Retraite : deux Français sur trois inquiets

Retraite : deux Français sur trois inquiets

Plus des deux tiers des Français sont inquiets en matière de retraite en 2013, selon la dernière enquête annuelle du Cercle des épargnants. C’est le taux le plus haut enregistré depuis 2006

Le Cercle des Epargnants, centre d’études et d’information sur l’épargne et la retraite, réalise depuis sept ans une enquête annuelle sur le comportement des Français face à l’épargne et à la retraite. Cette étude est réalisée par l’institut CSA et le Centre d’études et de connaissance sur l’opinion publique (Cecop).

Les « très inquiets » en forte progression

En 2013, plus des deux tiers des Français (67 %) se disent inquiets en matière de retraite, contre 60 % en 2012. C’est le taux le plus haut enregistré depuis 2006. Et ce sont les « très inquiets » qui progressent le plus passant de 17% en 2012 à 25 % en 2013. C’est parmi les jeunes actifs (25-34 ans) que la part des « très inquiets » est très forte (38 %). Ils sont « très inquiets » pour 29 % chez les 35-49 ans et pour 24% chez les 50-54 ans.

Retraite : deux Français sur trois inquiets

La retraite à 65 ans est jugée « nécessaire », sans être souhaitée

Le financement du système de retraite est la première préoccupation des Français (56 %), devant l’assurance maladie (43  %), l’aide au logement (26 %) et les complémentaires santés (22 %).
 Interrogés sur l’avenir du système de retraite, seules 35 % des personnes interrogées veulent le maintien du système actuel. 58 % des Français se déclarent favorables à l’instauration d’un régime unique par points (dont 26 % pour un système par points qui prend en compte l’espérance de vie).

Concernant la réforme des retraites, les Français refusent fortement la baisse des pensions et l’augmentation des cotisations. En revanche, le report de l’âge légal du départ à la retraite, au lieu de 62 ans depuis la réforme de 2010, est jugé comme « nécessaire » pour 60 % des personnes interrogées (contre 30 % en 2011).
 Sur cette question, il existe un fort clivage en fonction des catégories socioprofessionnelles. Les ouvriers sont seulement 39% à être favorables à cette mesure (75 % des cadres supérieurs y sont favorables). Ceci est à mettre en parallèle à la plus faible espérance de vie des ouvriers à la retraite.

Et pourtant, les Français épargnent moins pour leur retraite

Pour 2013, un peu plus de la moitié des Français (52 %) déclare épargner en vue de financer sa retraite. Ce taux a baissé de 5 points par rapport à 2012 (57%). La crise semble peser sur l’effort d’épargne en faveur de la retraite.

L’immobilier n’est plus considéré comme placement préféré des Français, passant en deuxième position derrière le Livret A qui est déclaré être le meilleur placement pour son épargne en 2013 par 43 % des personnes interrogées. Le prix de l’immobilier a certainement une incidence sur cette évolution.
 L’assurance-vie demeure en troisième position comme en 2012. En dépit du phénomène de décollecte constaté en 2012, 87 % des titulaires d’un contrat d’assurance vie n’ont pas l’intention d’effectuer des retraits en 2013.

Concernant les intentions d’épargne des Français en 2013, 49 % n’entendent pas modifier leur comportement (contre 52 % en 2012). 19 % souhaitent puiser dans leur épargne (contre 18 % en 2012). A l’inverse, 31 % souhaitent épargner davantage (contre 29 % en 2012).

Les Français sont attachés aux régimes fiscaux en place

Les Français sont attachés aux régimes fiscaux du Livret A et de l’assurance vie. Pour ces deux produits, les incitations fiscales sont jugées comme légitimes, respectivement, par 53 % et 36 % des personnes interrogées. Pour l’épargne retraite, l’avantage fiscal à l’entrée est important pour 54 % des personnes interrogées. Mais 33 % préfèrent l’avantage fiscal au moment de la liquidation. Pour rappel, les contrats Madelin, les Perp et la Préfon bénéficient d’un avantage à l’entrée, alors que l’assurance vie (sortie en rente viagère) procure un avantage los de la mise en place de la rente, puisque celle ci n’est fiscalisée que sur une fraction qui est fonction de l’âge de l’assuré lors du versement de la première rente.

Enfin, la mesure de l’alignement de la fiscalité de l’épargne sur celle des revenus du travail est vivement contestée. Elle est considérée comme « pas normale » pour 66 % des sondés.

(*) Sondage exclusif CSA / CECOP réalisé par téléphone les 8 et 9 janvier 2013. Echantillon national représentatif de 1009 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas.

Créé le 11 février 2013
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