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Le partage global de la valeur ajoutée entre salaires et profit

Mis à part les impôts sur la production (la taxe professionnelle, la taxe foncière et le versement transport…), la valeur ajoutée est répartie globalement entre rémunération du travail (« les salaires ») et rémunération du capital (profit global, aussi appelé « Excédent brut d’exploitation »), qui est elle-même calculée par différence : l’Excédent brut d’exploitation est ce qui reste quand on a retranché les « salaires » de la valeur ajoutée.


Un partage globalement stable


Le rapport Cotis souligne la grande stabilité de ce partage depuis une vingtaine d’années.





Mais cette stabilité d’ensemble cache des évolutions importantes :


- Salaire net et cotisations sociales


Les « salaires » sont constitués de deux parties : ce que perçoivent effectivement les salariés, ce qu’on appelle le salaire net et les cotisations sociales (patronales et salariales) qui servent à financer les pensions de retraites, les allocations chômage, la couverture santé… (le rapport Cotis appelle « masse salariale totale » les salaires « superbruts » par opposition avec les salaires bruts qui n’incluent que les cotisations salariées et non les cotisations patronales). Le rapport Cotis souligne que les cotisations croissantes ont conduit à un décrochement du salaire net par rapport à la rémunération « superbrute ». Au total, le salaire net de 2007 n’est supérieur que de 20% à celui de 1983, soit moins de 1% de croissance annuelle en termes réels. Pourtant, si cette observation est pertinente sur la période 1960-1989, depuis 20 ans la part des cotisations sociales patronales et salariales dans la masse salariale totale (salaires superbruts) semble s’être nettement stabilisée.






- Salaire net par tête et revenu salarial


Il convient aussi d’expliquer la distinction établie entre « salaire net par tête » et « revenu salarial par tête ». Le salaire net par tête divise la masse salariale par le nombre total de personnes en emploi, mesurant ainsi la rémunération moyenne pour quelqu’un travaillant toute l’année. Mais devant la précarisation croissante des travailleurs, il a semblé utile de développer un nouvel outil de calcul, le revenu salarial. Celui-ci ramène la masse salariale au nombre de personnes ayant travaillé durant l’année (mais pas forcément l’année entière). Selon le rapport, le revenu salarial stagnerait depuis une trentaine d’années. Ceci s’explique par une baisse du nombre de jours annuellement rémunérés des salariés du secteur privé et d’une montée en puissance des contrats précaires (CDD, intérims, période de chômage…).


- Les inégalités de rémunérations salariales


Enfin si le partage de la valeur ajoutée a peu évolué globalement et que la part des rémunérations est restée au même niveau, cette vision globale ne doit pas masquer d’importantes divergences entre les entreprises (dans les PME et les entreprises de services la part des salaires dans la valeur ajoutée est plus forte) et entre les salariés eux-mêmes.


La part des salaires du sommet de l’échelle (c’est-à-dire le 1% de salariés les plus rémunérés) dans la masse salariale totale s’est nettement accrue. Elle était de 5,5 % du total des salaires versés en 1996, elle est de 6,5 % en 2006. Cela traduit une hausse de leur rémunération nettement supérieure (dans l’absolu et proportionnellement) à celle des autres salariés.


Deux divergences fortes dans l’évolution des rémunérations des salariés sont ainsi pointées : la baisse de revenu pour les salariés les plus précaires qui ne travaillent pas à temps complet ou sur toute l’année, et la forte hausse des revenus déjà les plus élevés.

Créé le 22 mai 2009 - Dernière mise à jour le 9 juin 2009