Privation matérielle et sociale en 2025 : un niveau historiquement élevé

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Les données publiées par l’Insee en avril le confirment : en 2025, 13,1 % de la population française se trouve en situation de privation matérielle et sociale, c’est-à-dire ne pouvant se permettre, pour des raisons financières, au moins cinq éléments parmi une liste de treize jugés essentiels. Ce taux est le plus élevé depuis la création de cet indicateur, en 2013.

Qu’est ce que l’indicateur de privation matérielle et sociale ?

La privation matérielle et sociale est un indicateur statistique qui mesure la part de la population ne pouvant accéder, pour des raisons financières, à un certain nombre de biens ou de services considérés comme souhaitables, voire nécessaires, pour mener une vie décente dans nos sociétés contemporaines.

Une personne est dite « en situation de privation matérielle et sociale » dès lors qu’elle cumule au moins cinq privations parmi une liste de treize éléments. On retrouve notamment la capacité à faire face à des dépenses imprévues, la possibilité de chauffer son logement, la possibilité de s’acheter des vêtements neufs…

Personnes subissant des privations matérielles

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Un plateau préoccupant des privations matérielles et sociales depuis 2022

Le tournant a été pris en 2022. Après une accalmie paradoxale durant la crise sanitaire (portée par les transferts sociaux exceptionnels mis en place pour soutenir les ménages) le taux de privation a bondi avec le retour de l’inflation. Entre début 2021 et début 2022, il est passé de 10,5 % à 12,9 % en France métropolitaine.

Proportion de personnes en situation de privation matérielle et sociale

Depuis, malgré le ralentissement progressif de la hausse des prix, l’indicateur ne redescend pas durablement en dessous de 13 %. Un répit avait semblé se dessiner en 2024 (12,7 %), mais il s’est évaporé en 2025.

Cette résistance à la baisse s’explique par une mécanique bien connue des économistes : si l’inflation ralentit, cela signifie que les prix augmentent moins vite, mais ils ne baissent pas pour autant.

Les ménages les plus modestes n’ont pas nécessairement reconstitué leurs marges de manœuvre financières (via hausses de salaires et de prestations sociales suffisantes). La privation reste donc à un niveau élevé, même lorsque la pression inflationniste se relâche.

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Chauffage et alimentation : les nouvelles lignes de front

Parmi les évolutions les plus marquantes de ces cinq dernières années, deux postes de privation ressortent nettement. La part des personnes déclarant ne pas pouvoir chauffer suffisamment leur logement est passée de 6,7 % en 2020 à 11,4 % en 2025, soit une hausse de près de cinq points.

Dans le même temps, la proportion de personnes ne pouvant pas manger un repas protéiné tous les deux jours est passée de 7,3 % à 11,2 %. Ces deux postes, directement liés à la flambée des prix de l’énergie et de l’alimentation, ont connu les progressions les plus spectaculaires.

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À l’inverse, certaines privations reculent sur la période, notamment l’impossibilité de faire face à une dépense non prévue de 1 000 euros, passée de 30,4 % à 28,1 % (mais notamment par ce que 1000 euros ont moins de valeur qu’en 2020). La possibilité de sortir régulièrement et de faire des petites dépenses se sont, elles aussi, améliorées.