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Banque : le grand saut ?

De Georges Pauget

Banque : le grand saut ?

Eyrolles RB edition  2012. 244 pages

Après «  La banque de l’après crise » et «  Faut-il bruler les banquiers ? » parus en 2009, Georges Pauget, ancien Directeur général du Crédit Agricole , actuellement président d’Economie Finance et Stratégie et par ailleurs président de l’IEFP, remet l’ouvrage sur le métier avec « Banque : le grand saut ? » paru à l’été 2012.
Le sujet reste au fond le même : Quelles sont pour les banques les conséquences de la crise et quel est leur avenir ?

La première partie est consacrée à l’analyse des deux crises des subprimes et de l’euro. L’auteur dégage quatre causes au choc des subprimes   Définition Le « subprime » désigne un crédit à risque, détenu par un emprunteur qui n'offre pas les garanties suffisantes pour bénéficier d’un taux d'intérêt au prix du marché. Les établissements financiers prêteurs consentent ainsi des crédits à des taux variables et de niveau élevé. Ces conditions d'octroi font peser un risque de solvabilité sur les emprunteurs. Ce type de crédit hypothécaire est apparu aux Etats-Unis. Le crédit immobilier est ainsi gagé sur le logement de l'emprunteur.
. La responsabilité première et essentielle est, selon lui, l’excès de liquidités émises par les Banques centrales. Il s’en est suivi un excès d’endettement et une mauvaise appréciation des risques par les marchés financiers. Les défaillances des régulateurs qui ont laissé prospérer un « shadow banking system » non contrôlé sont également soulignées. Le deuxième choc de la crise de l’euro est le prolongement de la crise des subprimes. Georges Pauget l’analyse à partir d’une grille de lecture des crises financières en 7 phases de la vulnérabilité du système jusqu’à la transmission à l’ensemble de l’économie et aux réactions des pouvoirs publics en passant par les phases de déclenchement, d’essaimage, de contagion de blocage des marchés et de crise de liquidité. Georges Pauget analyse ainsi  la vulnérabilité de départ de la zone  euro, le rôle de la BCE et l’émergence d’un nouveau cadre institutionnel de régulation des activités financières et d’un nouveau cadre de gouvernance économique.  

Au total, souligne-t-il,  les deux chocs subis ont modifié de façon radicale le modèle économique des banques et les conditions d’exercice des activités financières.

Quel scénario pour le futur ?

L’avenir reste fort incertain. Pour l’éclairer Georges Pauget opte pour la méthode de la construction de scénarios.  Il distingue ce qu’on pourrait appeler le scénario optimiste qu’il appelle le " scénario euro+" : la gouvernance économique européenne  s’avère efficace, le mécanisme européen de stabilité fonctionne bien, la politique budgétaire réussit à assainir les finances publiques, l’Europe reprend espoir et retrouve sa place dans le concert international. Dans ce scénario les banques retrouvent progressivement une croissance de leurs revenus dans un contexte où le  crédit restera  plus mesuré et l’épargne mieux tournée vers le long terme. Même dans ce scénario optimiste, Les banques auront « besoin de conserver une réelle flexibilité dans chacun de leur grand métier pour mieux s’adapter à une conjoncture changeante ».

Deuxième scénario : celui de la rupture, de l’euro en miettes et de la renationalisation des marchés financiers. C’est le " scénario euro -". Pour la sphère financière, les conséquences seraient un renforcement de l’aversion au risque du côté des épargnants et encore plus d’attentisme du côté des emprunteurs. Mais cela serait surtout un nouveau choc au même titre que la crise des subprimes aux conséquences imprévisibles.

Entre les deux le troisième scénario est celui de l’enlisement dans une croissance durablement très ralentie mais sans éclatement de l’euro. Pour le système financier, la stabilisation serait plus incertaine.

Comme le note Georges Pauget, aucun scénario ne se réalisera à l’état pur. Mais des dominantes existeront.

D’autre part,  au-delà des différences  considérables quant à leurs conséquences l’exercice permet de dégager des tendances de fond. Il faut s’attendre à ce que la  banque européenne  dominée par le modèle de la banque universelle ait du mal à préserver sa spécificité et donc à se protéger des autres acteurs internationaux. Les banques, conclut Georges Pauget, vont devoir réviser leur modèle plus profondément que ce n’est le cas aujourd’hui … non seulement avec la préoccupation d’assurer leur pérennité, mais  avec celle de « définir leur vision du futur et le rôle que chacune d’entre elles entend jouer dans le financement de l’économie ».

 
Créé le 30 octobre 2012 - Dernière mise à jour le 30 octobre 2012
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