
L’origine de la
banque remonte à Babylone, où, dès le IIe millénaire av. J.-C., le prêt sur marchandises (particulièrement les céréales) se pratiquait déjà dans l’enceinte des temples. Avec l’apparition de la monnaie, vers le VIIe siècle avant notre ère, les opérations de prêts d’argent et de dépôts (remettre de l’argent à quelqu’un pour qui le garde) se sont développées : après s’être exercées dans un cadre religieux, elles sont pratiquées par des personnes civiles. Sous l’Empire romain, des banquiers privés poursuivent cette activité de prêt, de dépôt, et en profite pour avancer de l’argent pour le compte de leurs clients, moyennant un
intérêt.
Jusqu’au Moyen Âge (c’est-à-dire vers le Vème siècle ap. J-C.), les activités de banque se limitent à des opérations de caisse (déposer ou retirer son argent). Le
crédit est encore rarement pratiqué par les banques.
Avec les croisades (les pays chrétiens tentent de libérer Jérusalem des musulmans), les banques connaissent un développement important. Les échanges commerciaux s’accélèrent et les banques y participent en facilitant les achats et les ventes de biens (objets précieux, peaux d’animaux,..), matières premières (céréales, d’épices, métaux,…). À partir du XIe siècle, les banquiers sont principalement des Italiens : la première banque a été créée à Venise en 1151, tandis que la ville de Florence devient une place bancaire de tout premier plan.
Dès le XIIe siècle, le développement du commerce permet aux banques de s’implanter un peu partout en Europe. Les échanges entre l’Europe et l’Orient, l’existence de grandes routes commerciales en Europe du Nord, l’importance des foires de Champagne et de Lyon, facilitent l’utilisation de la lettre de paiement , puis de la lettre de change .

La Renaissance (entre le XIVème et le XVIème siècle) voit la création de grands établissements internationaux : les Fugger en Allemagne, les Médicis, les Alberti ou les Strozzi à Florence, ainsi que plusieurs grandes familles génoises, vénitiennes ou milanaises fondent des banques. Des innovations apparaissent et facilitent les transactions telles que le chèque. Dans le même temps, les établissements bancaires comparables à ceux qui existent aujourd’hui, sont dorénavant capables de recevoir des dépôts et de gérer des comptes. C’est le cas par exemple d’une célèbre banque de Gènes (Italie) comme la Banco di San Giorgio.
Les villes de Londres et d’Amsterdam deviennent au XVIIème siècle des places financières importantes.
À partir de la fin du XVIIIe siècle, mais surtout au XIXe siècle en pleine révolution industrielle (création de la machine à vapeur, production d’acier, de charbon et de textile en masse,…), l’essor des banques est favorisé par trois facteurs : le développement de la monnaie fiduciaire (c’est-à-dire les billets), puis de la monnaie scripturale (les chèques par exemple), ainsi que l’utilisation de titres (
actions) pour financer les
entreprises commerciales.
Cette période correspond également à la création de grandes banques telles que la Société générale et le Crédit Lyonnais en France, la Deutsche Bank en Allemagne, la Barclays Bank en Grande-Bretagne. Petit à petit, l’Etat encadre l’activité des banques et souhaite les mettre sous sa tutelle.
Au XXe siècle, l’Etat renforce son autorité sur les banques et impose des contrôles réguliers. Cela est d’autant plus nécessaire lorsque survient la crise boursière de 1929 (chute brutale et durable des cours de la Bourse ). Ainsi, aux États-Unis, le président Roosevelt sépare de manière stricte les banques d’affaires (destinées aux grandes entreprises) des banques de dépôts (pour les particuliers et les petites entreprises).

En 1945, la France nationalise (le propriétaire devient alors l’Etat) un certain nombre de banques, dont la Banque de France .
Dans la seconde moitié du XXe siècle (à partir des années 1960), les banques connaissent un nouvel essor. Les personnes sont de plus en plus nombreuses à posséder un compte bancaire. De nouveaux clients apparaissent : les femmes, les jeunes et les enfants par l’intermédiaire de leurs parents. Des nouveaux moyens de paiements naissent : la carte bancaire, par exemple. Dans le même temps, les groupes bancaires grossissent. Ces établissements travaillent dans le monde entier : Europe, Amérique, Asie, Afrique. Leurs activités se diversifient : investissement dans l’industrie et l’immobilier, présence sur les marchés financiers.
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