Jeunes | Actifs | Seniors | Espace Enseignants et Formateurs | Espace Enfants | Doc | Boîte à Outils | Tronc commun | Les mots de la finance | Les formations | Page d’accueil | Espace Presse
lafinancepourtous
 

Options

Qu’est-ce que c’est ?


Un produit dérivé

Les options sont des produits dits « dérivés » car leur valeur dépend (dérive) de celle de l’actif (ou produit), qualifié de "sous-jacent" », sur lequel elles portent. Ces sous-jacents peuvent être des produits physiques (matières premières), des instruments financiers (actions, obligations, taux d’intérêt, cours de change) ou encore des indices boursiers, climatiques … Autre caractéristique des options : ce sont des contrats négociables dont la réalisation finale dépend de l’évolution des conditions de marché (caractère optionnel) et dont le paiement, en cas de réalisation, intervient à une date future.

L’acquisition d’un droit

Dans le domaine financier, acheter une option d’achat ou de vente sur un actif (sous-jacent) donné, c’est acquérir le droit d’acheter (de vendre) cet actif pendant une certaine période à un prix convenu à l’avance appelé prix d’exercice. En contrepartie de ce droit et du service offert, l’acheteur de l’option paie une somme d’argent appelée prime.

Il existe deux grandes catégories d’options : les options d’achat (ou CALL selon la terminologie anglo-saxonne) et les options de vente (ou PUT).

- Une option d’achat sur actions donne à son acquéreur le droit d’acheter les actions en question pendant un certain temps ou à une date future (dite échéance), à un prix fixé d’avance (le prix d’exercice).

Option d’achat - Exemple

en savoir plus

Une option d’achat d’actions Carbur sur l’échéance de décembre prochain au prix d’exercice de 25 euros, encore appelée CALL Carbur décembre 25, donne à son acquéreur le droit d’acheter fin décembre (ou jusqu’à fin décembre, selon le type d’option), des actions Carbur au prix convenu à l’avance de 25 euros. L’achat d’un CALL Carbur décembre 25 constitue donc un moyen de se garantir un cours d’achat de l’action Carbur à 25 euros, et ceci quelle que soit l’évolution du cours de l’action d’ici décembre.

Situation à l’échéance du contrat

A l’échéance du contrat fin décembre, deux cas de figures peuvent se présenter :

a/ L’action Carbur cote au-dessus de 25 : le détenteur de l’option d’achat (CALL) a alors intérêt à exercer son option, puisqu’il peut acheter des actions Carbur acquises au prix de 25 alors que ces dernières valent maintenant plus cher sur le marché. Il peut décider de les revendre immédiatement et dégager ainsi un gain financier. De manière symétrique, celui qui lui avait vendu cette option d’achat, le vendeur de l’option d’achat, se retrouve en décembre dans l’obligation de livrer des titres Carbur au prix de 25 euros alors que ceux-ci valent plus cher sur le marché : il perd de l’argent…

b/ L’action Carbur cote en-dessous de 25 : il est plus intéressant d’acheter au cours du marché qu’au prix d’exercice de 25. Le détenteur de l’option d’achat a donc intérêt à « abandonner » son option …


- Une option de vente sur actions donne à son acquéreur le droit de vendre les actions pendant un certain temps ou à une date future (l’échéance) au prix d’exercice fixé.

Option de vente – Exemple

en savoir plus
Une option de vente d’actions Carbur sur l’échéance de décembre prochain au prix d’exercice de 25 euros, encore appelée PUT Carbur décembre à 25, donne à son acquéreur le droit de vendre fin décembre (ou jusqu’à fin décembre, selon le type d’option), des actions Carbur au prix convenu à l’avance de 25 euros. L’achat d’un PUT Carbur décembre 25 permet de se garantir un cours de vente de l’action Carbur à 25 euros et ceci quelle que soit l’évolution du cours de l’action d’ici décembre.

Situation à l’échéance du contrat

A l’échéance du contrat fin décembre, deux cas de figures peuvent se présenter :

a/ L’action Carbur cote en-dessous de 25 : le détenteur de l’option de vente (put) a alors intérêt à exercer son option, puisqu’il peut vendre des actions Carbur au prix de 25 alors que ces dernières valent désormais moins cher sur le marché. De manière symétrique, celui qui lui avait vendu cette option de vente, ou vendeur du PUT, se retrouve en décembre dans l’obligation d’acheter des titres Carbur au prix de 25 alors que ceux-ci valent moins cher sur le marché : il perd de l’argent … b) L’action Carbur cote au-dessus de 25 : il est plus intéressant de vendre au cours du marché qu’au prix d’exercice de 25. Le détenteur de l’option de vente a donc intérêt à « abandonner » son option.


Les options d’achat ou de vente peuvent elles-mêmes être achetées ou vendues (on peut vendre une option sans en avoir acheté préalablement). Mais le fait que seul l’acheteur puisse décider de l’exercice des options créé une asymétrie de situations entre acheteurs et vendeurs qui rend la position des vendeurs beaucoup plus risquée en cas d’évolution défavorable des cours. C’est pourquoi il est recommandé à l’investisseur non averti de se limiter à l’achat d’options d’achat ou de vente.


L’exercice de l’option : type américain ou européen

Une option est de type (ou style) « américain » ou « européen  », non pas en raison du lieu où elle est négociée mais en fonction de son mode d’exercice :

  • les options qui peuvent être exercées à tout moment entre leur date d’achat et leur date d’échéance définie dans le contrat sont dites de type américain
  • les options exerçables uniquement à l’échéance définie dans le contrat sont des options de type européen.

Sur NYSE Euronext (ou plus précisément sur le LIFFE, son marché dédié aux produits dérivés) les deux types d’options sur actions sont négociés. Ceci dit, quel que soit le mode d’exercice proposé, une option est négociable et peut donc être revendue sur le marché à tout moment avant son échéance.

L’exercice, qu’est-ce que c’est ?

Exercer une option, c’est demander l’exécution du contrat. C’est une décision qui appartient au seul acheteur de l’option. S’il n’exerce pas son option, elle expire à la date d’échéance sans qu’aucune opération n’intervienne(*) : on dit qu’il l’a "abandonnée". Concrètement, le détenteur d’une option qui veut exercer celle-ci transmet une instruction à son intermédiaire financier. L’exercice de l’option sur actions se traduit pour lui par :

- l’achat d’actions sous-jacentes (pour une quantité standard définie par le contrat) au prix d’exercice, s’il détient une option d’achat
- la vente d’actions sous-jacentes au prix d’exercice, s’il détient une option de vente.

L’exercice de l’option donne lieu à l’inscription à son compte d’une transaction en actions (achat ou vente) au prix d’exercice de l’option et pour la quantité sur laquelle elle porte. Sur certains marchés, un règlement en espèces d’un montant équivalent à la valeur de l’action au moment de l’exercice peut toutefois se substituer à la livraison de l’action.

En face de cet acheteur, le vendeur de l’option doit :

- livrer les actions sous-jacentes s’il s’agit d’une option d’achat ;
- acheter les actions au prix d’exercice s’il s’agit d’une option de vente.

Afin de respecter l’égalité entre tous les intervenants, pour chaque demande d’exercice d’une option particulière, un tirage au sort est effectué parmi tous les vendeurs d’options de mêmes caractéristiques pour désigner celui qui devra s’acquitter de son engagement (on parle d’"assignation").

(*) sur le marché français (le marché LIFFE de NYSE Euronext), comme sur de nombreux autres marchés, les options "dans la monnaie" c’est-à-dire dont l’exercice se traduit par un gain pour l’acheteur, sont exercées automatiquement à la date d’échéance du contrat d’option (ce qui bénéficie aux distraits !), sauf instruction contraire de l’investisseur



Acheteur et vendeur : des situations dissymétriques

L’acquéreur ou acheteur d’une option d’achat (de vente) détient un droit d’achat (de vente) d’actions. Il utilisera ce droit, – à l’échéance dans le cas d’une option européenne, ou d’ici l’échéance si c’est une option américaine – seulement s’il a un intérêt financier à le faire, c’est-à-dire si les conditions de marché lui permettent de dégager un gain. En revanche, il n’a aucune obligation et peut abandonner l’option si elle ne lui semble pas intéressante.

Ce droit a un coût, certain et défini au départ : la prime, qui est le prix de l’option payée au vendeur. Quelle que soit l’évolution du cours du sous-jacent, la perte sera limitée à cette prime. En revanche, en cas d’évolution favorable du cours de l’action, le gain peut-être très important : en théorie illimité pour une option d’achat mais limité au prix d’exercice de l’action pour une option de vente.

A l’inverse, le vendeur d’une option d’achat (de vente) se trouve dans l’obligation d’honorer son contrat si l’acquéreur de l’option décide d’exercer. En rémunération de ce risque, il reçoit une prime, qui (comme dans l’exemple de l’assurance) lui est définitivement acquise, que l’option soit exercée ou abandonnée. Son gain est donc limité à la valeur de la prime mais sa perte peut être beaucoup plus importante. Sa position est donc très risquée !

En résumé :

- l’acheteur d’options acquiert l’espérance d’un gain illimité à terme contre le paiement immédiat d’une prime qui constitue son risque limité et connu ;

- le vendeur d’options encourt un risque qui peut être illimité à terme (s’il ne détient pas les actions support) contre un profit immédiatement encaissé et limité.



Comment choisir son option ?

1/ Option d’achat (CALL) ou de vente (PUT)

Ce choix s’opère bien sûr en fonction de l’anticipation d’évolution des cours des actions faite par l’investisseur et de la stratégie qu’il a choisi de suivre. L’investisseur non averti retiendra aussi qu’il est risqué de vendre des options d’achat non couvertes (compensées) par la détention des actions sous-jacentes ou de vendre des options de vente non couvertes par la possibilité de mobiliser immédiatement les espèces correspondant à l’achat des actions au prix d’exercice des options.

2/ Niveau du prix d’exercice

Le prix d’exercice est le prix auquel sont payées les actions en cas d’exercice de l’option. Sur le marché des options, on a le choix entre plusieurs prix d’exercice possibles. Ce dernier peut être au-dessus ou en-dessous du cours de marché de l’action au moment de la cotation. Dans le cas d’une option d’achat (call) à un prix d’exercice inférieur au cours du marché, on parle d’option d’achat dans la monnaie (ou "dans les cours") car elle apparaît d’emblée intéressante. Dans le cas d’une option d’achat à un prix d’exercice supérieur au cours du marché, on parle d’option d’achat hors de la monnaie (ou "hors des cours") car elle semble peu attractive pour l‘instant. Dans le cas d’une option de vente (put) à un prix d’exercice supérieur (inférieur) au cours du marché, on parle inversement d’option de vente dans la monnaie (hors de la monnaie). Si le prix d’exercice est égal ou voisin du cours de l’action, on dit qu’il est à parité (ou à la monnaie).

Exemple

en savoir plus
En supposant que l’action Carbur cote 25 euros, un CALL Carbur décembre à 22 et un PUT Carbur décembre à 29 seront dans la monnaie tandis qu’un CALL 30 et un PUT 23 seront hors de la monnaie. Un CALL 25 et un PUT 25 sont à la monnaie. Un CALL 22 aura évidemment plus de chances d’être exercé à l’échéance qu’un CALL 24 : il est donc plus cher au départ, sa prime est plus élevée !

Remarquons qu’une option hors de la monnaie peut rapidement devenir dans la monnaie si le cours du marché varie suffisamment avant l’échéance de l’option, et inversement.

Le choix du prix d’exercice se fait en fonction des anticipations d’évolution de marché et de l’objectif de rentabilité voulu, mais aussi en fonction du montant de la prime auquel il est directement lié. Ainsi par exemple, plus le prix d’exercice d’une option d’achat est élevé par rapport au cours instantané du support, plus faible est la prime

3/ Durée de vie de l’option

La durée de vie de l’option est le temps qui sépare la date de cotation de la date d’échéance de l’option (date à laquelle elle expire si elle n’est pas exercée avant) : elle est généralement de quelques jours à quelques mois.

A un instant donné, pour une même action, il est possible d’acquérir des options d’achat et des options de vente sur des échéances variées. Le choix se fera en fonction de l’horizon d’anticipation ou d’intervention retenu, et de la valeur de la prime que l’on est prêt à payer. Ainsi, plus l’échéance est éloignée, plus la prime est élevée (car plus grande est la chance de voir son anticipation se réaliser).


La valeur d’une option

Comme celui des actions, le prix de l’option (la prime) varie en fonction de l’offre et de la demande sur le marché sur lequel elle est négociée. Pour comprendre comment se forme le prix de l’option, il faut savoir que plusieurs paramètres interviennent dans la constitution de ce prix :

  • le cours de l’action support de l’option. Sa hausse renchérit l’option d’achat sur cette valeur et fait perdre de la valeur à l’option de vente (et vice versa)
  • le niveau du prix d’exercice de l’option par rapport au cours de marché au moment de la cotation de l’option. Dans le cas d’une option d’achat, plus le prix d’exercice est bas, plus la prime est élevée ; c’est l’inverse pour l’option de vente
  • la durée de l’option : plus la durée est longue, plus la prime sera élevée. Toutes choses étant égales par ailleurs, la valeur d’une option diminuera au fur et à mesure que l’on approche de l’échéance de l’option.
  • le niveau des taux d’intérêt : acheter une option d’achat revenant à acheter des actions en les payant plus tard, plus le taux d’intérêt est élevé, et plus l’option sera chère (et vice versa pour les options de vente)
  • l’octroi éventuel d’un dividende d’ici l’échéance de l’option : en effet, l’attribution d’un dividende doit théoriquement engendrer une perte de valeur de l’action au moment de son versement. Cela renchérit légèrement la valeur d’une option de vente avant le versement du dividende, et inversement réduit la valeur d’une option d’achat.
  • et enfin … la volatilité des cours de l’action : plus ces derniers sont chahutés, plus les primes des options d’achat et de vente seront élevées, la position du vendeur d’options devenant évidemment plus risquée : ce dernier exige alors une rémunération proportionnelle au risque pris (de même qu’un assureur augmente la prime d’assurance en cas de taux de sinistre plus élevé).

En pratique, les opérateurs professionnels veillent à la cohérence du niveau des primes d’options traitées sur le marché : ils sont aidés en cela par des logiciels de valorisation qui fonctionnent à partir de modèles mathématiques prenant en compte l’ensemble des paramètres que l’on vient d’évoquer.

Dernière mise à jour le 18 avril 2008

imprimer retour
Les mots de la finance : Décryptage des mots de l’actualité
Contrats à terme Inflation, déflation, stagflation, récession Rehausseurs de crédit ...