La crise de 1929

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La crise de 1929 est née d’un excès d’endettement du secteur privé et d’une gigantesque bulle spéculative. Elle a été l’une des plus violentes qu’ait connues l’économie mondiale. Ses conséquences sociales et politiques ont été considérables.

La crise de 1929 a provoqué un ralentissement économique profond au cours des années 1930 connu sous le nom de « Grande Dépression ». Cette crise, partie des États-Unis, mais aux répercussions planétaires, a favorisé l’émergence du nazisme (arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler en 1933) et constitue l’une des causes de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945).

Les racines de la crise de 1929

Cette crise est liée à une bulle spéculative qui a concerné à la fois la bourse et l’immobilier.

La spéculation est une opération financière ou commerciale dont le but est de profiter des fluctuations du marché pour réaliser des bénéfices.

L’euphorie des années 1920 (parfois surnommées les « Années folles ») a provoqué une hausse du prix des actions en bourse. Or l’évolution à la hausse des titres boursiers attire de nombreux spéculateurs qui espèrent des gains faciles. Ce sont des sociétés financières ou de simples citoyens qui se sont endettés pour investir en bourse.

Si j’emprunte 6 euros à la banque pour acheter une action à 6 euros, que son cours boursier augmente et que je peux la revendre 17 euros, la vente m’a fait gagner 17 – 6 = 11 euros. Avec ces 11 euros, je peux rembourser mon prêt à la banque. Mon gain est donc de 5 euros (11 – 6 = 5 euros).

Si beaucoup d’acteurs se mettent à spéculer, et donc à acheter des titres financiers, les prix de ces derniers vont augmenter, ce qui va attirer encore plus d’investisseurs… Un cercle vicieux qui gonfle les prix au-dessus de leur valeur, comme une bulle de chewing-gum. C’est ce qu’on appelle une bulle spéculative. Les cours de la Bourse de New-York sont ainsi multipliés par 3 entre 1920 et début 1929, ce qui correspond à une hausse annuelle d’environ 12 % en moyenne.

L’éclatement de la bulle

Mais la hausse des cours n’est jamais éternelle ! Quand quelques spéculateurs commencent à vendre leurs titres boursiers, par peur que la bulle éclate, les prix des actifs financiers vont alors en sens inverse. Chacun tente alors de revendre ses actions le plus vite possible pour perdre le moins d’argent possible, entraînant un krach boursier. C’est ce qui s’est produit en octobre 1929, et plus particulièrement le jeudi 24 octobre, surnommé le « jeudi noir ».

Les conséquences du krach boursier

Le krach boursier touche, tout d’abord, le monde de la finance. Les spéculateurs sont ruinés par la chute des cours et se retrouvent incapables de rembourser aux banques l’argent qu’ils avaient emprunté pour spéculer.

Si j’emprunte 6 euros à la banque pour acheter la même action que précédemment mais que cette fois-ci, son cours baisse et que je la vends 4 euros, je perds de l’argent. Avec mes 4 euros en poche, je n’ai donc pas suffisamment d’argent pour rembourser le prêt que m’avait accordé la banque.

Les banques sont poussées vers la faillite, ce qui les empêche de financer les entreprises et ruine les épargnants. La crise financière se propage donc à l’économie « réelle » et une crise économique se déclenche, d’autant plus violente que la bulle spéculative a été massive. Les ménages consomment moins, puisque leurs revenus et leur richesse ont diminué. Cela réduit les débouchés des entreprises et nombre d’entre elles licencient et font faillite. Le chômage de masse apparaît alors : en 1933, au plus fort de la crise économique, un Américain sur quatre n’a pas de travail et donc peu ou pas de revenu du tout.

Les grandes migrations aux États-Unis comme conséquences de la Grande Dépression

Au cours des années 1930, les assurances chômage n’étaient pas aussi développées qu’à l’heure actuelle. Si une personne perdait son emploi, elle se retrouvait la plupart du temps sans revenu. Cette situation a provoqué de larges mouvements de population aux Etats-Unis : de nombreux Américains se sont lancés sur les routes afin de trouver un emploi et de quoi se nourrir. Cette situation est évoquée dans le célèbre roman de John Steinbeck, Les raisins de la colère publié en 1939 :

« Les émigrants déferlaient sur les grand-routes et la faim était dans leurs yeux et la détresse était dans leurs yeux. Ils n’avaient pas d’arguments à faire valoir, pas de méthode ; ils n’avaient pour eux que leur nombre et leurs besoins. Quand il y avait de l’ouvrage pour un, ils se présentaient à dix – dix hommes se battaient à coups de salaires réduits.

Si ce gars-là travaille pour trente cents, moi je marche à vingt-cinq.

Il accepte vingt-cinq ? Je le fais pour vingt.

Attendez…c’est que j’ai faim, moi. Je travaille pour quinze cents. Je travaille pour la nourriture. […] Prenez moi, je travaillerai pour un morceau de viande.

Bonne affaire. Les salaires baissaient et les cours se maintenaient. Les grands propriétaires se frottaient les mains et envoyaient de nouveaux paquets de prospectus pour faire venir encore plus de monde. Les salaires baissaient sans faire tomber les prix.

D’ici peu, nous serons revenus au temps des serfs ».

John Steinbeck, Les Raisins de la colère, 1939, chap. XXI. 

La transmission de la crise économique aux autres pays

La crise de 1929 débute donc aux États-Unis. A partir de 1930, elle se propage à d’autres pays et notamment en Europe. Malgré une décennie de prospérité économique, les économies européennes souffrent de nombreux déséquilibres financiers et monétaires, hérités de la Première Guerre mondiale. Plusieurs pays connaissent alors des crises bancaires marquées par la faillite d’établissements majeurs, comme le Credit Anstalt en Autriche. Ces faillites contribuent à installer la dépression en Europe.

La crise économique est, partout dans le monde, amplifiée par la montée du protectionnisme et le recul des échanges internationaux : chaque pays, soucieux de protéger son économie et/ou d’agir en représailles aux politiques commerciales des autres nations, augmente les droits de douane et se ferme progressivement aux autres.

Les réponses à la crise de 1929

Face à la crise, le président américain Hoover conduit une politique économique libérale qui consiste à laisser les entreprises faire faillite sans intervention de l’Etat. La conséquence a été une aggravation de la crise.

A la suite de l’élection du président Roosevelt (1932), les États-Unis mènent une politique de relance économique (la « Nouvelle donne » ou « New deal »), c’est-à-dire que l’État finance des programmes d’aides sociales et de constructions (routes, barrages…) qui ont augmenté le pouvoir d’achat des particuliers et donc relancé la consommation et la croissance. Cette politique s’inspire des théories de John M. Keynes qui ont profondément marqué la science économique.

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