La BCE prête à acheter les obligations souveraines des pays en difficultés

BCE

Le 6 septembre dernier, la BCE a indiqué qu’elle se tenait prête à acheter les obligations de dettes souveraines des pays en difficultés dans la zone euro. Ce nouveau programme d’achat de titres lancé par la BCE est sans limite de fonds mais soumis à conditions.

Des achats sans limite conformes au mandat de la BCE

La BCE a décidé un programme d’achat d’ obligations   Définition Une entreprise (une collectivité publique ou l’Etat) peut solliciter un emprunt en émettant des obligations. L’obligation représente une fraction de cet emprunt. En contrepartie, de son investissement, le détenteur de l’obligation percevra des intérêts, que l’on nomme « coupons ». Il s’agit en tant que tel d’un titre de créance cessible, pouvant même faire l’objet d’une cotation en Bourse. Mais elle ne confère ni de droit de vote ni de droit aux dividendes au sein de la société émettrice, contrairement à l’action.
émises par les États de la zone euro sur le marché secondaire   Définition Peut être considéré comme le marché de l’occasion. S’y échangent les titres, déjà émis et ayant fait l’objet d’une première cotation. C’est ce qui permet d’assurer la liquidité des titres financiers. Plusieurs sortes de titres font l’objet d’un tel marché. Les plus connus du grand public sont les actions (part du capital d’une société), les obligations (emprunt) et les produits monétaires (basés sur les taux à court terme). Mais d’autres produits accessibles aux particuliers existent et vous pouvez vous reporter à la section « placements » de notre site
. Ces obligations déjà émises sont actuellement détenues par les banques, les assurances et autres fonds de pension. La BCE achètera des obligations dont la durée est comprise entre un an et trois ans. Aucune limite quantitative n’a été fixée. Ce faisant, a insisté M.Draghi, « la BCE agit dans le cadre de son mandat ».

Ce nouveau programme a été baptisé Opérations Monétaires sur Titres, OMT (Outright Monetary Transaction, en anglais).

Des conditions posées

Mario Draghi a insisté sur ce point, cette politique ne sera efficace et poursuivie que si les États concernés mettent de l’ordre dans leurs finances et respectent leurs engagements. « Afin de restaurer la confiance, les responsables de la politique économique au sein de la zone euro doivent poursuivre avec une grande détermination la consolidation budgétaire, les réformes structurelles destinées à renforcer la compétitivité et la construction institutionnelle européenne. » De même, « l'adhésion des gouvernements à leurs engagements et l'accomplissement de leur rôle par le FESF   Définition Fonds créé lors d’un sommet exceptionnel des chefs d’État et de gouvernement de la zone euro le 9 mai 2010 pour fournir des aides financières à des Etats membres de la zone Euro. Basé au Luxembourg, créé au départ pour trois ans, il a été chargé de garantir des prêts pour les Etats qui seraient dans l’incapacité de trouver, seuls, de l’argent frais sur les marchés financiers. Il agit en complément d’une facilité communautaire de 60 milliards d’euros et pourra être complété par des lignes de crédit du FMI pour un montant total de 250 milliards d’euros. L’Irlande en 2010, et le Portugal en 2011 ont été les premiers Etats à bénéficier de son intervention. En mars 2011 il a été décidé d’étendre sa capacité d’intervention à 440 Milliards d’euros et de le remplacer au-delà de 2013 par le Mécanisme Européen de stabilité (MES). Depuis juillet 2011, il a l’autorisation d’acheter des obligations d’Etat sur les marchés financiers.
D’autre part, le fonds bénéficie de la notation AAA (la meilleure) signifiant que le risque de défaut de paiement est quasi-nul et ce grâce aux garanties apportées par les 17 Etats membres de la zone euro.
/ MES sont des conditions nécessaires pour que des transactions fermes (par la BCE) puissent être conduites et être efficaces
 ».

Assurer la fluidité du marché et l’unité de la zone euro

Mario Draghi, le président de la BCE, a indiqué que ce nouveau programme a pour but :

  • de lutter contre la volatilité des marchés en rappelant l’irréversibilité de l’euro : « Les opérations fermes nous permettront de nous attaquer aux graves distorsions sur les marchés des emprunts d'Etat qui résultent, en particulier, de craintes infondées des investisseurs sur la réversibilité de l'euro. »
  • « d’assurer la bonne transmission de l’orientation de (la) politique monétaire à l’économie réelle dans l’ensemble de la zone euro. » Ces achats vont concourir à faire baisser les taux d’intérêt des titres souverains. C’est d’ailleurs l’un des objectifs de cette décision : faire baisser la pression sur les marchés d’obligations souveraines des pays les plus en difficultés, comme la Grèce, l’Espagne ou l’Italie par exemple qui empruntent actuellement à  des taux d’intérêt très élevés.

Les précédents programmes de rachat de la BCE

Le 4 juin 2009, la BCE lance un programme de 60 milliards d’euros d’achats d’obligations sécurisées sur le marché primaire et sur le marché secondaire garanties par des actifs.

Le 10 mai 2010, la BCE lance un programme d’achats d’obligations souveraines sur le marché secondaire. L’encours des obligations détenues par ce Securities Market Programme (SMP) était de plus de 200 milliards d’euros en janvier 2012. Ce programme est désormais suspendu.

Créé le 11 septembre 2012
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