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Les actions menées

A l’échelle internationale

L’OCDE


L’acquisition des connaissances relatives à l’argent relève aujourd’hui plus souvent de l’expérience que de l’enseignement formel. Alors que la maîtrise des finances personnelles fait partie des compétences indispensables à la vie courante, elle n’est traitée comme telle que dans peu de systèmes éducatifs.
L’OCDE a publié en novembre 2005 une première étude internationale sur ce thème (« Pour une meilleure éducation financière »).

Dès juillet 2005, l’OCDE avait déjà publié ses premières recommandations sur les principes et les bonnes pratiques relatifs à la sensibilisation et l’éducation financières. Parmi les idées principales, on peut retenir que :

  • L’éducation financière doit commencer à l’école, la population devant être formée aux questions financières à un âge aussi précoce que possible.
  • L’éducation financière doit s’inscrire dans les principes de gouvernance des institutions financières, dont la transparence et la responsabilité doivent être encouragées.
  • Les institutions financières doivent se doter de codes de conduite pour leur personnel.
  • Il convient d’encourager la sensibilisation des futurs retraités à la nécessité d’évaluer l’adéquation financière de leurs régimes actuels de pensions public et privé. (des études de l’OCDE ont par exemple montré que 4 travailleurs américains sur 10 n’épargnaient pas en vue de leur retraite)
  • Il convient d’encourager des campagnes nationales, des services d’information gratuits et des dispositifs d’alerte sur des situations à haut risque pour les consommateurs de produits ou services financiers (notamment les cas de fraude).

L’OCDE a par ailleurs adopté le 28 mars 2008, un ensemble de recommandations relatives aux « bonnes pratiques » d’éducation financières quant aux pensions et aux assurances.
Des bonnes pratiques ont également été formulées concernant le crédit, qui devraient être adoptées définitivement sous peu.

Enfin à l’occasion de la Conférence internationale de Washington sur l’éducation financière (qui s’est tenue les 7 et 8 mai 2008), l’OCDE a lancé un nouveau site Web, portail d’informations sur le sujet.

L’organisation internationale a également constitué un réseau mondial d’experts publics en éducation financière, qui s’est réuni pour la première fois à la veille de la conférence puis à Bali et enfin à Paris les 18 et 19 mai 2009.

Les autres instances internationales


Différentes instances et forums agissent également dans le monde pour promouvoir l’éducation financière.

Ainsi le Forum International sur l’Education Financière et la protection du Consommateur se tient régulièrement depuis 2003 et débat de ces questions dans des débats annuels.
Créée en 2007, l’IFIE (International Forum for Investor Education) est une organisation du secteur privé, à but non lucratif dont l’objectif principal est d’améliorer l’éducation en matière d’investissement dans le monde, afin de permettre aux consommateurs de choisir des produits financiers et d’investir en connaissance de cause. Elle est soutenue par l’OICV (Organisation Internationale des Commissions de Valeurs) ; elles ont organisé conjointement deux conférences internationales, l’une à Madrid et l’autre à Washington.

Dans l’Union Européenne


La Commission européenne a produit une communication le 18 décembre 2007 concernant l’éducation financière.
Face au déficit de connaissances des consommateurs au sujet des produits financiers et devant la croissance du choix et de la complexité de ces produits, la Commission a en effet décidé de promouvoir le développement de l’éducation financière au sein de l’Union européenne (UE).

L’élaboration de programmes d’éducation financière doit être favorisée grâce à :

  • une prise de conscience de la nécessité de lutter contre l’inculture financière
  • une mise en commun des meilleures pratiques ;
  • le développement d’outils pratiques pour faciliter un meilleur enseignement de l’éducation financière dans les écoles.

De même, dans une résolution adoptée le 18 novembre 2008, le Parlement européen réclame l’amélioration de l’éducation et de la sensibilisation des consommateurs en matière de finances et de crédit. S’appuyant sur la crise des subprimes, le Parlement européen souligne la nécessité d’inclure l’éducation financière dans les programmes scolaires, d’instaurer un réseau d’éducation financière associant secteur public et privé.

Les actions de la Commission européenne


L’éducation financière est certes du ressort des États membres mais l’UE peut apporter une aide pratique importante. Différentes initiatives ont déjà été mises en œuvre :

  • un outil d’éducation en ligne, Dolceta (http://www.dolceta.eu/) propose une formation en matière de consommation aux adultes et devrait mettre en ligne en 2010 un programme éducatif.
  • un groupe d’experts en éducation financière a été créé, qui a pour mission de diffuser les meilleures pratiques sur le continent, d’harmoniser les méthodes d’enseignement et les programmes et de conseiller la Commission européenne sur les questions relatives à l’éducation financière.
  • Depuis 2004 l’Agenda Europa élaboré par la Commission Européenne en partenariat avec Génération Europe. En France c’est l’INC qui est chargé de distribuer gratuitement à 220 000 exemplaires dans les classes. Il s’agit d’informer les jeunes de 15 à 17 ans de leurs droits en matière de consommation, notamment vis-à-vis des produits financiers. Un kit pour les enseignants a également été fourni pour faciliter leur tâche de tuteurs.

Les exemples anglais et canadien

Les différents pays occidentaux ont plus ou moins pris conscience de l’importance de développer un politique d’éducation financière. Les pays anglo-saxons semblent néanmoins plus avancés que les autres, même si l’Union Européenne tente d’impulser une dynamique en Europe continentale.
Si l’éducation financière se caractérise souvent par un empilement d’acteurs pas forcément coordonnés, il faut souligner que les pays les plus avancés dans ce domaine ont déjà mis en œuvre une stratégie nationale, qui permet de fixer une ligne directrice aux différentes actions et de renforcer la coordination entre elles. L’élaboration de cette stratégie suppose néanmoins que l’Etat manifeste la volonté politique de promouvoir l’éducation financière.

Les stratégies nationales de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et des États-Unis présentent des caractéristiques communes :

  • un organisme gouvernemental non partisan surveille la stratégie nationale ;
  • un comité directeur assure le leadership ;
  • la stratégie est mise en oeuvre par le truchement de partenariats sectoriels.

A noter que les petits pays d’Asie orientés vers la finance (Singapour, Malaisie…) développent eux aussi une importante activité en terme d’éducation financière, le plus souvent là aussi à partir d’une impulsion donnée par une agence nationale.

Au Royaume-Uni

Pays le plus en pointe en terme d’éducation financière, le Royaume-Uni est l’un des premiers à avoir mis en place une stratégie nationale. La FSA (Financial Service Authority, l’autorité de régulation financière britannique) est l’autorité mandatée pour l’élaborer et la mettre en œuvre. Son budget est passé de 4 million £ par an en 2005/2006 à 22,5 £ en 2008/2009.
Un autre important acteur britannique est le Personal Finance Education Group (PFEG), une organisation à but non lucratif qui aide les enseignants à développer les capacités financières des jeunes. Son objectif déclaré est de faire en sorte que tous les jeunes quittant le système éducatif disposent de la confiance et des connaissances financières nécessaires pour participer pleinement à la société. Le PFEG a établi un système d’évaluation qualitative permettant d’identifier les supports dont la qualité a été reconnue par des professionnels, et d’éliminer ainsi les tâtonnements inhérents à la sélection de ressources pédagogiques.
Enfin le gouvernement a investi 11,5 millions £ dans l’éducation financière dans les écoles entre 2008 et 2011.

Au Canada

La problématique de l’éducation financière au Canada est assez ancienne et mêle l’intervention d’acteurs privés et publics. La deuxième conférence nationale canadienne sur l’éducation financière, intitulée « Aller de l’avant en matière de littératie financière », s’est déroulée en mars 2009, sous l’égide de l’ACFC, du SEDI et du Forum conjoint des autorités de réglementation des marchés financiers. Ces trois institutions sont les principaux acteurs de l’éducation financière au Canada. Si l’action est locale, la nécessité de la définition d’une stratégie nationale, à l’instar des autres pays anglo-saxons, se fait de plus en plus claire et ces institutions la réclament.
L’ACFC (Agence de la consommation en matière financière) est un organisme indépendant, créé en 2001, qui a pour objectif de fournir aux consommateurs des renseignements exacts sur les produits et les services financiers. Cette institution est issue d’un processus qui a commencé en décembre 1996 avec la création du « Groupe de travail sur l’avenir du secteur des services financiers canadien ».
Elle informe les Canadiens au sujet de leurs droits et responsabilités lorsqu’ils traitent avec des institutions financières sous réglementation fédérale. L’ACFC veille aussi au respect des lois sur la protection des consommateurs, et des codes de conduite et des engagements publics qui s’appliquent aux banques et aux sociétés de fiducie, de prêt et d’assurances constituées en vertu d’une loi fédérale.

Le SEDI (Social and Enterprise Development Innovations) est un organisme sans but lucratif qui cherche à aider les Canadiens à faibles revenus à devenir autonomes financièrement. Depuis 22 ans, le SEDI travaille de concert avec des entreprises, des organismes gouvernementaux et plus de 800 organisations sans but lucratif, pour développer des initiatives en littératie financière (le terme canadien pour « éducation financière »), en constitution d’actif et en entrepreneuriat. En 2008, le SEDI a lancé le Canadian Centre for Financial Literacy, avec pour objectif de renforcer les connaissances financières de base de plus de 230 000 Canadiens à faible revenu d’ici 2013.

Le FORUM CONJOINT a été établi comme un mécanisme par l’intermédiaire duquel les organismes de réglementation des régimes de retraite, des valeurs mobilières et de l’assurance coordonnent, harmonisent et simplifient la réglementation des produits et services financiers au Canada. Il a pour objectif d’améliorer de façon continue le système de réglementation des services financiers par l’entremise d’une plus grande harmonisation et d’une meilleure coordination des approches en matière de réglementation.

Parmi les autres acteurs de l’éducation financière au Canada on peut également citer la Fondation canadienne d’éducation économique et le Conseil du Crédit économique, régulateur de chaque province et notamment réunis dans le CSA (Canadian Security Administration).

En France

Malgré un retard initial, l’éducation financière commence aujourd’hui à émerger en France. Les acteurs dans ce domaine se sont récemment accrus. Il s’agit essentiellement d’associations à but non-lucratif.


  • L’Institut pour l’éducation financière du public (IEFP)

Créé en 2006 à l’initiative de et avec le soutien de l’AMF et de NYSE-Euronext, l’Institut pour l’éducation financière du public (IEFP) est une association d’intérêt général visant à développer la culture financière des Français. Aujourd’hui la Fédération bancaire française (FBF), la Banque de France et différents partenaires privés accordent également leur soutien financier.
Comme le souligne sa signature, La finance pour tous, L’IEFP a pour mission d’aider chacun à acquérir les connaissances de bases nécessaires pour se sentir plus à l’aise avec les questions financières et prendre en toute connaissance de cause les décisions qui le concernent. Néanmoins l’éducation financière est ici envisagée au sens large, puisque l’objectif est de donner aux citoyens toutes les clefs pour comprendre et agir dans l’univers financier. A cette fin certains sujets dépassant le pur cadre des finances personnelles sont abordés (la crise financière, les paradis fiscaux…).
Son principal outil est son site Internet qui cible prioritairement trois publics : les jeunes (principalement touchés par le manque de culture financière), les actifs en entreprise et les consommateurs de produits financiers. Différents modules pédagogiques et conférences sont également proposés pour les enseignants.
Plus de 1 500 articles et outils pédagogiques permettent à ce jour (mi 2009) au public de s’informer sur les questions financières, générales ou spécifiques.

L’IEFP a conduit une première étude sur le comportement des jeunes (15-20 ans) vis-à-vis de l’argent, réalisée par l’institut CSA en 2006.
Des ouvrages sont également rédigés : Vos enfants et l’argent en 2007, à destination des parents et de leurs enfants et Les Finances personnelles pour les Nuls, paru en avril 2009. L’IEFP est par ailleurs l’organisme français participant aux conférences internationales organisées sur le sujet. Il organise en mai 2009 en partenariat avec l’OCDE un conférence sur le thème : L’éducation financière, une réponse possible à la crise ?.

  • Les clefs de la banque

En 2004, la Fédération bancaire française a lancé le programme « Les Clés de la banque ».
Les Clés de la Banque est destiné à apporter au public les renseignements et les conseils dont il peut avoir besoin pour comprendre les mécanismes bancaires et les utiliser au mieux. Par ailleurs la FBF a organisé un certain nombre de séances d’information dans les lycées au sein de huit académies.

Les Clés de la Banque est un service indépendant de toute enseigne commerciale.


  • Finances & pédagogie

Créée en 1957 par les Caisses d’Epargne, Finances & Pédagogie est une association qui réalise des actions de sensibilisation et de formation, sur le thème de l’argent dans la vie, auprès de tout public.
Finances & Pédagogie intervient auprès d’entreprises des secteurs public et privé en tant qu’organisme de formation.
Elle intervient également auprès des jeunes en milieu éducatif, des bénéficiaires de dispositifs mis en place par l’économie sociale et les collectivités territoriales, et des salariés d’entreprises via la formation professionnelle.


  • L’Ecole de la Bourse

L’Ecole de la Bourse est spécialisée dans l’initiation aux marchés financiers. Au-delà du grand public, l’Ecole de la Bourse accompagne également les sociétés cotées qui ont pris l’initiative de formations spécifiques pour leurs clubs d’actionnaires, les membres de conseil de surveillance d’épargne salariale ou leurs salariés.
Elle fait partie de la Fédération Française des Clubs d’Investissement et est soutenue par NYSE-Euronext.


  • Le travail des associations

Le crédit et le surendettement comme préoccupation majeure
La Fondation Cresus (Chambre REgionale du SUrendettement Social) constitue l’un des acteurs importants de la lutte contre le surendettement et l’exclusion bancaire. Ce réseau de structures régionales promeut des initiatives telles que le microcrédit personnel ou le conseil aux particuliers.
Les différentes associations de défense des consommateurs (UFC-Que choisir, UNAF) s’intéressent de plus en plus à la question des produits financiers. Le thème du crédit revolving et de sa responsabilité avérée dans les cas de surendettement a été notamment l’objet d’un rapport de l’UFC et d’un communiqué appelant à des règles plus protectrice.
Dans le cadre du projet de loi modifiant les règles propres aux crédits renouvelables les associations ont d’ailleurs été conviées à donner leur avis.

Soutenues par la Commission européenne, douze organisations européennes de consommateurs dont cinq associations françaises de consommateurs locales ou nationales, telles Familles rurales, l’Union féminine civique et sociale et l’Union nationale des associations familiales, éditent un CD-Rom sur le thème « Gérer son budget » en 2003. Ce support est destiné aux jeunes de 16-25 ans qui se lancent dans la vie active. Il vise à leur donner la possibilité de maîtriser les règles budgétaires et de consommation responsable, grâce à un simulateur de budget qui permet d’apprendre à vérifier les dépenses et d’être informés sur celles qui sont déconseillées. Le CD-Rom pour la formation peut-être utilisé en groupe avec un animateur ou en auto-formation. Il comprend aussi un livret pédagogique imprimable et des fiches thématiques pédagogiques animées.

Créé le 26 février 2010 - Dernière mise à jour le 26 février 2010