Sur le terrain, les Lions de l’Atlas rêvent de renverser les Bleus. Sur le plan économique, la France dispose cependant d’un net avantage, même si le Maroc affiche des atouts qui témoignent de son développement rapide.
France-Maroc : une hiérarchie économique marquée
Avec 69 millions d’habitants et un rang de septième économie mondiale, la France domine largement ce duel face à un Maroc de 38 millions d’habitants, positionné au 57ème rang mondial. L’écart le plus frappant concerne la richesse par habitant : le PIB par habitant français, mesuré en parité de pouvoir d’achat, atteint 61 000 dollars en 2024, soit plus de six fois les 10 000 dollars marocains. Cette différence considérable rappelle l’écart de développement qui sépare une économie avancée d’une économie émergente, même si le Maroc a connu au cours des dernières décennies une progression notable de son niveau de vie.
Le Maroc parvient toutefois à réduire l’écart sur le terrain des finances publiques. Sa dette publique s’établit à 70 % du PIB en 2024, un niveau plus contenu que les 94 % de la France. Le royaume a su maintenir une trajectoire budgétaire relativement maîtrisée, tandis que la France peine à contenir un endettement qui alimente régulièrement le débat public et pèse sur ses finances.
Un partout, mais provisoirement, car la France reprend rapidement le contrôle. L’espérance de vie à la naissance y atteint en effet 84 ans, contre 76 ans au Maroc. Cet indicateur, qui reflète à la fois la qualité du système de santé, les conditions de vie et le niveau de développement global, illustre les progrès encore à accomplir pour le Maroc, quand la France se situe parmi les pays où l’on vit le plus longtemps au monde.
⚽France 2 – Maroc 1
Comptes extérieurs et transition énergétique
Sur le terrain des échanges avec le reste du monde, la France conserve l’avantage. Sa balance courante, qui mesure le solde de l’ensemble de ses échanges de biens, de services et de revenus avec l’étranger, est très légèrement excédentaire, à 0,08 % du PIB. Celle du Maroc affiche un déficit de 1,16 % du PIB. Ce déséquilibre, courant pour une économie en développement qui importe équipements et biens intermédiaires pour soutenir sa croissance, oblige le royaume à s’appuyer sur des financements extérieurs.
C’est enfin sur le terrain de la transition énergétique que l’écart se creuse de manière spectaculaire. La part du bas-carbone dans le mix énergétique s’élève à 51,4 % en France, contre seulement 4,92 % au Maroc. Le poids historique du nucléaire dans la production électrique française explique en grande partie cette avance, là où le Maroc demeure très largement dépendant des énergies fossiles. Le royaume a néanmoins engagé d’ambitieux projets solaires et éoliens, misant sur son ensoleillement exceptionnel pour verdir progressivement son mix, un chantier de longue haleine dont les effets ne se feront pleinement sentir que dans les années à venir.
⚽Score final : France 4 – Maroc 1
Au terme de cette rencontre économique, la France s’impose nettement, confortée par sa richesse, la longévité de sa population et son avance en matière de décarbonation. Le Maroc, s’il ne trouve la faille que sur le terrain de la dette publique, n’en demeure pas moins une économie dynamique, engagée dans une transformation profonde de son modèle.
Derrière les chiffres se dessinent deux pays intimement liés, dont les trajectoires continueront de s’entremêler bien au-delà du rectangle vert.