Municipales 2026 : les villes les plus (et les moins) endettées

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À l’approche des élections municipales, la question de la gestion financière des communes revient sur le devant de la scène. La dette, en particulier, fait figure de chiffre clef pour beaucoup d’électeurs. 

Faisons un petit récapitulatif de la dette des communes : à quoi sert-elle ? Constitue-t-elle un problème ? Quelles sont les communes les plus et les moins endettées de France ?

À quoi sert la dette d’une commune ?

En droit français, les collectivités locales ne peuvent emprunter que pour financer des dépenses d’investissement : construction d’écoles, rénovation de routes, aménagement de transports en commun, mise aux normes de bâtiments publics… Le recours à l’emprunt pour financer des dépenses de fonctionnement (salaires des agents, fournitures, entretien courant) est strictement interdit par la loi : c’est la fameuse « règle d’or » des collectivités. La dette communale est donc, par nature, le reflet de choix d’investissement passés ou en cours.

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Ce mécanisme repose sur une logique économique simple : les infrastructures financées par l’emprunt bénéficieront aux habitants pendant plusieurs décennies. Il est donc cohérent d’en répartir le coût dans le temps, plutôt que de le faire supporter intégralement aux contribuables de l’année de construction. En ce sens, la dette municipale n’est pas un problème en soi. C’est sa dynamique et sa soutenabilité qui peuvent, en pratique, être facteur de risque pour la commune et ses habitants. En particulier, une dette élevée, couplée à des charges d’intérêt importantes, peut induire une hausse future des impôts locaux pour la rembourser.

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Les communes les plus endettées en valeur absolue

Sans surprise, les communes les plus endettées en volume sont les grandes villes françaises. Paris arrive largement en tête, avec un encours de dette dépassant les 10,6 milliards d’euros. Marseille suit avec environ 1,3 milliard, puis Nice (545 millions), Montpellier (409 millions) et Strasbourg (378 millions). Viennent ensuite Lille, Argenteuil, Bordeaux, Nantes et Lyon, toutes situées entre 319 et 362 millions d’euros de dette.

Les communes les plus endettées

Ces chiffres bruts doivent toutefois être interprétés avec précaution. Une grande ville comme Paris concentre plus de 2,1 millions d’habitants, gère un réseau d’infrastructures colossal et assure des compétences très larges, cumulant notamment les attributions communales et départementales. Comparer sa dette à celle d’une commune de quelques milliers d’habitants n’a donc que peu de sens. C’est pourquoi il est indispensable de rapporter la dette au nombre d’habitants.

La dette par habitant : un indicateur plus révélateur

Lorsque l’on rapporte la dette au nombre d’habitants, le classement change sensiblement.

Si l’on se concentre sur les villes de plus de 10 000 habitants, Paris conserve la première place, avec une dette par habitant de 4 939 euros. Mais des communes de taille plus modeste apparaissent dans le haut du classement : Levallois-Perret (4 069 euros par habitant), Briançon (3 977 euros), Bagnolet (3 596 euros) ou encore Chartres (3 586 euros). Argenteuil et Maubeuge dépassent les 3 300 euros par habitant, tandis que Val-de-Reuil et Sanary-sur-Mer se situent autour de 3 000 euros.

Villes les plus endettées par habitant

La comparaison avec la moyenne de la strate, c’est-à-dire la moyenne des communes de taille comparable, est particulièrement éclairante. La dette par habitant de Levallois-Perret est plus de trois fois supérieure à la moyenne de sa strate (1 322 euros). Celle de Briançon est près de cinq fois supérieure à la moyenne des communes de sa catégorie (803 euros) ! 

Ces écarts significatifs peuvent refléter des choix d’investissement ambitieux, mais aussi, dans certains cas, des difficultés de gestion financière accumulées au fil des mandatures.

Des communes (quasi) sans dette

À l’autre bout du spectre, certaines communes affichent un endettement nul ou quasi nul. C’est le cas de Barentin (Seine-Maritime) et Rivière-Pilote (Martinique), dont la dette est de zéro euro, ou encore d’Issoudun (Indre), Blanquefort (Gironde) et Carquefou (Loire-Atlantique), dont la dette par habitant ne dépasse pas quelques centimes. D’autres communes comme Mons-en-Barœul, Marcq-en-Barœul, Écully ou Canteleu présentent des niveaux d’endettement symboliques, inférieurs à un euro par habitant.

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Cette situation peut refléter une gestion financière très prudente, un autofinancement important des investissements, ou encore un patrimoine communal modeste ne nécessitant pas de grands travaux. Certaines de ces communes disposent même de réserves de trésorerie confortables, leur permettant de financer leurs projets sans recourir à l’emprunt. Mais l’absence totale de dette peut aussi, paradoxalement, être le signe d’un sous-investissement : une commune qui n’emprunte jamais est peut-être une commune qui n’investit pas suffisamment dans ses infrastructures et ses services publics.

Il convient de garder à l’esprit que le niveau de dette, pris isolément, n’est qu’un indicateur très imparfait de la qualité de la gestion d’une commune. Le niveau de dette doit toujours être mis en regard des investissements réalisés, de la capacité de remboursement, de la richesse fiscale du territoire et des services rendus aux habitants. Autrement dit, il faut malheureusement faire du cas par cas.