Éducation financière : de profondes disparités hommes/femmes
À l’occasion de la journée internationale du droit des femmes du 8 mars, une table ronde a réuni Christine Lagarde, présidente de la BCE, Yannis Stournaras, gouverneur de la Banque de Grèce, Joachim Nagel, président de la Banque fédérale d’Allemagne, et Tabea Bucher-Koenen, directrice adjointe du Mannheim Institute of Financial Education, autour de la culture financière ainsi que sur les moyens de combler l’écart existant entre les hommes et les femmes.
« L’éducation financière façonne nos choix tout au long de la vie. Or, actuellement, trop de femmes font ces choix sans disposer des connaissances et de l’expertise nécessaires », Christine Lagarde, présidente de la BCE.
Cet événement a été l’occasion de lancer le défi EuroSteps, une initiative visant à promouvoir l’éducation financière dans tous les pays de la zone euro, qui s’adresse aux femmes mais également aux hommes !
Le défi EuroSteps associe activité physique, avec le comptage des pas effectués chaque jour, et de courtes notifications financières. Les intéressé.e.s peuvent dès à présent s’inscrire en téléchargeant gratuitement l’appli. Pendant tout le mois d’avril, les joueurs recevront des notifications contenant des messages d’éducation financière et proposerant des liens vers des programmes nationaux existants et des ressources fiables.
Éducation financière : les 10 ans de la stratégie nationale
Orchestrée par la Banque de France, la stratégie nationale d’éduction financière fête cette année ses 10 ans ! La finance pour tous, partenaire de cette initiative, développe depuis 20 ans déjà des supports pédagogiques sur l’ensemble des placements financiers, mais également sur les grands thèmes de décryptage économique.
Pour rappel la semaine de l’éducation financière débute le lundi 16 mars, permettant au grand public et aux jeunes de participer à de très nombreux évènements.
Inégalités femmes/hommes : les femmes sont deux fois moins nombreuses que les hommes à investir
Une édition spéciale du Baromètre de l’épargne et de l’investissement, publié en mars 2026 par l’Autorité des marchés financiers, est consacrée aux placements financiers des femmes. Cette analyse porte sur les données recueillies en octobre 2025 par Audirep, sur la base d’un échantillon de 2 120 personnes de 18 ans et plus représentatif de la population française selon la méthode des quotas (âge, sexe, lieu de résidence, CSP).
Les femmes investissent largement mois que les hommes. En 2025, elles représentaient seulement 38 % des investisseurs en bourse, 36 % des investisseurs en financement participatif et 26 % des investisseurs en crypto-actifs.
Ce sous-investissement des femmes peut être expliqué par des niveaux de revenus et de patrimoine financier inférieurs à ceux des hommes. Elles se déclarent également moins confiantes dans l’évolution de leur situation économique et financière. Et elles refusent toute prise de risque en matière d’investissement (51 % des femmes, contre 31 % des hommes).
« Le sous-investissement des femmes est un problème majeur : je tire la sonnette d’alarme ! C’est un manque à gagner pour les femmes qui sont moins armées pour assurer leur autonomie financière et leur avenir. » Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’AMF.
Les femmes s’informent aussi moins que les hommes sur la bourse et les marchés financiers (50 % des femmes contre 73 % des hommes). Même si leur intérêt aux placements en action a progressé depuis 2022, passant de 17 % en 2022 à 25 % des femmes en 2025 (contre respectivement 32 % et 45 % des hommes).