Finance durable

Qu’est-ce que l’Investissement Socialement Responsable ?

Le terme d'Investissement Socialement Responsable (ISR), adapté d’un concept anglo-saxon, rassemble toutes les démarches qui consistent à intégrer des critères extra-financiers c’est à dire concernant l’environnement, les questions sociales, éthiques et la gouvernance dans les décisions de placements et la gestion de portefeuilles.

L'ISR peut prendre 3 formes principales

  • les fonds socialement responsables ou de développement durable : ils intègrent des critères sociaux et environnementaux d’évaluation d’une entreprise cotée qui sont croisés avec des critères financiers pour sélectionner dans un portefeuille les entreprises les plus performantes d’un point de vue développement durable.
  • les fonds d’exclusion (également dénommés "placements éthiques") : plus répandus dans les pays anglo-saxons, ils excluent, pour des raisons morales ou religieuses, certains secteurs comme l’armement, le jeu, le tabac…voire des activités considérées par leurs détenteurs comme dangereuses pour l’environnement : OGM, nucléaire.
  • l’engagement actionnarial ou activisme actionnarial: il consiste, pour les investisseurs, à exiger des entreprises une politique de responsabilité sociale plus forte, soit en les interpellant directement, soit par l’exercice des droits de vote en assemblées générales. Il suppose, ce qui est plus fréquent aux Etats-Unis qu’en Europe que des résolutions environnementales ou sociales figurent à l’ordre du jour des assemblées générales ; cela peut se produire si les actionnaires ont eu la possibilité d’en déposer, ou si l’entreprise le propose à l’approbation ce qui est encore rarissime. De telles résolutions peuvent par exemple viser à obliger l’entreprise à adopter une politique de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre ou prohiber l’installation dans un pays litigieux comme la Birmanie.

Ces différentes approches sont parfois improprement qualifiées de placements éthiques, une catégorie de placements qui, outre les fonds d'exclusion comprend aussi d'autres types de produits financiers : les fonds de partage et les produits financiers solidaires. Les premiers consistent à rétrocéder une part des bénéfices générés par le fonds à des associations caritatives ou des ONG, les seconds sont des produits d’épargne destinés à financer des projets d’économie solidaire.

Le développement de l’ISR

En France, mais aussi en Europe ainsi qu’en Amérique du Nord et en Asie, l’Investissement Socialement Responsable se développe sur l’idée que la prise en compte de critères sociaux et environnementaux permet de mieux identifier les sociétés performantes, à moyen et long terme. La question est posée de savoir si cela se fait au détriment de la performance financière à court terme. Les approches choisies varient considérablement d’un pays à l’autre. En France, c’est très largement l’approche "fonds de développement durable" qui domine. En Europe du Nord, les fonds d’exclusion sont plus répandus.
En avril 2006, les Nations Unies ont adopté les Principes pour l’Investissement Responsable (PRI). Il s’agit de six principes auxquels peuvent se conformer les investisseurs qui souhaitent intégrer les problématiques Environnementale, Sociale et de Gouvernance (ESG) dans la gestion de leurs portefeuilles d’investissement. En 2011, il existe plus de 300 fonds d'investissement socialement responsables  dans le monde.

Le levier législatif

L’ISR imprègne progressivement l’ensemble de la gestion financière. Des critères ayant trait à la gouvernance d’entreprise ou à la gestion du risque environnemental, sont aujourd’hui couramment utilisés par la communauté financière. Dans certains pays, existent des dispositifs législatifs qui n’obligent pas les investisseurs à faire de l’ISR mais favorisent sa visibilité et son développement. En 2000, le gouvernement britannique a introduit une loi obligeant les fonds de pension à divulguer la manière dont ils prennent en compte les informations sociales, environnementales et éthiques dans leurs stratégies d’investissement. Depuis, d’autres pays européens ont adopté des législations du même type, l'Allemagne (2002) ou encore la Suède et la Belgique.

L’ISR en chiffres

Selon la dernière enquête d'Eurosif, réseau européen de promotion de l’ISR, réalisée sur le marché européen de l’ISR à partir des données de treize pays européens, l'ISR représentait 5000 milliards d’euros au 31 décembre 2009, en hausse de 87 % par rapport à décembre 2008.
Ce chiffre reflète des situations très différentes selon les pays. L’étude distingue le « core ISR » du « broad ISR ». Le premier terme désigne les approches ISR les plus approfondies d’application de critères extra-financiers à la gestion qui ne représentent que 1200 milliards d’euros d’encours sur un plan européen… Le terme « broad ISR » englobe toutes les possibilités, y compris la simple exclusion de valeurs sur un seul critère, il est estimé à 3800 milliards en 2009.

En France, plus de 300 fonds ISR étaient proposés fin 2011 (à comparer aux 5 000 OPCVM, toutes catégories confondues).  Novethic, centre de recherche et d’information sur l’ISR, chiffrait les encours ISR détenus par les résidents français fin 2011 à 115 milliards d’euros, dont 70 % appartiennent à des investisseurs institutionnels et 30 % aux particuliers.

Pour des données récentes sur l'ISR en France, vous pouvez vous reporter à l'étude de Novethic datée d'avril 2011

Créé le 18 juin 2008 - Dernière mise à jour le 12 septembre 2012
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