Allocations chômage : faut-il réduire le plafond applicable aux plus hauts revenus ?

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Suite à l’échec des négociations entre partenaires sociaux (syndicats et patronat), le gouvernement prend la main en matière d’indemnisation chômage avec un regard tout particulièrement attentif aux plus forts montants alloués.

Avant même l’échec des négociations relatives à l’assurance chômage, la piste de la réduction du montant maximum des allocations chômage ou ARE (Aide au Retour à l’Emploi) avait déjà été évoquée par la ministre du Travail Muriel Pénicaud mais aussi par le Premier ministre. 4 800 €/mois était le montant maximum évoqué, soit selon l’UNEDIC, une économie de 137 millions € par an pour un montant global d’allocation chômage de 33,5 milliards € en coûts complets.

Tour d’Europe des allocations chômage

L’UNEDIC a dressé un panorama des différentes situations existant en Europe.

Pays

Montant maximum des allocations chômage (en €)

Période d’indemnisation

Remarques

France

7 700

4 à 36 mois

Luxembourg

4 996

6 à 12 mois

Allemagne

4 807

6 à 24 mois

Montant en 2017
– Anciens länders : 4 355 €
– Nouveaux länders : 3 819 €

Pays-Bas

3 386

3 à 38 mois

Norvège

3 150

12 à 24 mois

Finlande

2 804

23 mois

Allocation chômage en 2015

Danemark

2 500

24 mois

Suède

1 885

14 mois

Allocation chômage sur les 100 premiers jours puis 1 575 € pour les jours suivants

Belgique

1 702

48 mois
(puis forfait à durée illimitée)

Italie

1 314

10, 12 ou 16 mois

Espagne

1 254

3 à 24 mois

Montant dépendant du nombre d’enfants

Portugal

1 072

5 à 18 mois

Très clairement, les allocations chômage ont une limite supérieure très élevée en France avec une durée d’indemnisation significative même si des pays comme la Belgique ou encore les Pays-Bas offrent des durées encore plus favorables.

Est-il opportun de réduire les montants les plus élevés d’allocation au retour à l’emploi ?

Deux approches s’affrontent :

Les plus hauts salaires ont cotisé proportionnellement au montant de leurs revenus. En toute logique, les règles du calcul d’indemnisation en cas de chômage devraient leur être appliquées comme pour tout autre travailleur privé d’emploi.

Mais une thèse inverse peut être soutenue :

  • Le principe de solidarité incite à davantage partager des ressources devenues rares.
  • Les exemples étrangers militent également pour une limitation de l’ARE et ce même si des comparaisons internationales supposeraient d’également comparer les cotisations sociales versées par les salariés et les employeurs pour compenser une perte d’emploi.