Epargne
Le couple rendement-risque
Pourquoi ce couple ?
Parce que les investisseurs, qui ont une aversion au risque, ne sont prêts à prendre plus de risques qu’en échange d’un rendement attendu supérieur. Symétriquement, un investisseur souhaitant améliorer la rentabilité de son portefeuille doit accepter de prendre plus de risques. Au total, chaque investisseur étant plus ou moins « risquophobe » a sa propre appréciation de l’équilibre « optimal » risque/rendement. Le détenteur d’un gros portefeuille acceptera peut-être facilement un risque élevé pour une partie de ses avoirs. Le placement sans risque par excellence est représenté par les emprunts d’Etat. On est sûr, à presque 100%, au moins s’agissant de l’Etat français ou de tout Etat d’une économie développée, que l’Etat remboursera ses dettes. C’est l’Etat qui trouve les ressources les moins chères et, du point de vue de l’investisseur, c’est le placement qui est le moins rémunérateur.
La volatilité est un élément important de l’appréciation du risque.
La volatilité mesure les fluctuations du prix des titres financiers, actions, devises, obligations etc…. Plus une action sera « volatile » et plus son cours sera sensible aux bonnes et aux mauvaises nouvelles concernant l’entreprise ou les marchés. Une volatilité élevée signifie que le cours varie de façon importante et donc que le risque associé à la valeur est important. La volatilité du cours des actions est supérieure à celle des obligations. Mais les études statistiques montrent également que le temps réduit la volatilité des actions. Par conséquent, la détention longue réduit le risque.
La prime de risque
C’est la différence entre le rendement d’un emprunt d’Etat et le rendement d’un investissement plus risqué, comme une obligation d’entreprise ou une action. Autrement dit, c’est le complément de rémunération que l’investisseur doit se voir proposer pour accepter d’acheter ces obligations ou ces actions plutôt que de souscrire à des emprunts d’Etat. A contrario, plus une entreprise est en situation difficile, plus grands sont les doutes sur sa capacité à rembourser ses emprunts (obligations) ou à dégager des bénéfices (actions), plus le prix des obligations qu’elle émet sera faible et le cours de ses actions bas.
Le prix des obligations se compare par référence directe au prix des emprunts d’Etat. Il est toujours plus élevé, parce que le risque de défaillance de l’emprunteur est plus grand. Si l’investisseur veut céder son obligation avant le terme, le prix qu’il recevra sera lié à l’évolution des taux d’intérêt. Si les taux ont monté, son obligation perdra de sa valeur quand elle sera vendue avant l’échéance, puisqu’elle offre un rendement moins élevé que les nouvelles obligations.
S’agissant des actions, on considère traditionnellement qu’elles sont plus performantes sur le long terme que les obligations en raison du risque plus élevé qu’elles représentent.

Le paradoxe des actions
Pourtant, diverses études tendent à prouver qu’à long terme, les actions ne sont pas plus risquées que les obligations, bien qu’elles offrent un bien meilleur rendement. Les bonnes et les mauvaises années se neutralisent. Sur le long terme, les actions ne seraient pas plus risquées que les obligations et pourraient convenir même aux investisseurs les plus prudents. Le meilleur rendement des actions pourrait quand même s’expliquer par le risque d’effondrement total du marché, sauf que… de toutes les catastrophes qui ont été analysées, les obligations ont enregistré une rentabilité plus faible que les actions. Donc, sur le long terme, les actions ne sont définitivement pas plus risquées bien qu’ayant un meilleur rendement… Pourtant, les fonds de pension américains qui, gérant les retraites, devraient avoir une vision à long terme, ont des portefeuilles investis à 60% seulement en actions. Pourquoi ? Parce que les gestionnaires sont également jugés sur leurs performances à court terme et que personne n’a envie, une année donnée, d’avoir de mauvaises performances.
Mais il reste nécessaire de se protéger contre les mauvaises performances à court terme. La meilleure manière est d’avoir un portefeuille diversifié. Ceci abaissera le niveau de risque et sans doute aussi le rendement moyen espéré, mais cela permet de se situer plus haut en terme de rendement tout en respectant son « niveau d’aversion au risque ».
La durée du placement
Plusieurs études (de l’INSEE, de l’AMF et de l’AFG) ont démontré que la probabilité de réaliser un gain s’accroît avec la durée de placement et que l’allongement de la durée de placement permet de réduire les risques de perte, même si cet allongement peut aussi réduire les chances d’un gain maximal particulièrement élevé. Aussi robustes que soient ces constats, il convient de souligner qu’ils ont été établis à partir de statistiques passées sur moyenne et longue période, qui ne permettent pas, en tout état de cause, de présumer des performances à venir de moyen et long terme du CAC 40.
Dernière mise à jour le 22 juin 2007



