Jeunes | Actifs | Seniors | Espace Enseignants et Formateurs | Espace Enfants | Doc | Boite à Outils | Tronc commun | Les mots de la finance | Les formations | Page d’accueil | Espace Presse | Questions/réponses | Nos partenaires | « Une journée pour optimiser son budget » | Les mots de la retraite | Guide pédagogique

Le plan de sauvetage de la Grèce

En octobre 2009, suite à la victoire des socialistes aux élections législatives en Grèce, le nouveau gouvernement de Georges Papandreou annonce que le gouvernement précédent de Costas Caramanlis a caché la réalité de la situation des finances publiques qui est en fait très dégradée avec un déficit supérieur à 10 % et une dette de 115 % du PIB.

Cercles vicieux

Le doute s’installe sur la capacité de la Grèce à tenir ses engagements à l’égard de ses créanciers. Les spéculateurs parient en ce sens. Les agences de notation dégradent brutalement la notation de la dette publique grecque. Cela a pour conséquence de renchérir considérablement les taux d’intérêt sur les emprunts de l’Etat grec (à la fois ceux qu’il doit effectuer au titre de sa dette arrivant à échéance et ceux qui résultent du déficit qui se creuse) et donc d’aggraver considérablement les déficits et la situation financière générale de ce pays. L’annonce d’un plan d’austérité par le gouvernement Grec ne suffit pas à diminuer la spéculation et les taux d’intérêt exigés sur la dette grecque. La situation devient insoutenable. Les taux d’intérêt exigés sur la dette grecque montent au dessus de 10%.

Restructuration ou plan de sauvetage

Il n’y a plus alors le choix qu’entre une cessation de paiement (totale ou partielle) de l’Etat grec accompagnée d’une restructuration de la dette et la mise en place d’un plan de sauvetage mettant à disposition de l’Etat grec des financements à de bien meilleures conditions que celles imposées par le marché. C’est cette dernière option qui a été choisie le 2 mai 2010. L’objectif est que, la perspective d’une défaillance financière de l’Etat grec reculant, les conditions d’emprunt de la Grèce sur les marchés s’améliorent également.

110 milliards sur trois ans

Le besoin de financement de l’Etat grec est estimé à 100 milliards pour les trois prochaines années.
Les Etats de la zone Euro mettent à disposition de la Grèce 80 milliards d’euros, sur trois ans dont 30 milliards d’euros au cours de la première année. Il s’agit de prêts bilatéraux qui seront accordés par chaque Etat à un taux moyen de 5 % annuel. Pour financer ces prêts, les Etats emprunteront sur les marchés financiers en-dessous de ce taux grâce à leur meilleure notation.

Les taux de la dette publique française, variables selon la durée des emprunts, ne dépassent pas 4 %. Pour la France le montant maximal du prêt adopté par le Parlement à la quasi unanimité est de 16,8 milliards d’euros sur trois ans, dont 3,9 milliards en 2010.


Sources Bloomberg et Agence France Trésor

En outre, le FMI met à disposition 30 milliards d’euros sur trois ans dont 15 en 2010 à un taux d’intérêt compris entre 4 et 5 %.

Austérité drastique

L’aide est soumise à la condition que le gouvernement grec mette en œuvre un 2ème plan d’austérité drastique s’ajoutant au premier annoncé quelques semaines auparavant. Le tout est destiné à ramener le déficit public, proche de 13,5 % en 2009 à moins de 3 % en 2014. Le premier plan d’austérité prévoyait un gel de toutes les retraites pour les trois ans à venir. Le second fait de plus passer les cotisations de 37 à 40 annuités d’ici à 2015. A terme, l’âge de la retraite pourrait être encore repoussé jusqu’à 67 ans. Les 13e et 14e mois de pensions de retraite sont supprimés, compensés par des primes pour les plus bas revenus.
Le plan prévoit également la suppression des 13e et 14e mois pour les fonctionnaires gagnant plus de 3 000 euros par mois et un plafonnement à 1 000 euros pour les autres. Les autres primes, déjà réduites de 12 % lors du premier plan, seront à nouveau réduites de 8 %.
L’interdiction faite aux entreprises de licencier plus de 2 % de leurs effectifs est levée. Les deux plans d’austérité font passer la TVA de 19 à 23%. Alcool, tabac, carburants avaient déjà augmenté début mars, ils augmenteront encore de 10 %. Un impôt exceptionnel est établi sur les entreprises les plus rentables ainsi qu’un impôt sur le patrimoine.
L’effort total de restructuration budgétaire sur la période 2010-2014 devrait correspondre à plus de 10 % du PIB actuel.
Le 11 mai 2010, la Grèce a annoncé avoir mobilisé 20 milliards d’€ sur les possibilités accordées.

Plan de sauvetage de la Grèce

Créé le 19 mai 2010 - Dernière mise à jour le 23 novembre 2011