 908 €
73 908 €
0
150 €
30 ans
4 %
50 107 €
104 107 €
0
150 €
30 ans
5 %
70 838 €
124 838 €

Les versements totaux sont de 54 000 €. Dans la première hypothèse (2% de rendement) le gain total est d’environ 20 000 €. Avec un rendement moyen 2 fois plus élevé, il est de 50 000 € soit 2 et ½ fois plus. Avec un rendement de 5% annuel le gain est 3,5 fois plus important.
Vous pouvez prendre pour exemple vos propres données et vérifier les différents enjeux des placements en utilisant notre calculateur d’épargne.


Un conseil :

Quand on interroge les Français qui préparent financièrement leur retraite pour savoir comment ils calculent le montant de leur épargne, 1/3 répond qu’il ne calcule pas vraiment, plus de ½ (56 %) répond qu’il le fait en fonction de son revenu et moins de 1/10 en fonction du revenu qu’il aimerait atteindre à la fin du plan d’épargne, au moment de partir en retraite. C’est la minorité qui a raison. Il faut partir de l’objectif final pour constituer le programme d’épargne le mieux adapté en terme d’effort, de durée et d’arbitrages entre rendement et risques.

Créé le 7 novembre 2007 - Dernière mise à jour le 5 août 2009