Mesurer le pouvoir d’achat

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Il existe parfois un décalage entre le niveau du pouvoir d’achat mesuré par l’Insee et celui ressenti par les Français. D’où l’importance de bien comprendre de quoi il est question, ce qui n’est pas forcément aisé.

Le terme de pouvoir d’achat est rassurant par son évidence même : chacun sait ce qu’est son pouvoir d’achat et observe son évolution. En réalité, dès qu’on cherche à mesurer une évolution de ce pouvoir d’achat, non plus pour des individus, mais pour des groupes, les choses deviennent beaucoup plus complexes.

Trois mesures différentes de l’évolution du pouvoir d’achat :

  • Une première mesure concerne la croissance de ce revenu « réel » par tête : avec cette mesure l’impact de la croissance de la population est ainsi neutralisé. Mais ce n’est pas satisfaisant : si beaucoup d’individus vivent seuls, beaucoup d’autres vivent au sein de foyers comportant plusieurs membres. Or, ces regroupements sont à l’origine d’économies dans les dépenses : il est moins coûteux de vivre à quatre dans un même logement que séparément dans quatre logements différents.
  • Une deuxième mesure calcule l’évolution du pouvoir d’achat des ménages. On ne considère donc plus des individus pris séparément mais des groupes d’individus partageant le même logement (principalement des familles).
  • Enfin, pour tenir compte de la taille des ménages et des économies auxquelles donnent lieu ces regroupements, les statisticiens utilisent la notion d’ « unité de consommation», échelle dans laquelle le nombre d’unités de consommation croit moins vite que le nombre d’individus dans le ménage. On est ainsi amené à calculer une évolution du pouvoir d’achat par unité de consommation.

Quelle que soit la définition retenue du pouvoir d’achat, on constate des évolutions semblables. Après une hausse rapide pendant les « Trente Glorieuses », c’est-à-dire jusqu’au milieu des années 1970, la hausse moyenne a fortement ralenti.  

Evolution du pouvoir d'achat

Cependant, le pouvoir d’achat ne se concentre que sur le domaine des biens et services marchands. Or, pour observer la situation réelle des Français il faut aussi s’intéresser aux services publics dont ils bénéficient. Il faut donc observer le revenu disponible brut ajusté, c’est-à-dire ajusté des services non-marchand mis à la disposition des ménages.

Par exemple, une hausse des impôts entraîne une baisse du revenu disponible brut (Revenu dont disposent les ménages pour consommer ou investir, après opérations de redistribution). Cependant, si ces impôts servent à financer des services publics (santé, éducation), on ne peut pas directement parler de baisse du pouvoir d’achat puisque les ménages percevront plus de services publics qui ne leurs seront pas directement facturés.

Pour les ménages aisés, le revenu disponible brut ajusté est très légèrement supérieur au revenu disponible brut. Pour les ménages modestes cependant, le revenu disponible brut ajusté est le double du revenu disponible brut.

    2 commentaires sur “Mesurer le pouvoir d’achat”
    1. difficile de s’y retrouver entre les differentes sources d’evolution du pouvoir d’achat en france.
      le pouvoir d’achat ignorant le logement puisqu’il ne s’agit pas d’un bien de conso, il faut plutot evoquer l’evol du niveau de vie qui lui en tient compte. en effet le prix de l’immobilier a tres largement depasse l’inflation depuis plusieurs decennie , surtout dans les grands bassins d’emplois. Aussi, les francais ont raison de ressentir une baisse de leur niveau de vie depuis 10 ans.

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