Seniors
Les conditions particulières des prêts aux seniors
La situation d’emprunt des seniors en France
Ces dernières années, les ménages de 65 ans et plus ont accru leur recours aux crédits à la consommation. Cette évolution s’est accompagnée d’une progression régulière de l’utilisation du découvert bancaire.
Comme le souligne le rapport de l’Observatoire des Crédits aux ménages, présenté en mars 2011 et se rapportant à l’année 2010, le recours au crédit à la consommation est fréquent pour les plus de 65 ans pour les aider à faire face aux dépenses de la vie courante. Leur essor est lié au fait qu’une proportion importante des 65 ans et plus estime avoir connu une dégradation de sa situation financière (dans 45,9 % des cas pour les 65 à 69 ans, 48,1 % des cas pour les 70 à 74 ans et 48,8 % des cas pour les 75 ans et plus, contre 40,4 % pour l’ensemble des ménages).
Pour en savoir plus, vous pouvez vous reporter au rapport de l’Observatoire des crédits aux ménages
Pour en savoir plus sur les caractéristiques des crédits à la consommation, récemment réformés par la loi Lagarde, vous pouvez consulter notre rubrique crédit à la consommation
D’après le rapport précédemment cité, les ménages de 65 ans et plus (et surtout les 70 ans et plus) ont significativement accru leur recours au crédit à la consommation et au découvert bancaire, au cours des dernières années. Fin 2010, 24,2 % d’entre eux détenaient des crédits à la consommation contre 20,7 % en 2008 et 17,2 % en 2003.
Ces crédits sont plus facilement accordés aux seniors que les autres prêts (notamment immobiliers) en raison leur durée relativement courte. En effet l’accès des seniors aux crédits immobiliers, d’une durée plus longue, est très limité. Seuls 5,1 % des ménages de 65 ans et plus avaient souscrit un crédit immobilier en novembre 2010 contre 15,1 % pour la tranche d’âge précédente (les 55-64 ans).
L’allongement de la durée de vie en France change la donne. Selon le bilan démographique établi par l’INSEE l’espérance de vie est restée stable en 2010. L’espérance de vie d’un homme de 60 ans s’établit à 22,4 ans alors que celle d’une femme grimpe à 27,2 ans.
Le critère déterminant de l’état de santé
En raison de leur âge, les seniors ont du mal à obtenir un crédit qui ne soit pas trop coûteux. En effet, l’assurance décès invalidité, fréquemment exigée au moment de l’emprunt, a souvent un coût prohibitif pour eux. L’âge limite de souscription s’élève généralement à 65 ans, la garantie étant alors valable jusqu’à 70 ou 75 ans.
Sachez que l’examen médical est obligatoire après 60 ans. Si à l’issue de cette visite, votre banquier refuse de vous accorder un prêt car il considère que votre état de santé ne le permet pas, vous pouvez recourir à un assureur spécialisé. Ils sont plusieurs sur le marché et proposent des contrats pour vous assurer dans le cadre d’un emprunt. Certains proposent même de vous assurer jusqu’à 90 ans.
Néanmoins cette solution est très coûteuse. Pour une personne de 65 ans s’endettant sur 25 ans, cette assurance atteint en moyenne plus de 2,6% du montant emprunté. N’hésitez pas à faire jouer la concurrence entre assureurs car les différences de tarifs et de garanties proposées peuvent être importantes d’un assureur à l’autre.
La loi Lagarde du 1er juillet 2010, portant réforme du crédit à la consommation, a supprimé la possibilité pour les banques, lors d’une demande de crédit immobilier, d’imposer leur contrat d’assurance emprunteur. Ainsi, depuis septembre 2010, si vous trouvez une assurance individuelle dont le niveau de garantie est équivalent à celui du contrat de groupe, l’établissement de crédit est tenu de l’accepter.
Si vous avez des problèmes de santé, la convention Aeras a pour objectif de faciliter l’accès à l’assurance et au crédit des personnes présentant un risque aggravé de santé, notamment les personnes malades ou ayant été malades. Une nouvelle convention rénovée est applicable depuis le 1er février 2011, en remplacement de la convention initiale, datée du 6 janvier 2007.
Les crédits concernés par cette convention sont les crédits immobiliers et professionnels d’un montant maximum de 320.000 €, sous réserve que l’emprunteur ne soit pas âgé de plus de 70 ans à l’échéance du remboursement du prêt. Pour les crédits à la consommation, aucun questionnaire médical de santé n’est nécessaire lorsque le montant du prêt n’excède pas 17.000 €, que sa durée est de 4 ans au maximum et que l’emprunteur a moins de 50 ans à la date de la demande.
La nouvelle convention Aeras 2011 renforce, à partir du 1er septembre 2011, la garantie invalidité pour les souscripteurs. Elle ne comportera aucune exclusion de pathologie et les prestations seront déclenchées à partir d’un même taux d’invalidité, quel que soit l’assureur.
D’autre part, grâce au mécanisme de mutualisation, lorsque vous empruntez pour acquérir votre résidence principale, vous pouvez bénéficier d’un plafonnement des surprimes d’assurance si votre revenu est inférieur à un certain niveau.

Comment négocier son prêt ?
Quelques règles d’or sont à respecter.
La première d’entre elles est d’obtenir un prêt à taux fixe car il est préférable de connaître à l’avance le montant de ses mensualités surtout si, n’étant pas encore à la retraite au moment de la souscription de votre emprunt, vous ne connaissez pas avec certitude le montant de votre pension future.
Souscrire un emprunt à taux révisable n’est plus aussi intéressant qu’il y a quelques mois. La remontée des taux à court terme du marché, sur lesquels sont basés les prêts à taux révisables, rendent ces prêts plus coûteux que ceux à taux fixes, avec un risque de variation à la hausse du taux du prêt sur sa durée de remboursement. Même lorsque les taux courts sont, comme c’est logique, plus faibles que les taux longs, les taux variables présentent un risque lié à l’incertitude : on n’est pas sûr de ce qu’on devra payer dans les prochaines années.
Si toutefois, vous envisagez de souscrire un prêt à taux variable, une série de précautions est à prendre pour éviter de se retrouver dans une position délicate. La première d’entre elles est de prévoir un taux « capé », cela signifie que lorsque les taux courts augmentent le taux du prêt ne peut s’accroître que d’un certain pourcentage pour aboutir à un taux plafond. L’intérêt est de ne pas subir des taux très élevés. Un autre point à vérifier attentivement est l’existence de la possibilité de basculer en un prêt à taux fixe, à condition que cette possibilité n’ait pas un coût très élevé.
Vous pouvez négocier l’obtention d’un prêt avec des mensualités dégressives. Ces dernières seront ainsi plus élevées au moment de votre vie professionnelle pour ensuite se réduire lorsque vous cessez de travailler. Ainsi si vous devez prendre votre retraite dans 5 ans et que vous souscrivez aujourd’hui un prêt sur 15 ans, vous pouvez négocier que vos mensualités soient plus importantes les 5 premières années (période d’activité professionnelle) pour ensuite diminuer les 10 années restantes de remboursement. Le crédit est alors divisé en deux tranches d’emprunt d’un montant, d’une durée et d’un taux différents.
Enfin, il peut être utile de recourir à un courtier, qui se chargera de négocier pour vous les meilleures conditions de crédit. Leur tarif varie entre 0,4% et 1% du montant emprunté.
Créé le 30 juin 2009 - Dernière mise à jour le 24 mai 2011




















