Patrimoine
Le patrimoine des Français
Les difficultés statistiques pour évaluer le patrimoine sont plus importantes que pour estimer le revenu. Mais même avec leurs imperfections, les évaluations fournies par l’Institut national de la statistique (INSEE) donnent des indications intéressantes, notamment en ce qui concerne la composition et la répartition du patrimoine des ménages français.
Globalement, les ménages détiennent un patrimoine brut estimé, fin 2005, à environ 9000 milliards d’euros soit un patrimoine net de 8000 milliards d’€, déduction faite d’environ 1000 milliards de dettes. Cela représente 80 % du patrimoine national et inclut le patrimoine professionnel des entrepreneurs individuels .
L’immobilier, poids lourd du patrimoine des ménages1.
Fin 2005, la valeur des propriétés immobilières représentait 66 % du patrimoine brut des ménages, réparti à peu près à égalité entre la valeur des logements et celle des terrains. Cette part s’est accrue sensiblement en 10 ans, du fait de la hausse des prix des actifs immobiliers sensiblement plus forte en moyenne que celle des actifs financiers, et parce que cette inflation n’a pas empêché la poursuite du mouvement d’achat de logement. Fin 2005, 57 % des ménages sont propriétaires ou accédant à la propriété de leur logement, alors qu’ils étaient moins de 55 % dix ans plus tôt. Le patrimoine financier représente environ 1/3 du patrimoine total réparti à peu près également entre les assurances vie (12 %), les actions et autres titres de participation (10 %) et l’argent déposé dans des comptes bancaires ou des comptes d’épargne (10,5 %). Les dettes des ménages auprès d’établissements financiers représentent un peu plus de 10 % de leur patrimoine brut. Il s’agit de l’ensemble des dettes, aussi appelé « encours », et non pas des crédits supplémentaires effectués dans l’année. L’endettement a augmenté depuis 10 ans plus vite que le revenu. Mais compte tenu de la hausse des prix immobiliers et des actifs financiers, la dette représente une part en baisse du patrimoine des ménages : 12 % en 1995, 10 % en 2005.

De fortes inégalités
Les inégalités de répartition du patrimoine sont beaucoup plus fortes que celles des revenus. Cela s’explique logiquement. D’une part, les héritages sont souvent plus élevés au sein des familles disposant de hauts revenus. D’autre part, des revenus plus élevés génèrent une plus forte capacité d’épargne et d’endettement, et donc, année après année, une plus forte accumulation patrimoniale. Selon des données publiées par le Conseil de l’Emploi des Revenus et de la Cohésion Sociale (CERC), « en 2004, alors que les 10 % les plus riches parmi les ménages possèdent un patrimoine supérieur à 382 000 euros par ménage, les 10 % les moins riches ne disposent que de moins de 900 euros ». Ainsi, les ménages les plus riches (1 %) possèdent 13 % du patrimoine. Les 10 % les plus riches en possèdent près de la moitié (46 %), alors que les 50 % les moins riches n’en détiennent que 7 % .
La catégorie sociale et l’âge sont d’autres facteurs déterminants. Le patrimoine se constitue tout au long de la vie et l’héritage intervient le plus souvent dans la deuxième partie de sa vie. De ce point de vue, deux évolutions peuvent être soulignées. D’une part, avec l’allongement de la vie, on hérite de plus en plus vieux. D’autre part, les débuts dans la vie professionnelle sont plus difficiles. Au total, le patrimoine relatif des ménages les plus jeunes (personnes de référence de moins de 30 ans) est en recul2.
Extrait de « Epargne et patrimoine des ménages : données macroéconomiques et données d’enquêtes » Jean Boissinot et Adrien Friez, dans L’économie française - Comptes et dossiers - Édition 2006-2007, INSEE
Sources du tableau : Comptes nationaux base 2000 - INSEE et Banque de France
1 - Les données fournies ici sont extraites du dossier Epargne et Patrimoine des ménages dans l’Economie Française 2006 et notamment de l’article de Jean Boissinot et Adrien Friez : « Epargne et patrimoine des ménages : données macroéconomiques et données d’enquêtes ».
2 - La France en transition 1993-2005 Rapport du CERC 2006
Créé le 8 février 2008 - Dernière mise à jour le 1er septembre 2008










