En 2009, les Français recourent moins au crédit

L’Observatoire des crédits aux ménages - créé en 1989 par la profession bancaire française - a présenté le 16 mars son rapport annuel. Ce rapport est effectué sur la base d’une enquête réalisée par sondage auprès de près de 10.000 ménages.

Principal résultat : baisse du taux d’endettement

En 2009, dans le contexte de la crise ouverte en 2008, le pourcentage de ménages endettés a reculé de 1,8 %. 50,8 % des ménages sont endettés, soit 13,89 millions de ménages, contre 52,6 % en 2008. La diffusion des crédits immobiliers (accession à la propriété et travaux) a diminué pour la première fois depuis 2003 (le taux de détention de crédit immobilier étant de 30,8% contre 31,3% en 2008). Le recours aux crédits à la consommation a baissé beaucoup plus. 31,7 % des ménages en détenaient en 2009 soit 2,1 points de moins qu’en 2008 (33,8%). La baisse est donc nette et ramène le taux global au niveau de 1997. C’est surtout dans le segment de la « carte magasins » que la baisse est la plus forte : 7,7% des ménages en 2009 contre 9,6% en 2008.

Dans ce contexte de prudence accrue, les ménages ont le sentiment que leur situation financière et budgétaire s’est stabilisée. 50,5 % des ménages ayant un ou plusieurs crédits estiment que ces charges sont supportables ou très supportables. C’est le même pourcentage que l’an passé.

Pour 2010, la prudence prévaut pour les crédits à la consommation

Pour 2010 les ménages français sont plus nombreux qu’en 2009 à déclarer avoir l’intention de souscrire un crédit immobilier dans les prochains mois : 5,6 % (contre 4,8 % fin 2008). En revanche, ils sont plus prudents que jamais en matière de crédit à la consommation. Seuls 4,4 % des ménages disent vouloir recourir au crédit à la consommation cette année, soit le pourcentage le plus faible depuis la fin des années 1990. "Les ménages français ne paraissent pas totalement rassurés sur les perspectives économiques de ces prochains mois", estime Michel Mouillart, qui gère l'observatoire.

Taux de détention : quelques chiffres

5,22 millions de ménages ne détiennent que des crédits immobiliers. 5,47 millions ne détiennent que des crédits à la consommation. 3,20 millions détiennent à la fois un crédit immobilier et un crédit à la consommation.

En 2009, 6,32 millions de ménages ont eu recours à au moins un nouveau crédit (-9,2 % en 2009) correspondant à 8,99 millions de nouveaux prêts (-9,7%) dont 1,91 million de crédits immobiliers (-13%) et 7,08 millions de crédits à la consommation (-8,6%).

Dans l’ensemble, selon l’Observatoire, les évolutions récemment observées montrent que la détérioration du rapport au crédit des ménages s’explique essentiellement par la dégradation de leur environnement économique et financier. « Les ménages ne rencontrent pas de difficultés particulières du fait de leur pratique du recours au crédit. Pour la plupart d’entre eux, et cela peut sans doute paraître paradoxal, conclut-il, les ménages détenant des crédits vivent mieux leur rapport au crédit aujourd’hui qu’il y a six ou même douze ans ».

Des difficultés persistantes au sein des populations « fragiles »

En savoir plus

Ces évolutions n’ont pas été partagées par tous les ménages détenant des crédits. Une certaine proportion d’entre eux (environ 1,2 million de ménages, soit 4,4 % de l’ensemble des ménages qu’ils soient ou non endettés) est financièrement fragile. Pour l’Observatoire un ménage fragile est un ménage qui a un dossier en Commission de surendettement ou qui estime ses charges beaucoup trop élevées ou qui déclare que les dettes sont nécessaires pour boucler les fins de mois.
Signe que la fragilisation d’une partie des ménages s’est poursuivie sous l’effet de la conjoncture, la diffusion du découvert bancaire est en progression. Globalement 1 quart des ménages y a eu recours en 2009 contre 22,8 % en 2002. Surtout, 36,5 % des ménages ayant par ailleurs un ou plusieurs crédits y ont eu recours en 2009 contre 34,6 % en 2002. Le risque de fragilité est notamment plus élevé pour les ménages qui ont des crédits à la consommation, mais pas de crédit immobilier. Comme le souligne le rapport cette fragilité provient en fait « d’une insuffisance des ressources courantes et non pas de l’usage d’une forme particulière de crédit » : 54,6 % des ménages qui recourent au crédit à la consommation ont un revenu mensuel inférieur à deux SMIC.

Les populations dites « fragiles » représente 4, 4% de l’ensemble des ménages, soit le niveau observé en 1997 : 18,2 % ne détiennent aucun crédit ; parmi ceux qui détiennent un crédit au moins, 67,5% ne détiennent qu’un crédit à la consommation, 13,8% un crédit immobilier, et 18,7% les deux. 71,5 % détiennent au moins un crédit à la consommation, 73,4% un découvert bancaire pour régler des dépenses de consommation (59,9% des ménages fragiles).
Mais cette catégorie spécifique de la population se transformerait sensiblement (comparatif 2009/1997) :

  • ils seraient moins jeunes (16,6% / 28,3%),
  • ils seraient très fortement moins accédants à la propriété (19,4% /31,9%),
  • ils déposeraient plus de dossiers en commission de surendettement (26,7% / 22,2%).

Evolutions différentes selon l’âge

En savoir plus

Des évolutions différenciées selon les âges sont constatées :

  • les moins de 30 ans ont largement amplifié leur recours aux crédits immobiliers depuis le début des années 2000.Parallèlement, ils allègent leur utilisation des crédits à la consommation. Alors que leur situation financière se stabilise, ils sont plus nombreux que par le passé à considérer les charges de remboursement trop ou beaucoup trop élevées.
  • les ménages de 55 à 64 ans ont nettement accru leur recours aux crédits à la consommation et au découvert bancaire, en 2009. Leur appréciation sur le poids des charges de remboursement s’est détériorée en conséquence : ils estiment alors plus souvent que par le passé que les dettes sont nécessaires pour boucler les fins de mois.

Accéder au rapport de l’Observatoire des crédits aux ménages 2009

Créé le 19 mars 2010
© IEFP - la finance pour tous
 
 
institut pour l'éducation financière du public

lettre d’information MENSUELLE - ABONNEZ-VOUS !