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Les interviews de l'IEFP

L’épargnant français en 2009

Frédéric Chassagne, directeur conseil au planning stratégique de l’institut TNS SOFRES analyse les attitudes et les opinions de l’épargnant français, que les enquêtes réalisées par cet institut sondent régulièrement.

 
L’épargnant français en 2009 par lafinancepourtous

Des portefeuilles sous influences

De caractéristiques psychologiques constantes structurent les attitudes et les opinions des épargnants et influencent leur façon de gérer leur portefeuille financier pris au sens large du terme c'est-à-dire y compris leurs placements sur livret. Les épargnants français ont une approche de court terme, ils se projettent difficilement dans l’avenir, empilent les placements et organisent insuffisamment leur épargne en effectuant des décisions sur des placements et des produits spécifiquement adaptés à des objectifs précis. Les choix sont très souvent orientés, pour ne pas dire dictés, d’une part par la pression des établissements financiers distributeurs, ce que Frédéric Chassagne appelle « le push des réseaux », et d’autre part par la fiscalité.

Succès de l’assurance vie - échec relatif des OPCVM.

A partir de cette grille de lecture, constate Frédéric Chassagne, le très grand succès des contrats d’assurance vie s’explique facilement. La fiscalité a constitué un levier extrêmement puissant qui a fait décoller ce placement au dessus de tous les autres placements en valeur mobilière et permis de propulser même les contrats en  unité de compte   Définition Les contrats d'assurance vie en unités de compte (UC) s'opposent aux contrats en euros. Quand vous souscrivez un contrat en euros, vous avez la garantie de récupérer au minimum le capital investi (plus les intérêts des placements sans risque dans lesquels ce capital a été investi). Les contrats en UC sont représentatifs d'OPCVM qui eux-mêmes sont investis en actions, obligations, immobilier... On est sûr à la sortie de récupérer autant d'unités de compte que ce qu'on a souscrit mais on n'est pas sûr de l'évolution des UC elles-mêmes qui varient comme les supports qu'elles représentent. A long terme, les contrats en UC offrent une meilleure rentabilité que les contrats en euros, mais il faut être certain de ne pas être obligé de les céder au mauvais moment.
lorsque la bourse était la plus porteuse.

On comprend mieux également le succès des actions dont le taux de détention parmi les Français a été multiplié par deux en 15 ans sous l’effet de la médiatisation des grandes introductions en bourse et du « push des réseaux ». Par contre l’érosion du taux de détention des OPCVM   Définition Organisme de placement collectif. Produit d’épargne géré par une société de gestion de portefeuille agréée par l’Autorité des Marchés Financiers. Il s’agit d’un portefeuille collectif composé de différents instruments financiers (actions, obligations, etc.). Deux catégories principales d’OPC: les OPCVM et les FIA. Deux formes juridiques principales : les FCP (fonds communs de placement) et les SICAV (sociétés d’investissement à capital variable). Il existe aussi les OPCI, les FCPI, les FIP…
qui a été divisé par deux en 15 ans est plus difficilement explicable. Ces produits avaient pourtant été mis en place avec l’objectif de démocratiser la détention d’actifs financiers et offrir aux épargnants l’expertise de professionnels. Le profil social des détenteurs d’OPCVM y compris de fonds OPCVM garantis est devenu plus « élitiste » que celui des épargnants détenteurs d’actions.

De même la quasi désuétude dans laquelle était tombée la détention directe d’obligations était tombée, malgré les tentatives de relance à travers les OAT( Obligations Assimilables du Trésor, pose question, ce type de produit assurant davantage de sécurité et une clarté sur le rendement et sur la durée du placement.

Une exposition actions non négligeable

Au total les épargnants français ont des portefeuilles très garnis en assurance vie et sont relativement exposés aux actions et aux évolutions en montagne russe des cours de la bourse. La valeur de certains portefeuilles a pu être divisée par deux, ce que les épargnants concernés ont du mal à comprendre.

L’impact de la crise

Sur la base de ces tendances très lourdes, la crise met l’épargnant dans une situation d’attentisme comme cela avait été déjà observé après l’éclatement de la bulle internet il y a quelques années. Il est moins actif sur son portefeuille. Il donne une priorité absolue à deux critères, la liquidité et la sécurité. Son aversion au risque est maximum. Pour le moment cet état d’esprit n’a pas encore vraiment changé. Certes, on observe qu’une part significative des actionnaires individuels (environ 1/3) commence à se dire que le moment devient plus propice à l’achat d’actions. Mais c’est un discours général sans passage à l’acte pour ce qui les concerne individuellement.

Demande de conseil et de pédagogie.

Une fois dépassé le constat de la dévalorisation de leurs portefeuilles, et l’acrimonie qu’ils peuvent porter aux établissements financiers, les épargnants s’inscrivent assez largement dans un besoin de compréhension et des demandes d’explications et de décodage dans lesquels les établissements trouvent pleinement leur place.

Selon un sondage que TNS Sofres a réalisé récemment pour Natixis Epargne Financière, auprès des épargnants possédant un portefeuille de 5000 € ou plus, près des 2/3 des épargnants français souhaitent être mieux formés et être aidés à mieux gérer leurs portefeuilles de placements financiers. On observe également que les établissements financiers gardent aux yeux des épargnants leur légitimité pour accompagner leurs clients dans une éventuelle révision de leurs choix ou pour une meilleure compréhension des enjeux concernant leurs choix futurs.

Une meilleure visibilité sur les frais vient en tête des demandes. 9 épargnants sur 10 considèrent que c’est très important et 6 sur 10 que c’est essentiel. Vient tout de suite après des demandes concernant les risques et les perspectives de gains des produits dans lesquels ils investissent.

En savoir plus :
Les attentes des épargnants en matière d'information et d'accompagnement Etude TNS sofres réalisée pour Natixis Epargne Financière (mai 2009)
Baromètre Epargne-vague 10 Etude TNS sofres réalisée pour La Banque postale et Les Echos (avril 2009)

Interview réalisée le 18 juin 2009

Créé le 09 juillet 2009 - Dernière mise à jour le 30 janvier 2012
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1 commentaire(s)  
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l'élèvedu22 , publié le 27/09/2016 13:55

super interview merci l'equipe

 
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