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La « clientèle patrimoniale » : perception du risque, besoin d’information

Marie-Laurence Guéna, directrice du pôle services de l’IFOP a conduit pour le compte de l’Union Financière de France (UFF), la première vague de « l’observatoire de la clientèle patrimoniale ». Elle nous présente ici les grandes tendances de cette étude.

 
Marie-Laurence Guéna : La « clientèle... par lafinancepourtous

Le cadre de l’étude

L’observatoire de la clientèle patrimoniale est destiné à comprendre l’attitude des Français par rapport aux risques financiers et à mesurer le niveau de rupture des comportements face à la crise financière actuelle. L’observatoire se veut exploratoire.

Cette « première vague » de données a été réalisée auprès de personnes disposant d’au moins 30 000 € de patrimoine financier hors immobilier, soit 10 % des Français. Ils sont appelés les « patrimoniaux ».

Les grands enseignements

Trois grands enseignements sont à noter :

  • La crise a exacerbé la perception du risque quant aux placements financiers et a radicalisé les comportements des Français en les poussant au repli. Ainsi, 1 Français sur 2 déclare avoir vu sa capacité d’épargne diminuer. Une « perte de confiance » renforcée par un environnement financier jugé instable et anxiogène. Cette perception est d’autant plus vraie pour ceux des « patrimoniaux » ayant le moins de placements ouverts au risque. Paradoxe de la situation, ce sont les « sécuritaires » qui anticipent le plus vivement la crise et ses incidences financières. Par ailleurs, les personnes interrogées appartenant aux catégories sociaux-professionnelles les plus aisées (CSP+) déclarent « ne compter que sur elles pour gérer leur patrimoine » ;
  • Un besoin accru de sécurité dans l’information délivrée et de traçabilité des produits proposés par les établissements financiers. Preuve en est, la stabilisation du seuil de détention d’actifs risqués à 20 % du patrimoine détenu. Seulement 39 % des sondés avouent être disposés à dépasser ce seuil ;
  • Une perception renforcée de la divergence d’intérêt entre les « patrimoniaux » et les banquiers généralistes. Une situation qui joue en faveur des conseillers spécialisés : conseillers indépendants en gestion de patrimoine ou conseillers bancaires pour qui la confiance semble se maintenir.

Le besoin d’être mieux informé

Face à la crise et à ses pertes de repères, les patrimoniaux revendiquent haut et fort un besoin d’information sécurisée, d’écoute, de conseil et de réactivité de la part des établissements financiers. Dans ce contexte d’évolution rapide, s’appuyer sur un conseiller formé et informé est incontournable pour les personnes sondées.

La perception du risque en matière financière

D’une manière générale, les « patrimoniaux » ne souhaitent pas prendre de risques financiers. Le risque est perçu comme négatif et anxiogène par la grande majorité d’entre eux. Pour preuve, lorsqu’on demande aux « patrimoniaux » : « quels sont vos principaux critères de choix en matière de placements financiers ? » Ils répondent massivement : la régularité de la performance, l’avantage fiscal, la disponibilité des fonds ; le risque n’arrivant qu’en cinquième position des critères de sélection.

Par ailleurs, à la question : « qu’est-ce qui peut vous aider dans la gestion de votre patrimoine ? » Ils répondent : une bonne connaissance du niveau de risque de mes placements, la possibilité de s’assurer de la fiabilité de l’établissement dans lequel sont placés mes actifs, une connaissance fine de la composition des produits financiers disponibles.

Une faible inclination au risque qui semble être confirmée par d’autres études sur le sujet.

Pour aller plus loin :
L' étude de l’IFOP-UFF

Interview réalisée en janvier 2010

Créé le 08 février 2010 - Dernière mise à jour le 30 janvier 2012
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