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Les mots de la Finance

Inflation, déflation, stagflation, récession


Inflation

Il s’agit d’une situation de hausse généralisée et durable des prix des biens et des services. Cette situation correspond à une baisse du pouvoir d’achat de la monnaie. En clair, avec la même somme d’argent, on peut acheter moins de choses qu’auparavant.

Des hausses de prix de certains biens et services se produisent constamment (pétrole, autres sources d’énergie par exemple ces dernières années). Tant qu’elles sont plus ou moins compensées par des baisses de prix d’autres produits et services (ordinateurs, vêtements…) on ne parle pas d’inflation. C’est ce qui s’est passé ces dernières années dans la plupart des pays industrialisés. Pour qu’il y ait situation d’inflation, il faut une hausse du niveau général des prix. Dans cette situation, le phénomène aura tendance à s’auto entretenir ou à s’accélérer. Un niveau trop élevé d’inflation est jugé négatif ou dangereux pour le pouvoir d’achat de certaines catégories sociales (ceux qui ne peuvent obtenir une bonne indexation de leurs revenus) et pour la croissance économique. Les banques centrales sont en règle générale chargées d’empêcher que l’inflation s’installe. Nos gouvernants et notre société en général ont encore à l’esprit le souvenir de l’Allemagne de Weimar, juste après la première guerre mondiale, où l’inflation était telle qu’il fallait des brouettes pour transporter les billets nécessaires à l’achat d’un pain ; cette inflation et l’appauvrissement d’une partie de la population qui s’en est suivi sont une des causes de la montée du nazisme.

C’est sans doute ce souvenir collectif qui explique que la Banque Centrale Européenne ait une telle hantise de l’inflation. Pour certains, cette crainte est excessive. L’inflation aurait certaines vertus : elle favorise les emprunteurs et va souvent de pair avec un certain niveau de croissance. Les critiques de la BCE font valoir que les politiques mises en place pour lutter contre l’inflation ont pour effet de limiter la croissance.

La plupart du temps, pour évaluer le taux d’inflation on utilise l’indice des prix à la consommation. Mais on regarde également l’indice des prix à la production. Le problème est que ces indicateurs n’intègrent pas l’évolution des prix des actifs financiers.

Déflation

La déflation peut être définie comme le contraire de l’inflation, à savoir une situation de baisse générale et durable des prix.

Ce phénomène a pour particularité d’être généralement auto-entretenu, à l’instar de l’inflation, dans la mesure où là aussi, les opérateurs économiques anticiperont la situation en baissant les prix des biens qu’ils vendent.

Il ne faut pas confondre avec le terme désinflation, qui évoque une situation d’inflation dont le niveau se réduit.

La déflation est encore plus dangereuse que l’inflation et il est encore plus difficile d’y échapper. C’est pourquoi les autorités publiques (gouvernements et banques centrales) cherchent à la combattre avant même qu’elle apparaisse.

En effet si les consommateurs prévoient une baisse des prix ils reportent leurs achats. Et les producteurs font de même s‘ils anticipent une baisse des matières premières et autres composants de leurs productions. La demande a tendance à devenir supérieure à l’offre, les prix baissent et les producteurs s’adaptent en réduisant leur production, ce qui a un effet sur l’emploi. Les revenus distribués diminuent, ce qui a pour effet de baisser la demande et d’entretenir un véritable cercle vicieux. Celui-ci sera encore aggravé par le fait que si les revenus des entreprises et des ménages diminuent, leurs dettes et les charges financières ne baissent pas avec les prix. Au contraire elles vont peser de plus en plus lourd.

Pour éviter de mettre le doigt dans l’engrenage, les banques centrales ne se fixent jamais l’objectif de zéro inflation. Par exemple la Banque Centrale Européenne vise à maintenir les taux d’inflation à un niveau inférieur à, mais proche de 2 % à moyen terme.

Stagflation

Cette expression, contraction de « stagnation » et d’ « inflation », désigne une situation économique combinant à la fois :

 un ralentissement sensible du taux de croissance (souvent accompagné d’un fort taux de chômage)
 et un taux d’inflation élevé.

Pendant longtemps, on a pensé que les deux notions s’excluaient l’une l’autre et qu’on ne pouvait avoir de la croissance qu’en acceptant l’inflation et inversement que si on luttait contre la hausse des prix, on aurait une faible croissance. C’était l’un ou l’autre.

L’expression de « stagflation » a été créée dans les années 1970 pour caractériser une situation économique inédite, lorsque les prix du pétrole et des autres matières premières montant en flèche, ont entrainé à la fois une accélération de l’inflation et un fort ralentissement de la croissance dans les pays industrialisés.
La stagflation rend la tâche des politiques monétaires particulièrement complexes. L’inflation devrait amener la (ou les) banques centrales du ou des pays concernés à conduire une politique monétaire plus restrictive. Mais cela a toute chance d’avoir un impact négatif sur la croissance. Inversement si la banque centrale mène une politique monétaire expansionniste pour contrer le ralentissement de la croissance, cela peut alimenter l’inflation forte. En quelque sorte la Banque centrale est placée dans la situation d’un conducteur automobile qui doit conduire avec un pied sur l’accélérateur et un pied sur le frein. Pas simple et gros risque de tête à queue.

Au début des années 1980, les Etats-Unis sont sortis de ce dilemme en menant pendant un certain temps une politique monétaire de taux d’intérêt élevés privilégiant la lutte contre l’inflation au prix de l’acceptation d’une récession.

Y a –t-il actuellement à nouveau stagflation ? L’ancien Président de la Réserve Fédérale américaine, Alan Greenspan, a exprimé en décembre 2007 sa crainte qu’elle ne réapparaisse aux Etats-Unis [1] . De fait la croissance a ralenti très fortement. Beaucoup d’observateurs pensent même que l’économie des Etats-Unis connait déjà une récession. L’emploi commence à reculer et l’inflation est plus forte (supérieure à 4 %). La politique monétaire de la Banque centrale privilégie le risque pesant sur la situation des banques et la croissance par une politique très active de baisse des taux et d’injection de liquidités. La menace inflationniste portée surtout par les prix du pétrole et des matières premières devrait reculer si la croissance mondiale faiblit. A ceci près que la politique monétaire et la crainte (ou la réalité) de la récession ne précipite une chute du dollar. Et celle-ci constitue un facteur d’inflation non négligeable en générant une hausse du prix des importations aux Etats-Unis

Récession

Dans un cycle économique, une récession est une phase de diminution passagère de la production.

Le graphique ci-dessus montre clairement que la croissance économique en France n’est pas continue. Elle connait des phases de croissance plus forte, et d’autres plus faibles voire négatives (année 1993). L’existence d’une telle alternance plus ou moins régulière se retrouve dans tous les pays industrialisés. Elle constitue ce que l’on appelle un cycle économique. Celui-ci présente en général quatre phases successives. Une phase d’essor appelée également expansion, une phase de retournement, une phase descendante de croissance plus ou moins ralentie voire négative et une phase de reprise. Selon les cycles et les périodes économiques chaque phase peut être plus ou moins longue et de plus ou moins grande ampleur. Cela se lit également sur le graphique ci contre. Par exemple dans l’ensemble du monde la phase de croissance que l’on a connue ces dernières années a été forte et longue (Phase d’expansion de 5 ans environ de l’ordre de 5 % par an).

De même pour les phases descendantes qui peuvent ne correspondre qu’à une croissance ralentie ou à un recul de la production (croissance négative), et durer plus ou moins longtemps. Selon la définition donnée aux Etats-Unis et reprise maintenant pratiquement partout, une récession correspond à une phase descendante caractérisée par un recul de la production d’au moins deux trimestres. Si le recul dure moins longtemps ou si la croissance reste positive on parle de ralentissement. On parle de dépression si la diminution de la production est plus forte et plus durable.



D’après Insee : Comptes nationaux

Dernière mise à jour le 26 mars 2008

Notes

[1] Entretien télévisé le 16 décembre 2007, cité par le journal Le Monde ( 18/12/2007)

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