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Les interviews de l'IEFP

Les choix des épargnants face à la crise

Alain Tourdjman, Directeur des Etudes et Prospectives de la Caisse Nationale des Caisses d’Epargne commente différents aspects de l’étude de l’Observatoire des Caisses d’Epargne consacrée cette année aux choix des épargnants face à la crise.

les préoccupations et les priorités des Français

La vigilance des Français vis-à-vis de la consommation, que l’on pouvait constater depuis plusieurs années, se renforce. Les ménages recherchent un nouvel équilibre entre dépenses et épargne. Ils veulent épargner plus pour mieux maitriser leur destin économique dans un contexte d’inquiétude croissante. Mais la tension est forte entre le souhait d’épargner plus et la possibilité de le faire effectivement. Du coté des dépenses, leur vigilance s’exerce avant tout vis-à-vis des consommations obligatoires de la vie quotidienne. Mais ils cherchent également à ne pas « sombrer » dans la crise en maintenant, tant que faire se peut, ce qu’Alain Tourdjman appelle des consommations « plaisir ».

 
Les choix des épargnants face à la crise (1/4) par lafinancepourtous

Le désendettement

Après une montée de l’endettement qui a duré plus de 10 ans, nous entrons dans une phase de désendettement. On en voit déjà les marques. Le recours au crédit à la consommation, qui augmentait sur un rythme annuel de 5 %, ne progresse plus que de 2 %, sur la dernière année. Les nouveaux crédits à l’habitat étaient, fin 2008, en recul de 50 % environ. La dette globale des ménages va progressivement se stabiliser et même se réduire. Selon Alain Tourdjman, cela durera au moins jusqu’en 2011.

Ce désendettement a pour effet d’entrainer une diminution des investissements immobiliers, mais il génère également, et de façon paradoxale souligne Alain Tourdjman, une tendance à la diminution du montant global des placements financiers. En effet, quand l'accès au crédit est facile, les ménages y ont davantage recours et conservent des placements financiers, qu’ils n’ont pas besoin de liquider pour acheter leur bien immobilier. Pour ceux qui vendent leur logement en période de hausse des prix, ils peuvent réaffecter le produit de la vente à la constitution d’actifs financiers. Ce n’est plus le cas actuellement. Face à une baisse de la valeur de leurs actifs, les ménages vont chercher à équilibrer leur bilan, un peu comme le font les entreprises. Ils vont désormais chercher d’abord à se désendetter plutôt que de chercher à compenser la baisse de cette valeur par davantage de placements financiers. Ils ont moins d’actifs avec la baisse des prix, ils vont faire en sorte que le poids des dettes se réduise également pour rééquilibrer leur bilan.

 
Les choix des épargnants face à la crise (2/4) par lafinancepourtous

L'immobilier

Les Français continuent de vouloir être propriétaires de leur logement. Cette volonté s’enracine dans des évolutions durables de la société qui tend à faire moins de place à la prévoyance collective en matière de retraite, de santé, ou d’éducation. Pour les Français, la meilleure façon de se préparer à ces mutations est de disposer d’un patrimoine et de le constituer par une épargne. La propriété immobilière est notamment ressentie comme l’instrument privilégié de la préparation à la retraite car il permet de diminuer le niveau des dépenses de logement sur le long terme. Un propriétaire qui a terminé de payer son achat a, par rapport à un locataire ou à un accédant, des dépenses inférieures de logement. La crise ne remet pas en cause ces évolutions ni les stratégies des ménages, bien au contraire.

La crise ralentit en outre la construction de logements et va accentuer la pénurie dans les zones où elle est déjà effective (grandes agglomérations, Ile de France, Languedoc Roussillon, PACA…). Les tensions sur le locatif vont avoir tendance à s’accroitre encore. Cela devrait pousser encore davantage les ménages qui le peuvent à devenir propriétaires de leur logement.

Seul un véritable krach immobilier, c'est-à-dire une chute des prix de l'ordre de 40 à 50 %, pourrait remettre en cause ces évolutions. Mais, selon Alain Tourdjman, ce n’est pas à l’ordre du jour en France, contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays, comme l’Espagne et le Royaume Uni. En revanche, les incertitudes économiques généralisées conduisent à une paralysie du marché qui va durer quelques mois, voire quelques trimestres et s’accompagner d’une baisse des prix qui selon lui ne devrait pas dépasser 20 % à moyen terme, si les prix du crédit continuent à rester relativement bas. Il y a un attentisme très fort, mais pas de remise en cause du projet immobilier.

 
Les choix des épargnants face à la crise (3/4) par lafinancepourtous

Un retour à l'épargne longue ?

2008 a été une année atypique. Les placements se sont portés massivement sur les livrets dans une quête effrénée de sécurité et de liquidité, mais aussi parce que les rémunérations des livrets étaient ressenties comme étant de très bonne rentabilité, nettement supérieures à l’inflation.

En 2009, les choses ont commencé à changer et cela devrait se poursuivre. Nous allons connaitre une baisse significative de la rémunération des livrets qui va modifier substantiellement la perception de l’écart entre celle-ci et le taux de l’inflation. L’image des livrets va devenir moins positive, les choix de placements financiers des Français vont de nouveau s’ouvrir à l’ensemble des produits et l’assurance vie devrait reprendre la place spécifique qu’elle occupe dans les choix des épargnants français.

 
Les choix des épargnants face à la crise (4/4) par lafinancepourtous

Interview réalisée le 3 mars 2009

Créé le 06 mars 2009 - Dernière mise à jour le 30 janvier 2012
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