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D’un retournement l’autre

de Frédéric Lordon

Comédie sérieuse sur la crise financière
En quatre actes et en alexandrins

D’un retournement l’autre

Frédéric Lordon est un économiste français atterré, directeur de recherche au CNRS et chercheur au centre de sociologie européenne.

Prenant modèle sur les canons du théâtre classique, il a écrit « D’un retournement l’autre »comédie sérieuse en 4 actes et en alexandrins dans laquelle il met en scène la crise financière des subprimes et sa « résolution » par l’Etat. La pièce qui a été lue et très bien accueillie dans le cadre du festival « Paris en toutes lettres » en mai 2011 devrait être créée à la scène d’ici un an. En attendant on peut la découvrir dans sa version écrite publiée par les éditions du Seuil.

Dans un intéressant post scriptum, l’auteur justifie ce projet singulier. Pour transmettre un savoir, explique-t-il, il faut « l’affecter », c'est-à-dire intriguer et intéresser le lecteur en suscitant chez lui des émotions. Le résultat est une œuvre tragique et bouffonne comme l’époque qui décortique avec drôlerie et rigueur d’analyse les mécanismes qui ont entrainé les banques au bord de la faillite, puis leur sauvetage par l’Etat. Il livre aussi une thèse engagée sur les responsabilités des uns et des autres.

L’auteur utilise des personnages-types, des acteurs principaux de la crise : le banquier, le gouverneur de la banque centrale, le fondé de pouvoir, le trader, le grand journaliste, le président, le Premier ministre, le premier conseiller économique (qui exprime le point de vue conventionnel dominant) , le deuxième conseiller(qui exprime le point de vue des économistes critiques) … Des personnages dont Frédéric Lordon revendique la « superficialité » psychologique, ils sont là pour incarner des rôles, mis à part peut-être le président qui est plus personnifié.

« D’un retournement l’autre », le titre de la pièce correspond à la thèse défendue par l’auteur : il existe un lien entre le sauvetage des banques par l’Etat sans que celui-ci n’ait pris de participation au capital de ces dernières et la faillite annoncée des finances publiques. Ces deux retournements seraient expliqués par l’avarie des banquiers, sauvés dans l’intérêt de tous et qui ne réfléchissent qu’à leur propre intérêt. Le jour ou l’Etat aura besoin des banques pour se refinancer, défend Lordon, elles ne seront pas là pour lui comme il l’a été pour elles.

Frédéric Lordon
Seuil, avril 2011
140 pages

Verbatim :

Acte 1 scène 1

Le fondé de pouvoir :

« Et néanmoins, Monsieur, nous sommes à la peine
Les actifs avariés sont jetés à la benne
Sans qu’on en puisse dire la valeur à la casse ;
Nos comptables s’épuisent et sont à la ramasse.
Car le mark-to-market supposait le marché :
Le marché en carafe, et nous sommes paumés.
Nous savons tous nos comptes menacés de carnage,
Mais sans un prix qui vaille, nageons en plein potage.»

Créé le 27 juin 2011 - Dernière mise à jour le 11 juin 2012
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