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Fiscalité

Fiscalité n’est pas raison


Le comportement d’épargne des Français est loin d’être optimal. Les Français affectent une part beaucoup trop faible de leur épargne financière aux actions (autour de 20 % en y incluant les actions détenues indirectement via des fonds collectifs (OPCVM) et les actions non cotées qui correspondent souvent à la détention par des entrepreneurs des actions de leur entreprise). Du coup, l’épargne est moins bien rémunérée. Et les entreprises françaises doivent se tourner davantage vers des investisseurs étrangers. Pourtant les avantages fiscaux en faveur de la détention d’actions sont importants (7 Milliards d’€ annuels environ). Il y a comme on dit quelque chose qui cloche. Les incitations fiscales fonctionneraient-elles mal ?



Deux raisons majeures à cela :

  • La première : les produits sans risque (livrets, obligations, assurance-vie en euro) bénéficient d’avantages fiscaux importants et finalement plus incitatifs. La seconde : la plus grande partie des épargnants ne sont pas concernés par d’éventuels avantages fiscaux sur les actions. Moins de 1 % des contribuables profitent de l’imposition à 16 % des plus-values mobilières qui, elle-même représente près de la moitié des exonérations fiscales totales consacrées aux actions. Résultat, selon une étude du Ministère de l’Economie publiée en décembre 2005) (Influence de la fiscalité sur les comportements d’épargne. DGTPE –Diagnostics Prévisions et Analyses Economiques), les épargnants peu enclins à prendre des risques avec leur épargne « sont incités à détenir moins d’actions, et deux fois trop de liquidités par rapport à un portefeuille optimal ». Et les épargnants prêts à prendre des risques « sont conduits sous l’influence de la fiscalité à saturer leur PEA jusqu’au plafond de 132 000 €. Au delà, la fiscalité devient relativement dissuasive et les conduit à détenir deux fois moins d’actions et à se reporter sur des contrats d’assurance vie en unité de comptes relativement peu diversifiés en actions, en cherchant à profiter des abattements dont bénéficient ces contrats ».
  • L’étude du Ministère de l’Economie souligne une autre cause : les épargnants et les distributeurs de produits d’épargne sont trop focalisés sur le seul argument fiscal : « Les ménages, comme les institutions commercialisant les produits d’épargne, se focalisent sur les avantages fiscaux de ces produits, leurs caractéristiques en termes de rendement, de risque et de frais de gestion passant au second plan ». Avec pour conséquence de risquer de perdre plus sur le rendement de l’épargne que ce qu’on gagne en avantage fiscal. Voire même de prendre un produit dont l’avantage fiscal ne correspond pas à sa situation personnelle (comme ce fut le cas semble-t-il pour un nombre non négligeable de personnes au moment du lancement du Plan d’Epargne Retraite Personnel).


Conclusion :

N’ayez pas l’œil rivé sur la seule dimension fiscale de votre placement. Demandez à votre banquier, votre assureur ou votre conseiller une information complète sur toutes les dimensions de vos placements.

Créé le 14 juin 2007 - Dernière mise à jour le 1er juillet 2007