Quels sont les principaux acteurs de l’Investissement Socialement Responsable (ISR) ?
L’ISR suppose de proposer une nouvelle grille d’analyse extra financière aux acteurs financiers. Son développement est à l’origine de nouveaux métiers, de nouvelles formes de coopération entre actionnaires et de nouveaux outils. Dans certains pays européens, des dispositifs législatifs spécifiques ont été mis en oeuvre.
L’offre et la distribution des produits
Comme d’autres types d’OPCVM, les fonds ISR sont créés par des sociétés de gestion et des dépositaires (ces derniers ayant pour tâche de contrôler la régularité des décisions de gestion de l’OPCVM et la responsabilité de la conservation de ses actifs). Ils sont gérés par des sociétés de gestion habilitées par l’Autorité des marchés financiers. Les sociétés de gestion qui proposent des fonds ISR mettent en place des dispositifs particuliers pour ces produits, créant souvent une cellule d’analyse extra-financière, voire une société de gestion entièrement dédiée à l’ISR.
Les produits ISR sont disponibles auprès de multiples réseaux de distribution bancaires et financiers. L’offre auprès des investisseurs particuliers s’élargit de plus en plus et des produits ISR sont aujourd’hui proposés par des compagnies d’assurance, et même par des hypermarchés.
Les agences de notation extra-financières
Créées à la fin des années 90 et au début des années 2000, les agences de notation extra-financière évaluent et notent la politique de responsabilité sociale et environnementale ainsi que de gouvernance des grandes entreprises cotées. Leurs notations sont vendues la plupart du temps à des gestionnaires de fonds ISR.
Ce secteur compte aujourd’hui une trentaine d’acteurs, localisés en Europe, en Amérique du Nord et en Asie. Ces agences travaillent à partir d’analyses des documents publics, de questionnaires spécifiques, et de rencontres avec des responsables d’entreprises. Chacune a sa propre méthodologie ce qui ne simplifie pas le travail de réponse des entreprises et la comparaison entre leurs différentes notes.
En France, la principale agence s’appelle Vigeo, créée en 2002. Vigeo a une dimension européenne puisqu’elle possède des filiales en Belgique et en Italie.
Les indices boursiers "éthiques"
Les grandes agences internationales de notation extra-financière ont noué des partenariats avec les sociétés productrices d’indices boursiers (Financial Times, Dow Jones) pour créer des indices rassemblant les entreprises qui obtiennent les meilleures notes sur un plan social, environnemental et de gouvernance. Ces indices sont aujourd’hui plutôt utilisés par lesdites entreprises comme outil de communication que par la communauté financière pour construire des produits ou comme outil de comparaison des performances. Les entreprises qui figurent dans un ou plusieurs de ces indices en font mention dans leurs rapports développement durable.
Les principaux indices sont les Dow Jones Sustainability Indices (DJSI), des indices de Dow Jones construits en collaboration avec STOXX Ltd à partir des notes fournies par un évaluateur suisse, SAM ; l’indice FTSE4GOOD du groupe FTSE, alimenté par les notes de l’agence anglaise EIRIS. Vigeo a développé le sien, baptisé ASPI Eurozone.
Pour en savoir plus :
les indices Dow Jones Sustainability
l’indice FTSE4GOOD
l’indice ASPI Eurozone
Les coalitions d’actionnaires
Si l’ISR est essentiellement un marché de niche, un nombre croissant d’investisseurs institutionnels internationaux, dont une grande partie sont Européens, s’engagent dans des démarches collectives pour tenir compte des enjeux sociaux et environnementaux dans leurs placements. Elles peuvent passer par des associations qui ont un objectif précis. C’est le cas du projet "Carbon Disclosure", qui réunit plus de 300 investisseurs pesant ensemble plus de 4 100 000 milliards de dollars. Elle a pour objet d’inciter les grandes entreprises mondiales à tenir compte du changement climatique en les interrogeant sur leurs politiques de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Les réponses des 2400 entreprises interrogées sont rendues publiques. Il existe aussi une initiative pour la transparence dans le secteur minier.
Ces investisseurs engagés participent souvent à plusieurs coalitions et peuvent aussi adhérer à l’Enhanced Analytics Initiative. Lancée en 2004, celle-ci conduit ses signataires à affecter 5 % des commissions qu’ils versent aux sociétés de courtage à la recherche extra financière.
Les organismes de promotion de l’ISR
FIR et Eurosif
Le Forum pour l’Investissement Responsable rassemble des professionnels de la gestion de fonds, des spécialistes de l’analyse sociale et environnementale, des consultants, des syndicalistes, des universitaires, des religieux, des citoyens. Son objectif est de faire du lobbying auprès des diverses institutions financières pour les inciter à adopter des pratiques d’’investissement responsable, c’est à dire à intégrer des critères extra financiers dans divers modes de gestion. Le FIR appartient à Eurosif, réseau européen qui rassemble les différents mouvements nationaux de ce type. Il existe aussi des SIF (Social Investment Forum) aux Etats-Unis, au Canada, en Australie ou en Asie, à Hong-Kong.
Novethic
Centre de recherche et d’expertise sur l’ISR créé en 2001, Novethic est une filiale de la Caisse des dépôts. Grâce à ses études régulières, c’est aujourd’hui la principale source de données sur l’investissement socialement responsable en France en termes de statistiques et d’analyse des tendances d’évolution du marché. On peut consulter sur son site Internet, www.novethic.fr, une liste quasi-exhaustive des fonds ISR disponibles sur le marché français. Novethic évalue leurs caractéristiques extra financières. Les notes permettent aux investisseurs de se repérer.
Dernière mise à jour le 20 décembre 2007



