Peut-on réellement lancer des billets d’un hélicoptère pour relancer l’économie ?

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Question

Peut-on réellement lancer des billets d’un hélicoptère pour relancer l’économie ?

Par Nassanaba

Réponse

L’expression « monnaie hélicoptère » ne doit pas être prise au sens premier du terme. Cette métaphore, due à l’économiste américain Milton Friedman, signifie la distribution de monnaie à la population, un peu comme si des billets étaient lancés par hélicoptère sur les villes.

En temps normal, la distribution de monnaie à la population conduirait mécaniquement à de l’inflation. En effet, si la quantité de monnaie en circulation croît alors que la quantité de biens et services disponible reste identique, les prix augmentent mécaniquement.

Cependant, l’économie peut parfois souffrir d’une demande et d’une inflation insuffisante. Ce problème peut être résolu par la baisse des taux d’intérêts par la banque centrale. En effet, si les taux sont plus bas, le crédit distribué augmente, ce qui conduit à une hausse de la demande et de la monnaie en circulation (la monnaie est créée lors de l’octroi de crédit).

Il peut arriver, comme c’est actuellement le cas au Japon ou en zone euro, que les taux atteignent 0 % sans que cela soit suffisant pour relancer l’économie et l’inflation. Dans ce cas, une solution possible pourrait être la « monnaie hélicoptère ».

Cette distribution de monnaie pose cependant un grand nombre de questions : quel montant de monnaie distribuer ? À qui ? Par quel canal ? Qui prendrait une telle décision ?
La mise en place de la « monnaie hélicoptère » passerait probablement par le budget de l’État. La banque centrale financerait le déficit public et l’État se chargerait d’utiliser ou distribuer la monnaie créée afin de stimuler l’économie.

La politique de l’assouplissement quantitatif (ou quantitative easing, QE) conduite par les banques centrales au Japon, aux États-Unis et en Europe peut s’apparenter à de la « monnaie hélicoptère ». En effet, les banques centrales font délibérément baisser les taux d’intérêt auxquels s’endettent les États en créant de la monnaie banque centrale, ce qui permet des dépenses publiques plus élevées que dans le cas où cette politique ne serait pas mise en place.

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