Niveau et composition des revenus moyens en France

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Moyennes, écarts, inégalités, définitions… ce décryptage récapitule les informations essentielles concernant les revenus des français.

Ménages, revenus disponibles, niveau de vie… quelques définitions 

Dans les statistiques, notamment celles de l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques), on parle de ménage pour désigner la famille ou le foyer.
Quant au revenu disponible calculé par l’INSEE, il comprend les revenus d’activité, les revenus du patrimoine, les prestations sociales, les pensions moins les impôts directs – Impôt sur le revenu (IR), Taxe d’habitation, Cotisation sociale généralisée (CSG), Contribution à la réduction de la dette sociale (CRDS).

Le niveau de vie est égal au revenu des ménages divisé par le nombre d’unité de consommation (UC) appartenant au ménage.

Salaire moyen : quelques chiffres

En 2015, le salaire mensuel moyen, net de tous prélèvements, s’élève à 2 250 €, contre 2 154 € en 2012, soit une progression de 4,4 % en euros courants sur trois ans, mais une hausse de seulement 0,5 % en euros constants (donc en termes de pouvoir d’achat) ndu fait de l’inflation.

En 2015, le revenu disponible moyen par ménage était de 36 300€ par an, soit un peu plus de 3 025 € par mois.

Mesurer le niveau de vie

Le revenu disponible par ménage ne mesure pas le niveau de vie effectif des individus. Cela dépend du nombre de personnes composant le ménage. Mais il faut aussi tenir compte du fait que des dépenses ne sont pas proportionnelles au nombre de personnes. Le niveau de vie est donc calculé en divisant le revenu disponible du ménage par le nombre d’unités de consommation. Le premier adulte compte pour 1. Les autres personnes de plus de 14 ans comptent pour 0, 5 et les enfants de moins de 14 ans 0,3.

Pour une famille composée d’un couple et de deux enfants, l’un de 15 ans et l’autre de 13 pour estimer le niveau de vie de chaque individu composant cette famille, on divisera son revenu par 2,3.

Selon l’INSEE, le niveau de vie moyen des personnes ainsi défini était en 2016 de 23 580 €/an, soit  1 965 € par mois. Pour la moitié des ménages, le revenu disponible est inférieur à 19 430 €/an, soit 1 619 €/mois.

Structure du revenu et niveau de vie

Revenu disponible moyen par tranche de niveau de vie

La structure du revenu varie selon le niveau de vie.

L’INSEE réparti les individus selon leur niveau de vie en les classant par décile (c’est-à-dire des 10 % les plus pauvres aux 10 % les plus riches) et calcule la composition moyenne du revenu de chaque tranche. Pour l’année 2011, cela conduit au constat suivant :

Les individus à revenus  modestes : niveau de vie inférieur au troisième décile (30 % de la population)

Ils ont un niveau de vie mensuel inférieur à 1 419 euros (17 032 euros annuels) et un revenu disponible inférieur à 1 760 euros (21 120 euros annuels). La part des revenus d’activité et de remplacement est plus faible que pour les autres catégories (environ la moitié du revenu disponible).

Les individus de cette catégorie perçoivent une part importante de prestations sociales plus de 47 % pour le 1er décile et environ 13 % pour le 3e). Les revenus du patrimoine ne représentent qu’environ 3 % des revenus de ces personnes. 

La « classe moyenne »: niveau de vie compris entre le troisième décile et le  huitième décile (50 % de la population)

Les personnes dans ce groupe ont un revenu annuel par ménage compris entre 21 120 euros et 49 350 euros. Le revenu disponible moyen de ces personnes est de 2 775 euros par mois (33 302 euros annuels).

Les revenus d’activité (salaires ou revenus d’indépendants) représentent une part plus importante du revenu disponible que pour la catégorie précédente, entre les deux tiers et 80 %. Ils bénéficient peu des prestations sociales (entre 1,8 % et 7,5 %  de leurs revenus selon le décile considéré). Les impôts directs représentent entre 10 % et 17 % de leur revenu disponible.

Les individus aisés : niveau de vie compris entre le huitième et le neuvième décile (10 % de la population)

Les individus de cette catégorie ont un revenu annuel compris entre 49 350 euros et 63 210 euros. Le revenu disponible moyen de ces personnes aisées est de 4 608 euros mensuels (55 300 euros annuels).

C’est pour eux que la part des revenus d’activité dans le revenu disponible est la plus importante (près de 80 %). La part des prestations sociales est faible (1,2 %), avec essentiellement des prestations familiales ;  Les impôts directs pèsent pour un peu plus de 19 % de leur revenu disponible. 

Les hauts revenus : niveau de vie supérieur au neuvième décile

Les hauts revenus ont un revenu disponible moyen supérieur à 63 210 euros et un revenu moyen de 96 240 euros. La part des revenus du patrimoine est la plus importante pour cette catégorie (25 % environ contre 10 % en moyenne pour l’ensemble des ménages). C’est également sur cette catégorie que l’effort lié à la redistribution au profit des plus modestes est le plus fort, les impôts directs payés par ces hauts revenus absorbant près de 28 % de leur revenu disponible, alors que les prestations sociales perçues n’en représentent que 0,5 %.

 

    23 commentaires sur “Niveau et composition des revenus moyens en France”
    1. Bonjour,

      Qu’en ai t-il des familles avec des enfants de 0-3 ans (frais de gardes astronomiques), ils comptent également pour 0.3 ?

      J’ai un foyer qui gagnent toutes aides comprisent 5000€/ mois, 2500€ partent deja dans la garde d’enfants…

      1. Bonjour,

        En effet, les enfants de moins de 14 ans comptent pour 0,3. Il n’y a pas d’ajustement pour prendre en compte les frais de garde des jeunes enfants.

        Meilleures salutations
        L’équipe de lafinancepourtous.com

    2. moi ce que j en dit c est que ceux qui gagnent de l argent et payent beaucoup d impots et s en plaignent pour beaucoup c est avec le travail des plus pauvres qu ils s enrichissent et que la logique serait qu on paye mieux les petits salaries les gros paieraient moins d impots car ils gagneraient moins et se plaindraient moins

    3. Oui enfin l’approche à la « Piketti » qui consiste à dire que les plus pauvres sont frappés de plein fouet par la TVA et impots indirects (donc proportionnellement plus que les riches) ne tient pas la route selon moi : Si l’on s’amuse à essayer de décomposer le budget mensuel d’un smicard, on peut dire je pense sans risque que ses dépenses sont essentillement : 1. Loyer (pas de TVA) et 2. Alimentation (TVA réduite à 5.5%). Par ailleurs et dans une moindre mesure : 3. Energie (TVA réduite le plus souvent même si le calcul est compliqué type EDF); 4. Transport (meme avec des taxes indécentes sur l’essence, cela ne représente jamais 20 ou 30% d’un budget….). Donc l’un dans l’autre je n’ai jamais cru à ce calcul « partisan ». Suivez mon regard.
      De l’autre coté, les « riches » ont certes les memes dépenses avec les meme taux réduit ou absence de TVA , mais , EUX, consomment des loisirs, habillement, etc…. avec de la vraie TVA à 20%. Et pas qu’un peu je sais de quoi je parle… Sans parler de la taxe fonciere qui ne concerne par nature que les seuls proprietaires.
      Bref, je pense qu’avant de débattre sur une soi-disant injustice fiscale au profit des méchants riches, il conviendrait de s’asseoir autour d’une table et s’accorder sur une méthodologie factuelle et non partisane.

      1. EN l’occurence, ilne fait pas que le dire, il le démontre, chiffres à l’appui. Votre raisonnement est biaisé par le fait que la propension moyenne à consommer est bien plus faible pour le sménages aisés que pour les ménages (très) modestes. Ce que les différentiels de taux de TVA ne parviennent à compenser, lorsqu’on rapporte le poids de ce prélèvement au revenu dispo de ces 2 catégories de ménages.

      2. Eh bien mettons nous autour de l atable . Chacun vient avec ses chiffres et constatons ce qu’il reste à chacun pour vivre une fois tous les impôts payés . je viens avec ma pension et mes charges et les grandes fortunes qui ont doublé en 10 ans avec les leurs , quant aux 250 000 millionnaires supplémentaires que compte la France cette année ils pourront expliquer comment malgré une taxation spoliatrice ils arrivent quand même à accumuler du patrimoine .

    4. Merci pour cette présentation claire. Il faut rajouter dans le calcul du revenu disponible les allocations chômage. Et normalement les prélèvements sociaux sur les loyers en plus de la Csg, ainsi que la taxe foncière et l Ifi-Isf. Et puis dans la redistribution, il y a le remboursement des dépenses de santé pour 13 % du Pib. Et puis les services collectifs gratuits pour 25 % du Pib, qui profitent davantage aux premiers deciles. Au total ceux ci ne s en tirent pas trop mal. Alors que la pression fiscale sur les deciles supérieurs est plus forte qu’ indiquée. La redistribution ecrase fortement l ecart de revenus.

      1. ET oui Eric, mais c’est pourtant la stricte vérité : il ne faut pas oublier que plus de la moitié des français (57%) ne paye pas d’impot direct et que parmi les 43% qui en payent, la part payée par les 20% les plus riches représente la moitié de l’impot total…
        Le concept d’égalité fiscale est donc à manier avec précaution…
        Ceci étant dit, et pour essayer de rester objectif, il vrai que les impots indirects (au premier range desquels la TVA) touche proportionnellement plus les pauvres que les riches…

        1. vous dites : « il vrai que les impots indirects (au premier range desquels la TVA) touche proportionnellement plus les pauvres que les riches… »
          vouspourraiez ajouter qu’ils rapportent beaucoup . La TVA c’est deux fois l’IRPP .

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